CHEFS
Nous en avons observé personnellement deux cas dont un à allure assez inquiétante :
Gros érythème généralisé avec œdème, phlyctènes, et atteinte sérieuse de l’état général.
L'autre, se présentant sous la forme d’une éruption de rougeole à grosses plaques confluentes.
Les deux cas se sont terminés par la guérison.
c) Réactions thermiques. — MM. Barhé et Sézary signalent que certains sujets faisaient de légères réactions thermiques après chaque injection.
Nous n'avons rien observé de semblable avec nos malades.
d) Polynévrite. — Ces auteurs signalent également un cas de polynévrite survenu à la suite d’injections sous-cutanées de stovarsol et comparable à celui observé par M. Sicard à la suite d’un traitement arsénobenzénique.
D’autres cas ont été signalés. Nous n’en avons pas observé.
e) Excitation. — Dans plusieurs cas (observations 7, 10), nous avons observé pendant le traitement une vive excitation qui remplaçait généralement un état dépressif antérieur.
En somme, l'accident le plus à craindre avec le stovarsol est la névrite optique.
La cécité est assurément une éventualité redoutable, mais l’accident nous paraît suffisamment rare pour ne pas constituer une contre-indication au traitement.
L’impaludisation n’est pas sans danger non plus, puisque Nonne lui attribue huit pour cent de décès
LS
chez des sujets affaiblis ; on n’en abandonne pas pour autant la malariathérapie.
Les risques de cécité ou de diminution de la vision ne doivent pas davantage contre-indiquer l’emploi du stovarsol chez des malades voués à une déchéance complète et à une mort prochaine.
Il convient évidemment de cesser le traitement en cours dès les premiers symptômes d’altération du nerf optique : un examen attentif de la vision du malade s'impose donc avant chaque nouvelle injection.
Quant aux érythèmes, d’après les deux cas que nous avons observés, il semble bien qu'ils surviennent chez des malades dont les émonctoires ne présentent pas une intégrité absolue ou un fonctionnement parfait. |
Nos deux malades avaient un peu d’albumine dans leurs urines avant le traitement et présentaient d’autre part un état digestif assez mauvais avec constipation, langue saburrale.
Dans l’un des cas (obs. 15) nous avons fait disparaître rapidement l’éruption médicamenteuse (tout : en continuant le traitement) avec un régime et une médication adéquats (purgatifs, diurétiques, lavements).
Malgré la faible toxicité du stovarsol, il convient donc d'analyser les uriries des malades et de surveiller de près le traitement,
Essais personnels
Nos essais ont portés sur seize malades, hommes et femmes, pour la plupart parvenus à la.période d'état de leur affection et plusieurs à la période terminale.
Sur ces seize malades, six sont morts de leur maladie (abs. 1-2-3-4-5-6). Le stovarsol a amélioré certains symptômes de plusieurs d’entre eux (obs. 5 en particulier) mais n’a pas influencé l’évolution fatale.
Trois ont pu rentrer dans leur famille et reprendre une vie quasi-normale. Nous les considérons comme étant en rémission.
Quatre ont retiré un bénéfice certain de la médication, tant au point de vue physique qu’au point de vue mental : amélioration des troubles neurologiques (dysarthrie, tremblement, en particulier) et amélioration partielle des troubles mentaux.
Trois enfin ne semblent avoir retiré aucun bénéfice mental du traitement, mais seulement un bénéfice physique.
Nous regrettons de ne pouvoir donner ici que des résultats remontant à six mois au plus et d’avoir perdu de vue quelques-uns de nos malades.
Avant d'exposer nos observations, nous tenons à dire que nous n’avons pas distingué la paralysie générale de la syphilis cérébrospinale à forme méningo-encéphalitique.
Malgré les éléments de diagnostic différentiel que Parent a bien indiqués dans sa thèse, tant au point de
AR rate
vue somatique qu'au point de vue mental, il faut bien reconnaître que la discrimination est pratiquement loin d'être aisée et que souvent l’évolution seule tranche en faveur de l’une ou de lPautre.
Nous avouons donc ne pas avoir fait la distinction.
On pourra évidemment soupçonner les améliorations et les rémissions que nous avons observées et que nous attribuons au stovarsol, d’avoir été spontanées.
Nous ne nions, certes pas, la grande difficulté qu'il v à à apprécier les effets d’une médication dans une maladie où l’on observe assez fréquemment des rémissions spontanées, et il est sans doute bien délicat, parfois, d'affirmer qu’une amélioration constatée est due au médicament. ae
Toutefois, quelques-uns des cas que nous rapportons nous semblent mettre hors de doute l'influence du stovarsol et éloigner l’idée de coïncidence.