‹ Contribution à l'Étude du Traitement de la Pulpe Dentaire ExposéeChapitre 16 sur 25 · DO · texte numérisé non relu

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normal, et la santé de l'animal n’en souffrira pas. [acide arsénieux est donc un irritant vital et comme tel affecte la circulation. Il serait de plus prouvé que, jusqu’au moment où il cause la mortalité moléculaire, il peut être comparé à des irritants tels que les cantharides et la moutarde. De plus, les grenouilles empoisonnées avec une certaine quantité d’acide arsénieux ne subissent pas la moindre putréfaction quoiqu’elles aient été placées dans une chambre chaude. Ceci démontre bien l’action antiputride de ce corps. »

La pulpe dentaire, en présence de l’acide arsénieux doit éprouver la même action que les autres tissus vivants. Elle ne subit aucune décomposition et la plupart de ses çaractères histologiques sont conservés.

L’acide arsénieux amène dans les petits vaisseaux de la pulpe un afflux sanguin qui les dilate et provoque de la congestion. Cette période est caractérisée par une douleur sourde, lancinante et souvent accompagnée de battements très douloureux. Puis survient l’inflammation qui, d’après Gubler, « s’oppose à l'échange de matériaux qui constitue Ja nutrition », et d’où résulte une poussée ulcérative qui sépare les tissus vivants d’avec les parties mortifiées. La douleur qui accompagne cette mortification est en général assez vive, mais dépend de l’état antérieur de la pulpe sur laquelle on applique le pansement arsenical. Si la pulpe a été largement mise à découvert par la carie, la réaction inflammatoire peut se produire librement et les douleurs sont nulles ou du moins très faibles ; mais chez les sujets où l’exposition est limitée à une de ses cornes, inflammation est considérable, l’acide arsénieux vient encore l’augmenter et la pulpe dentaire à l’étroit dans ses

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6 parois ne peut que faire hernie dans l’endroit où elle est exposée et donne lieu à des douleurs très vives qui peuvent durer de six à douze heures et même davantage,

Nous devons nous expliquer sur un mode d’action spécial de l’acide arsénieux dans la production de la périostite (périodontite, arthrite alvéolo dentaire) et qui a faitrejeter ce médicament par beaucoup de praticiens.

Quelquefois après l'application d’un pansement arsenical, la dent traitée peut devenir sensible au chocet à la

pression. C’est là l'indice d’une inflammation périostale.

Voici l’explication qu’en donne M. le D' Cruet 1 : «L’arsenic appliqué sur la pulpe a pour premier effet de congestionner ses vaisseaux, puis bientôt d'arrêter complètement la circulation ; nous savons, d’ailleurs, que les vaisseaux du périoste viennent en grande partie des vaisseaux de la pulpe, au moment où ceux-ci pénètrent dans le canal dentaire. La circulation cessant brusquement dans ces derniers, la circulation collatérale se fait d’une façon bien plus active dans les premiers ; d’où congestion, pour ainsi dire, inévitable, et d’autant plus, d’ailleurs, que l’action du caustique aura été plus rapide et que la circulation

- des vaisseaux de la pulpe aura été entravée dans une plus grande étendue. »

Pour M. Cruet, la production de la périostite serait donc due à la congestion du périoste, congestion qui suit immédiatement celle de la pulpe dentaire.

M. le D' Combe rejette la théorie de M. le D' Cruet?,

« L’explication toute naturelle de cette périostite se

1 Cruet, loc. cit, p. 48, ? Combe, loc. cit., p. 49,

io) Er

trouve dans l’irritation produite par l’arsenic entraîné à la suite du pansement. Il est d’ailleurs d'observation que les périostites des dents inférieures sont beaucoup plus fréquentes que celles des dents supérieures. »

Nous n’acceptons ni l’une ni l’autre de ces deux manières de voir. |

La légère périostitequi suit l’application d’un pansement arsenical est due à l’action du médicament qui mortifie peu à peu l’organe pulpaire, et en arrivant à l’apex de la racine, détermine une inflammation éliminatrice qui tend à séparer le tissu vivant d’avec les parties mortifiées.

La pulpe ne doit pas être extirpée à ce moment-là, car le traumatisme ne peut qu'aggraver la réaction inflammatoire qui se produit et augmenter la périostite. On doit attendre que la mortification de l’organe soit complète, et la légère sensibilité du périoste cède, en ne à l’application des révulsifs sur la gencive.

Quelquefois, la mortification est suivie du ratatinement de la pulpe ; mais c’est l’exception. En général, après que l'escarre est formée, il y a désorganisation, liquéfaction des tissus et dégagement de gaz.

Mode d'emploi de l'acide arsénieux. — On s’en est servi à l’état pur ou associé à des liquides ou à des sels.

MM. Magitot, Tomes et Combe sont partisans de la première méthode, c’est-à-dire emploient l’acide arsénieux à sec, sous l’état opaque ou porcelainé et réduit en poudre très fine par la porphyrisation. Mais la seconde méthode qui consiste à mélanger le caustique avec divers agents, dans le but d’atténuer la douleur, possède aussi de grands avantages.

Quelques praticiens unissent l'acide arsénieux à la créo -

Mer 2, LR AA RE FÉVR

Es sote, l'acide phénique et aux différents sels de morphine. Mais on a démontré que ces corps amènent la formation d’une escarre dure et sèche qui contrarie l’action de l'acide arsénieux.

La formule la plus employée était la suivante :

Acide arsénieux . . . Igrain — 0 gr. 06 Acétate de morphine . X grains — 0 gr. 60 Gréosote . , ,. . , V gouttes.

Voici une autre formule :

Chlorhydrate de morphine .. , . O0 gr. 50

AIO ATSCHIENL Eee 2. ee 0e ALP,

Acide phénique . . q.s. pour faire une pâte.

(Harris).

Ou bien.

Acide arsénieux porphyrisé

Chlorhydrate de morphine. |

Mucilage de gomme adragante. q.s. pour faire une pâte (Viau).

4 2 gr.

Pour M. Andrieux « le sulfate et le chlorhydrate de morphine ne feraient qu’atténuer mécaniquement l’action caustique, comme le ferait un corps inerte, le charbon par exemple ».

Cet auteur a expérimenté l’action du sulfate et du chlorhydrate de morphine appliqués seuls sur une pulpe et a pu constater que bien loin d'amener la sédation des douleurs pulpaires, ces corps les exaspéraient.

C’est aussi lopinion de M. Magitot : « Dans nos observations, l’effet douloureux de l’acide arsénieux était toujours le même avec ou sans addition de morphine. »

PET Cou Si la douleur est diminuée, c’est aux dépens de la cautérisation qui est retardée.

M. le professeur Miller, de Berlin, mélange l’acide arsénieux avec l’essence de girofle et le thymol qui est antiseptique.

Acide arsénieux .

FhyMobr Le,

Essence de girofle . . q.s. pour faire une pâte. (Miller).

âà parties égales

Il dit aussi qu’on ferait bien d’ajouter de la glycérine à la préparation, parce que le thymol, se séparant en partie sous forme cristalline, oblige à triturer souvent la pâte.

M. Dubois a employé certains constricteurs vasculaires pour calmer les douleurs produites par la dilatation inflammatoire des petits vaisseaux. Après avoir essayé l’atropine qui réussissait très bien, il l’a abandonnée à cause de ses dangers, pour la remplacer par l’alcaloïde de la fève de Calabar, l’éserine, dont la toxicité est moins grande.

M. Dubois { remplace de même l’acide arsénieux par l’acide arsénique. La solubilité de ce dernier corps le ferait pénétrer d’une manière plus intime dans la profondeur du tissu et aiderait à une désorganisation plus rapide et plus complète de la pulpe dentaire.

Voici la formule que cet auteur donne :

Acide .arsénique 4:45 01 0 0/eri5 ÉSÉTINS MATE Te RO pre Chlorhydrate de cocaïne. . . . O0 gr. 2 Chlorofofmens sir ir q. S. pour faire une pâte.

! Dubois, Aide-mémoire du chirurgien dentiste, 11 partie, Paris, 1889, p. 115.

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Nous avons retrouvé cependant du même auteur une formule dans laquelle l’acide arsénique est remplacé par

l’acide arsénieux ; la voici :

Acide arsénieux , Eserine . .

Chlorhydrate de cocaïne.

Oxyde de zinc .:, .

Gycérine >.

Chloroforme .

0 gr, 3 Ô gr. 1 0 gr. 1 L'or.

0 gr. 5

q. s. pour faire une pâte.

On a mélangé encore l’acide arsénieux à différents

corps. - | Voici quelques formules :

Poudre de charb, de bois de peupl.

Acide arsénieux

Chlorhydrate de morphine ,

10 gr.

3 gr.

0 gr. 50

Cette poudre doit être préparée au moment de s’en ser-

vir et réduite en pâte au moyen de :

Créosote.

Essence de girofle

Ou bien :

Acide arsénieux . .

Chlorhydrate de cocaïne.

Menthols pen oser;

Ou bien :

Acide arsénieux porphyrisé Acide phénique cristallisé .

Chlorhydrate de cocaïne

! Odontologie, octobre 1893,

âà parties égales.

(Kuhn).

1 gr. 20 1 gr. 20 0 gr. 30 (Kirken).

âà parties égales.

(Fanton).

Enfin, M. le D’ Harlan ‘applique sur la pulpe pe:dant quarante-huit heures une mixture composée d’arsenic, d’iodoforme et de cocaïne. Puis il nettoie la cavité avec du fer dyalisé qui corrige l’influence de l’arsenic en formant un composé insoluble. Get auteur laisse pendant huit jours dans la chambre pulpaire une solution alcoolique de tanin. Au bout de ce temps, la puipe est prête à être extirpée. |

Nous avons essayé plusieurs de ces procédés ; mais c’est ° à la composition d’arséniure de cobalt et de cocaïne que nous donnons la préférence.

Application du pansement arsenical. — La dentine ramollie et les débris alimentaires qui recouvrent la pulpe doivent être enlevés soigneusement. Lacavité est alors détergée, séchée, et le point d’exposition de la pulpe doit être parfaitement découvert. :

Quelle que soit la forme du pansement, on ne ait pas dépasser la dose de 2 milligrammes d’acide arsénieux.

La méthode proposée par Magitotou méthode dite du bouchon est une des meilleures ?. Elle consiste à renverser la bouteille contenant l’acide arsénieux, de cette facon, il reste sur le bouchon quelques petites parcelles de caus- k tique qui sont prises par le coton imbibé préalablement :

d'acide phénique.

= M. Andrieux préfère la ne à acide phénique sous prétexte que ce dernier agent coagule l’albumine à la surface de la pulpe et empêche l’action de l’escarotique. Coleman, une fois la pulpe bien exposée, applique douce-

1 Journal of British Dental Association, 1892, * Traité de la carie des dents, Magitot, 1872, p. 196.

erpTiE ment sur elle un petit disque de carte imbibé d’acide phénique et chargé à sa face pulpaire de 3 à 4 milligrammes d’acide arsénieux pur. Il obture ensuite avec soin la cavité avec un peu de cire ramollie à la chaleur.

Un point sur lequel on doit porter toute son attention est d'éviter la compression. Le pansement arsenical ne doit pas être forcé dans la cavité ; il vaut mieux faire plusieurs boulettes de coton chargées d'acide arsénieux que l’on met autour du point exposé et recouvrir le tout d’un dernier coton formant pont ou couvercle. On peut de même appliquer par-dessus l’acide arsénieux une petite coiffe métallique, concave, résistante et capable de s’opposer à toute pression sur la face pulpaire.

Enfin le pansement arsenical est recouvert d’un coton chargé d’une teinture résineuse quelconque (teinture de sandaraque, de benjoin, etc.) ou, ce qui est mieux encore, la cavité sera fermée d’une façon parfaite par une obturation à la gutta-percha.

Durée du pansement arsenical. — L'âge du sujet, le volume de la pulpe, l’étendue de la partie dénudée et surtout l’état antérieur de la pulpe ont un effet marqué sur là rapidité d'absorption de la pâte arsenicale.

- L'action de l’arsenic est absolument individuelle, Chez quelques personnes, l’effet est complet au bout de huit heures; chez d’autres il faut des jours et des semaines. D’une manière générale, vingt-quatre heures sont suffisantes ; mais c’est loin d’être là une règle absolue, et il vaut mieux procéder à l’extirpation de la pulpe lorsqu'elle est bien cautérisée que lorsqu'elle est hyperesthésiée.

On juge de la durée du pansement arsenical d’après la texture des dents. Dans les dents uni-radiculaires à texture

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