BONES
suérison et reprennent leurs occupations antérieures ;
Dans quatre cas, l'amélioration est incontestable mais elle n’est pas complète ;
Dans cinq autres, le résultat a été médiocre, certains symptômes seulement ont été amendés.
Vingt-trois malades enfin n'auraient retiré aucun bénéfice intéressant du traitement, leur état général seul aurait été amélioré : ils ont pu se lever, ils ont eu une certaine survie, imais les troubles mentaux ont poursuivi leur évolution.
En résumé, les résultats cliniques observés par MM. Barbé et Sézary peuvent être considérés :
27, 3% comme très bons ;
9, 1% comme passables ;
11,3% comme médiocres.
52, 3% comme nuls.
Technique. — MM. Barbé et Sézary ont employé la voie intra-veineuse. Ils ont constaté après plusieurs essais que la voie hypodermique, quoique très tolérante pour le médicament, ne donnait pas des résultats aussi nets et aussi intéressants que la voie endoveineuse.
L'’injection se fait avec les précautions ordinaires, dans les veines superficielles de l’avant-bras.
La solution que MM. Barbé et Sézary emploient est une solution de stovarsol sodique stérilisée, préparée d'avance et répartie en ampoules.
Cette solution contient 50 centigrammes de pro-
duit pour quatre centimètres cubes d’eau distillée
PR 7 ESS (dilution minima). Elle est d’une limpidité parfaite et se conserve très bien. prime
Ces auteurs ont procédé par séries de 21 à 22 grammes répartis sur cinq semaines, à raison de trois injections par semaine de 1 gr. 50 chacune.
Après une suspension de un mois, ils pratiquent une nouvelle série et en recommencent ainsi plusieurs suivant les cas.
Le pourcentage des insuccès complets aurait été beaucoup moins élevé qu'avec les autres traitements et les améliorations plus accentuées.
L'amélioration se dessine d'ordinaire dès la neuvième ou dixième injection.
. On peut prévoir dès la fin de la première série dans quelle mesure le malade bénéficiera de la médication.
En général, lorsque l’amélioration a fait défaut à la fin de la première série, il est exceptionnel qu’elle se manifeste au cours des séries ultérieures.
Toutefois, nous avons observé personnellement des améliorations tardives survenant plusieurs semaines après la fin du traitement.
Mais nous admettons qu’il est possible dans ces cas-là que nous ayons eu affaire à des améliorations spontanées.
Âvantages du traitement
La méthode est commode et à la portée de tous les
praticiens.
Le médicament est bien toléré.
Action physique. — L'action bienfaisante sur
l’état général est presque constante : des malades confinés au lit peuvent se lever ; des malades cachectisés, avec des eschares, reprennent bonne mine, s’alimentent mieux; leur poids augmente, leur force musculaire s’accroît.
Action neurologique. — Quant à l'amélioration des troubles neurologiques, elle est très fréquente. On observe une diminution très nette de la dysarthrie et du tremblement.
Des malades qui ne pouvaient plus parler s’expriment presque sans accrocs ; le tremblement des lèvres diminue ; le mouvement de trombone de la langue aussi. Certains qui ne pouvaient plus écrire tracent des caractères normaux, non tremblés.
Les troubles pupillaires ne semblent pas influencés nettement.
Il est vrai que dans les conditions défectueuses où l’on est obligé ordinairement, dans un asile, de faire des examens d’yeux, il est souvent difficile d'apprécier exactement les variations que peuvent subir d’un moment à l’autre les réflexes pupillaires.
MM. Barbé et Sézary, croient avoir constaté dans quelques cas le retour du réflexe à la lumière, mais ils ne l’aflirment pas.
Personnellement nous n'avons pas l'impression que nos malades aient présenté de variations dans leurs réactions pupillaires, sauf peut-être dans un cas (Obs. 16).
Action mentale. Au point de vue mental, l’amélioration, il faut l’avouer, est loin d’être la règle. Souvent elle n’est que partielle :
Des malades inertes deviennent moins atones, Dans les cas plus favorables, on voit des malades délirants, reprendre une certaine auto-critique, s’intéresser à leur famille, demander leur sortie.
Dans certains cas, enfin, on observe une véritable résurrection intellectuelle : des malades gâteux, délirants, redeviennent susceptibles de reprendre place dans la société et ont l’apparence de sujets normaux.
Action biologique. — La réaction de Wassermann ne paraît pas influencée ou alors, d’une façon très inconstante, incomplète et non durable.
Mais la lymphocytose est en général notablement abaissée.
D'ailleurs, il convient de remarquer que l’abaissement de la leucocytose ne coïncide pas toujours avec une amélioration des symptômes mentaux et les malades, dont le liquide céphalorachidien traduit un «baissement considérable de la Iymphocytose, sont quelquefois ceux qui ont le moins bénéficié du traitement (Obs. 7).
Quant à l’hyperalbuminose, tantôt elle est abaiïssée, tantôt augmentée, tantôt stationnaire.
Il n’y a donc pas lieu, jusqu’à présent, de tirer des conclusions fermes de ces variations humorales,
Inconvénients du traitement
a) Névrite optique. — Il semble qu'il y ait, pour cette grave complication une question de prédisposition individuelle, car dans les cas signalés, les malades avaient reçu pour la plupart des doses faibles, alors que ceux qui avaient reçu les doses les plus fortes n’avaient manifesté aucun trouble visuel.
L'examen ophtalmoscopique montre, dans les cas les plus graves, une atrophie complète et totale de la pupille, avec bords nets.
S'agit-il de lésion nerveuse svphilitique, réactivée par le traitement, ou d’une lésion toxique ?
MM. Barbé et Sézary penchent plutôt pour cette dernière hypothèse.
Le pourcentage des lésions du nerf optique indiqué par ces auteurs serait de huit pour cent, mais non huit pour cent de cécité complète.
Dans plusieurs des cas qu'ils ont observés, la baisse de l’acuité visuelle a été transitoire et il n’en est resté aucune trace.
D'ailleurs ceux chez qui les lésions ont été défnitives, étaient des malades arrivés au stade ultime et voués à une mort prochaine.
Pour notre part sur les seize malades que nous avons traités, nous n'avons pas observé un seul cas de névrite optique.
b) Erythèmes. — Malgré sa faible toxicité, le storarsol peut provoquer des éruptions médicamenteuses ; MM. Taste et Montel en signalent plusieurs cas.