DEL, 17. RS
. Dès la sixième injection, il y a un mieux très net dans son état mental : son euphorie a diminué ; elle dit beaucoup moins de choses absurdes ; elle ne parle plus de son riche mariage, de ses bijoux ; elle a des crises de larm:s et quand on lui demande pourquoi elle pleurc, elle répond qu’elle voudrait s’en aller.
À la neuvième injection, nous coninençcns à constater une diminution très sensible du tremblement de la langue et des lèvres et les accrocs sont beaucoup moins accentués...
L'amélioration rapide de cette malade jeune nous permettait d'espérer un résultat intéressant. Malheureusement, avant que nous ayons pu entreprendre une deuxième série, la malade fut transférée dans un autre asile d’où nous avons pu difficilement obtenir de nouvelles précises, quant à son état mental.
Mme B. I..., 47 ans.
À son entrée, le 27 octobre 1925, Ia malade est dans un état de cachexie avancée ; elle présente de larges eschares fessières, elle est tout à fait impotente, ne peut se tenir sur ses jambes, gâte au lit.
Dysarthrie marquée
Argyll-Robertson.
Inégalité pupillaire.
Abolition des réflexes rotuliens.
Wassermann et cytodiagnostice positifs.
Présente un ictus le 27 octobre 1925.
Au point de vue mental : déchéance intellecuuelle profonde avec amnésie, désorientation, indifférence. Présente également de l'agitation : cause jour et nuit, est très désordonnée. :
Du 4 mars au 8 avril 1926, nous pratiquons une première série de 21 grammes de stovarsol.
Dès la neuvième piqure, nous notons une sensible amélioration de l’état mental : la malade est moins agitée, moins désorientée, elle répond mieux aux questions.
L'état physique s’améliore également.
Les eschares guérissent ; l’état générel est bien meilleur. |
Du 11 mai au 11 juin, deuxième série de 21 grammes.
L'amélioration physique et mentale s’accentue.
Mais à la huitième injection, nous voyons apparaître un érythème généralisé qui prend une allure assez inquiétante : la malade est rouge des pieds à la tête et œdématiée. En certains endroits, la peau présente des phlyctènes.
Nous cessons le traitement. La malade avait recu 15 grammes de stovarsol, soit 36 grammes en tout. Nous lui faisons prendre des bains et la mettons à un régime de désintoxication.
Au bout de quinze jours l’œdème a à peu près disparu ; l’épiderme desquame par larges plaques.
Pendant ce temps ls malade accentue l’amélioration de ses symptômes mentaux: sa mémoire est revenue, elle parle volontiers de sa famille, de-ses enfants «qu’elle sera bien heureuse de revoir ».
Elle parle très raisonnablement ; a repris une cer-
nie) er dE LE à
taine autocritique ; nous remercie de Pavoir « guérie » Elle se lève et se sent tout à fait forte sur ses jam-
. bes, elle est devenue très propre ; elle aide les sœurs
au ménage.
Au point de vue des signes physiques, les troubles pupillaires persistent, mais la parole est beaucoup plus sûre, l’élocution rapide et presque sans accrocs. On note encore un léger tremblement de la langue.
Les réflexes rotuliens sont revenus.
L'état général est excellent. La malade a très bonne mine et se trouve elle-même parfaitement bien.
Effectivement nous avons assisté chez elle à une véritable résurrection intellectuelle et physique.
La ponction lombaire pratiquée le 25 octobre 1926 révèle une Ilymphocytose très légère.
Le Wassermann est toujours positif.
Le 17 novembre, on accorde à la malade. une sortie d'essai. Elle rentre dans sa famille.
Nous sommes actuellement sans nouvelles de la malade et la considérons en rémission.
Me B. B..., 35 ans.
Entrée le 25 janvier 1926.
À eu un enfant mort-né, macéré de huit mois, une fausse-couche de quatre mois.
Symptômes mentaux : aspect euphorique, la malade est loquace ; on retrouve au milieu d’un discours incohérent des idées de satisfaction : elle n'est pas encore riche, mais va le devenir grâce à des assu-
= He
rances merveilleuses. elle se porte très bien, elle a d’ailleurs une méthode infaillible pour engraisser de quatre kilos par semaine..….elle veut prendre le train, il faut qu'elle se dépêche. Puis elle n’y pense plus.
Grande difficulté à fixer son attention. Nous obtenons cependant de la faire écrire
Spontanément, elle nous écrit son menu «pour engraisser. ».
Son écriture est typique (chaotique, avec des mots passés, des répétitions).
Signes physiques : accrocs nombreux de Ia parole.
Inégalité pupillaire.
Réflexe photomoteur paresseux.
Réflexes rotuliens très vifs. ê
Lenteur et maladresse des mouvements.
Tremblement de la langue et des lèvres.
Wassermann et cytodiagnostic positifs dans le liquide céphalorachidien.
Quelques jours après son entrée, la malade se confine au lit, devient inerte, gâte, son état général est assez mauvais : langue saburrale, constipation, albumine dans les urines.
Nous entreprenons le 1er février 1926 une première série de stovarsol à raison de cinq grammes par semaine.
A la cinquième injeccion, nous constatons l’apparition d’un érythème généralisé.
Nous donnons à la malade des paquets de calomellactose, et de grands lavements glycérinés pendant trois jours consécutifs, tout en continuant le traitement,
L’éruption disparaît,
RC RUE
Au dixième gramme de stovarsol, c’est-à-dire 13 jours après le début du traitement, la malade présente un bien meilleur état général :
Le teint est plus clair ; la langue s’est nettoyée.
Il n’y à plus d’albumine dans ses urines.
Au point de vue mental, elle est moins apathique, elle manifeste le désir d'écrire à son mari pour avoir divers objets de toilette ; elle se lève et se tient bien sur ses jambes ; ses mouvements sont beaucoup plus sûrs, mais la dysarthrie est toujours très accentuée.
L'attention est encore difficile à fixer, néanmoins on arrive à lui faire lire correctement ce qu’on lui montre.
Les signes physiques (inégalité pupiliaire, réflexe photomoteur : vivacité des réflexes rotuliens, dysarthrie), ne sont pas encore sensiblement influencés.
Le 28 février, nous avons terminé la première série : la malade a reçu 22 grammes de stovarsol.
Elle maintient son amélioration, mais elle garde encore un profond déficit intellectuel.
D’ailléurs le traitement est trop récent pour que nous puissions tirer des conclusions de cette observation en cours.
OBSERVATION 16 Il s’agit ici d’un malade de l'hôpital, âgé de 28 ans, ajusteur-mécanicien à la Cie P.-L.-M.
Son observation nous semble particulièrement intéressante parce que nous assistons chez lui à la genèse de sa maladie :