OBSERVATION II
B..., Yvonne, 19 ans. (Salle Delpeuch, n° 35.)
Il y à un an et demi, à la suite d’un accouchement, la malade éprouva des douleurs abdominales qui allant en s’accentuant devinrent bientôt continuelles. Em même temps, son ventre augmentait de volume. Une laparotomie, pratiquée à Lariboisière le 22-4-23, amena une amélioration qui se maintint un mois. En effet, à la fin de mai 1923, elle devait entrer à Saint-Antoine pour pleurésie avec épanchement. Elle aurait subi à cette époque un traitement par les rayons infra-rouges qui auraient amené une diminution du volume de son abdomen, En septembre et octobre 1923, elle aurait également été traitée par l’héliothérapie naturelle qui a beaucoup diminué ses douleurs. Mais celles-ci reparaissent dès l’arrêt du traitement.
Actuellement, 17-1-24, on se trouve en présence d’une malade dans un état général pitoyable ,avec température oscillant entre 37°5 et 38°5, dont l’état d’émaciation générale contraste avec l’augmentation de volume de l’abdomen. L'examen met en évidence l’existence d’une ascite de quantité moyenne donnant la sensation de flot,
Il existe des douleurs spontanées sans localisation précise et la palpation est douloureuse dans tout l’abdomen. On trouve en outre de la submatité au niveau des deux bases avec des frottements à la base droite.
Ce cas désespéré est soumis au traitement par les rayons ultra-violets, à partir du 17-1-24, à raison de trois séances par semaine.
Distance : de 0,80 à 0,25 atteints. progressivement au bout de 12 séances.
Temps d’exposition : face antérieure : de 1” à 10° en progressant de 1” par séance; face postérieure : de 1” à 5’.
Nombre de séances : 17,
Durée totale du traitement : 17-1-24 — 4-3-24 6 semaines.
Evolution et résultats :
Il n’y a pas eu d’action ni sur la température, ni sur le poids, ce dernier continuant à descendre puisque la malade, pourtant très amaigrie (36 kil. à l’entrée), a perdu encore 3 kilos au cours du traitement. Pas d’action sur l’anorexie.
Le pourtour abdominal a diminué de 4 cm., mais ce résultat paraît dû plutôt à l’émaciation qu’à la résorption du liquide.
La persistance des douleurs et des troubles intestinaux ainsi que l’état général précaire ont fait suspendre le traitement. La mort est survenue le 17-3-24.