‹ Contribution À L'Étude Du Traitement De La Péritonite Tuberculeuse Par Les Rayons Ultra-VioletsChapitre 10 sur 45 · RES · texte numérisé non relu

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ion, car d'une part ce rayonnement est sujel à des variations perpétluelles, d'autre part un même brûleur ne reste jamais identique à lui-même. On à alors proposé divers procédés indirects pour mesurer le rayonnement. Mais il ne semble pas que ni lactinomètre à sélénium, ni les photomètlres qui, comme celui de Saidmann, dérivent plus ou moins de la méthode par oxydation photochimique de Béring et Mever, ni même l'électroscope à feuille d’or utilisé récemment par Duhem et Quivy soient, actuellement du moins, d’applicalion vraiment pratique. %

Des recherches actuellement en cours semblent d’ailleurs montrer que ce n’est pas la méthode chimique mais bien la méthode physique qui apportera la solution du problème de la mesure exacte de l'énergie des LRO V.

L'appréciation de l'intensité d'irradiation a donc dû être faite en fonction de la distance et de la durée d'exposition et naturellement ces chiffres n'ont qu'une valeur relative, puisqu’en particulier il a été difficile de leur appliquer un coefficient pourtant nécessaire qui traduise le vieillissement du brûleur.

Dans les observations, on s’est contenté d'indiquer par lampe faible emploi d’un brûleur dont la capacité de ravonnement avait diminué au point que pour obtenir l'effet d'un brûleur neuf, on dût olacer le sujet à 0,25 cms. au lieu de 0,50. Au vrai, d'ailleurs, cetle question du dosage a un intérêt beaucoup plus théorique que pratique. Les réactions individuelles aux ultraviolets sont en effet tellement différentes suivant les

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sujets, qu'on ne saurait prétendre indiquer des valeurs absolues à appliquer dans la majorité des cas. Il convient bien plutôt de praliquer par lâtonnement, cn commençant par des doses minimes, de suivre la sensibilité du sujet et de régler le traitement suivant chaque cas envisagé. C’est ce qui a été fait dans le service de M. le Docteur Ménard. r

En ce qui concerne la distance. on a commencé en général par 0,80 cm. en rapprochant, à chaque séance, le sujet de 5 cm. pour aboutir à 0,50, distance définitive moyenne pour une lampe normale, 0,30 et même 0,75 pour un brûleur vieilli. De cette façon, on atteint habituellement en 12 à 15 séances, la distance à laquelle on maintiendra le sujet pendant toute la durée du traitement. Il est pourtant des cas où cette distance ne peut être maintenue quoiqu'elle ait paru bien tolérée pendant un certain nombre de séances. C’est ce qui s'est passé par exemple pour le malade VIT chez lequel, après 8 séances à 0,30 bien tolérées, on vit apparaître après une séance avec éloignement semblable, un érvthème intense avec formation de phlyctènes au niveau de la région thoracique antérieure. On dut revenir à 0,50 et se maintenir à cette distance pendant toute la durée du traitement. Quoiqu'il en soit, nous insistons encore sur ce fait qu'on a toujours cherché à atteindre la distance la plus courte possible.

Cette distance varie suivant les auteurs : Strahlmann indique 0,50. S. Maver, Finkelstein et Rohr : 0,75. Tixier et M Feldzer : 0,60. Hugo Bach : 0,50. Duhem conseille de ne pas dépasser 0,40. En effet, l'action

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augmenteralt non comme on l'admet théoriquement €n raison inverse du carré de la distance, mais bien du quinluple, par suite de la déperdilion des rayons dans Patmosphère.

La durée d'exposition à élé également très courte. En effet, contrairement aux durées habituelles d'exposition allant jusqu'à une heure, on s'est contenté pour la face antérieure d'irradier de 1° à 10°, exceptionnellement 15°, en augmentant d'une minute par séance; pour la face postérieure, les durées movennes élaient de 5, quelquelois 7° et même 10’. C’est que le souci constant du Docteur Ménard était de ne pas provoquer d’érvthème et par suite de pigmentation, ni de pigmentation el par conséquent d'érythème, puisque l’un ne va pas sans l’autre. Or, nombre d'auteurs recherchent précisément l’un et l’autre. .

L'éryvthème, de même que l'hyperémie locale provoquée par Ja lampe de chauffage, amènerail une vasodilation locale très favorable à l’absorplion des R. U. V. Il se produirait de même une action sur les Ivmphatiques abdominaux qui apparaissent alors dilatés simulant une Ivmphangite réticulaire. Cette réaction est d’un bon augure car elle traduit la force de résistance et par suite la vitalité du sujet, mais également la stimulation qu'elle provoque sur le système nerveux aurait un grand intérêt thérapeutique. Aussi Hamburger el Mever insistent-ils sur la nécessité de produire ‘un érvithème avec forte réaction de la paroi abdominale dans le traitement des péritonites ascitiques, el Dufestel croit voir, dans le fait que Saidmann a'évité, l'érvthème,

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une des raisons pour lesquelles cet auteur n'a pas obtenu de très bons résullats dans le traitement de cette forme de péritonite bacillaire. Cordier, S. Mayer, Finkelstein et Rohr qui ont obtenu de bons résultats dans le traitement de cette affection, ne parlent pas de la nécessité d'obtenir un érvthème. En toul cas, en admeltant que la réaction provoquée par la vaso-dilatation locale puisse jouer un rôle favorable dans l’évolution de la maladie, il n’a pas semblé au Docteur Ménard qu'il fut particulièrement indiqué de la rechercher svstémaliquement, surtout quand il s'agissait de trailer des tuberculeux. Comme nous le verrons, même sans érvthème, le traitement par les R. U. V. amène souvent une réaction générale assez forte. Il n’est point besoin. il est même dangereux de chercher à en provoquer une par des phénomènes d’inflammation locale générateurs - de fièvre.

Cette même raison vaut également pour justifier l’allitude négative observée à l'égard de la pigmentalion, puisque toute pigmentation nécessite un érythème préalable. Sans entrer dans le détail de cette question si controversée, nous rappellerons qu'ici, deux {hénrine s'opposent.

Tandis que Rollier, V. Schrollter. Hagemann, Bach, lestiment d’un favorable pronostie, et que Rollier considère le pigment comme Jouant le rôle d’un filtre de protection qui, transformant au passage à travers les téguments, les ravons de faible longueur d'onde en ravons de longueur d'onde plus grande, leur permet ainsi de pénétrer profondément dans les tissus.

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d'autres auteurs, comme Haberling, Czerny, Reyn, Ernst, considèrent cette réaction de l'épiderme comme désavantageuse, car elle empêche de continuer le traitement ou du moins nécessite des séances considérablement plus longues. Duhem, de même, ne lient pas compte dé la pigmentation et ne la recherche pas. Les

lravaux modernes tendent de plus en plus à mettre la

pigmentalion sous la dépendance de facteurs endocriniens el sympathiques (Sezarv). S'il parait donc ralionnel de les considérer comme traduisant la réaction de ces systèmes à l'excitation ou à la maladie, 11 semble cependant difficile de lui attribuer un rôle actif important. En tout cas, le seul fait que la pigmentalion oblige à prolonger les séances eût suffi pour empêcher qu'on

la recherchât.

La fréquence des séances a été en moyenne de trois par semaine. En fin dé traitement, en particulier dans les traitements très longs, après la 50° séance, on l'a souvent réduile à 2 séances par semaine et même à une lorsque chez des sujets localement guéris, il ne s’agissait plus que de maintenir l’action favorable générale.

On conçoit que suivant le degré de l'affection et ia réaction individuelle des malades, le nombre des séances et la durée totale du traitement aient été très variables. Les traitements movens ont. varié de trois à <inq mois, les traitements extrêmes un an et plus. Mais, dans ces traitements très prolongés, il faut tenir compte des interruptions causées par les vacances, les nécessités de la profession, etc... Très fréquemment, en effet, les

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malades sortaient de l'hôpital et continuaient à suivre le traitement de l'extérieur. +

Certains auteurs recommandent de mettre le malade au repos après deux mois de traitement. Nous Favons fait quand les résultats étaient favorables el qu'on pouvail impunément suspendre les irradiations pendant quinze jours. Dans les autres cas, le traitement a été “continué el nous citerons le malade VIT qui à subi 108 séances sans interruption.

Bien entendu le traitement par les R. U. V. a toujours été accompagné de la thérapeutique médicamenteuse larsenic, phosphate de chaux) et diététique habituelles.

Nous indiquerons, pour terminer ce chapitre, la technique qui a été suivie dans le cas de la malade XVIII irradiée au cours d’une laparatomie : l'irradiation a duré 8 minutes. Ce chiffre peut paraître énorme à cêté des premières: doses de 1 ou 2?’ employées généralement dans l'irradiation des téguments, mais il faut se rappeler que les muqueuses sont bien moins sensibles à la lumière que le revêtement cutané et qu’en particulier le péritoine et surtout le péritoine malade doit être défendu par son humidité contre les ravons ultra-violets.

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