OBSERVATION II
Ingestion dans l'estomac, d'un pansement arsenical. PhénomèÊnes graves d'empoisonnement. Guérison. — (Communiquée à M. le D' Magitot par le D' Château.)
Je donnais des soins à un jeune abbé qui faisait une station à la Bourboule, Il était en traitement depuis cinq ou six jours et prenait chaque jour un bain et un verre et demi d’eau minérale de la Bourboule en trois fois. Il absorbait done environ 6 milligrammes d’arséniate de soude par jour. La tolérance s'était parfaitement établie chez lui et le traitement se faisait sans encombre ni dégoût. C'était la seconde année qu’il venait à la Bourboule et l’année précédente la tolérance avait été parfaite chez lui.
Or, le cinquième ou le sixième jour de sa seconde saison, il fut pris d’une crise de dents épouvantable. |
La maitresse de l'hôtel où il logeait ct qui croyait avoir quelques connaissances sur l’art dentaire (son fils était apprenti mécanicien chez un dentiste) lui fit un pansement avec une poudre blanche qui probablement était de l’acide arsénieux, quoiqu’elle ne voulût pas l'avouer.
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Au milieu de la nuit, l'abbé fut pris de coliques formidables, avec crampes d'estomac, défaillances, évacuations alvines liquides verdâtres considérables et vomissements de même nature,
Le malade était vivement effrayé; les premiers soins lui furent donnés par un confrère qui habitait le même hôtel que lui, et vers 4 heures du matin, sur la demande du confrère, on crut devoir m'envoyer chercher.
J'instituai un traitement ad hoc. D'abord un vomitif, puis du protoxyde de fer, et l’abstention du traitement arsenical pendant quelques jours.
Le malade guérit de cette intoxication, et quatre jours après, je repris le traitement par les eaux de la Bourboule.
Nos eaux arsenicales n’amenèrent aucune crise naturelle d’intoxication, ce qui prouve bien que ces accidents étaient dus seulement au pansement de la dent par la poudre employée.
L'année suivante, le malade revint à la Bourboule faire une troisième cure, et comme la première année il n’eut aucun acecident d'intoxication.
L’acide arséuieux, manié avec prudence, reste donc l’agent par excellence pour détruire la vitalité de la pulpe.