CHAPITRE V
Traitement subséquent à l’extirpation de la pulpe.
La cautérisation de. la pulpe achevée, la chambre pulpaire doit être ouverte au moyen du tour dentaire, et la pulpe extirpée d’une manière aussi complète que possible en se servant des tire-nerfs dont nous avons parlé plus haut. Re k
La cavité de la chambre et‘des canaux radiculaires étant destinée à être obturée d’une façon permanente, on doit préalablement leur faire subir un traitement qui empêchera tout produit septique de passer à travers le foramen, et d’aller ainsi léser le périoste alvéolo-dentaire.
Ce traitement sera bien différent suivant la manière dont aura agi le caustique et suivant l’état dans lequel se trouvait l’organe pulpaire avant sa cautérisation et son extirpation.
1° La pulpe a été complètement escarifiée et extraite
DT TE) En VEN, FA
Re 07 Me PINS PS | ï N Seb dr,
LES GUESS en totalité sans douleur. — La mortification de la pulpe s’est arrêtée à l’apex et il ne reste plus aucun débris ni dans la chambre pulpaire ni dans les canaux radiculaires. Il faut toujours attendre que l’inflammation réactive qui suitlextirpation de l'organe pulpaire ait disparu ; et l’on doit éviter qu'aucune substance septique ne s’introduise dans les canaux radiculaires; car le périoste pourrait en pâtir. Les racines doivent donc êtrexobturées d’une manière provisoire avec des substances appropriées ; celle dont on s’est servi le plus souvent est la créosote qui non seule-
. ment est antiseptique, mais qui cautérise encore les débris
pulpaires qui auraient pu échapper à l’action de l’acide arsénieux. Mais la créosote coagule la lymphe qui arrive par le foramen, et cette lymphe en se durcissant forme une sorte de bouchon qui obstrue l’extrémité de la racine, Ce bouchon est destiné à se résorber et cela ne s’accomplit pas sans qu'il y ait un peu d’inflammation; c’est pourquoi il vaut mieux remplacer la créosote par une autre substance. |
L’iodoforme qui lui a été préféré est porté dans les canaux au moyen de mèches imbibées d'alcool ou de glycérine. On s’est servi aussi du sublimé à 2 pour 500 de l’acide phénique à 8 0/0, de l’eucalyptol, de l’essence de cannelle, de l’eugénol, etc. Lorsqu'on soupçonne qu’il reste quelques débris pulpaires; on peut employer l’iodoforme mélangé à la créosote’ou de préférence au gaïacol qui achève la cautérisation des derniers vertiges de la pulpe.
Pour faire ces pansements, on se mettra à l’abri de l'humidité, c’est-à dire qu’on appliquera la digue toutes les fois qu’il sera possible de le faire. On sèchera d’une
manière parfaite la cavité avec du coton ou du papier japonais. Des mèches de coton sec enroulées autour de Donaldson ou de petits équarissoirs d’horlogers seront passées dans les canaux ; puis les cotons seront trempés dans l’alcool absolu. Un peu d’air chaud injecté dans la chambre pulpaire au moyen de la poire à air fera évaporer l’alcoolet assurera la dessiccation complète des parties destinées à être obturées. Des pansements à l’iodoforme seront laissés en place pendant trois ou quatre jours et la cavité sera fermée au moyen de la gutta-percha pour la mettre à l’abri de l'humidité. Quand le malade revient, la digue mise, on enlève la gutta-percha et les cotons. Si ces derniers ne présentent pas d’odeur, on peut procéder à l’obturation immédiate ; mais pour plus de sûreté on doit laisser encore pendant quelques jours des cotons stérilisés secs qui doivent être sortis absolument sans odeur.
2 La cautérisation de la pulpe n’a pas été complète. — Si la partie profonde de la pulpe n’a pas été détruite, il se produit souvent au moment d: l’extirpation une légère hémorragie. On peut l'arrêter avec de l’eau tiède phéniquée. Si ce moyen ne réussit pas, on peut meitre dans les canaux des petits cotons imbibés d’une solution de perchlorure de fer. On les laisse en place dix minutes et en général l’hémorragie s’arrête. Lorsque les parties pulpaires qui restent dans les canaux sont très sensibles, il faut refaire un pansement d’acide arsénieux, ou avoir recours à la créosote ou au gaïacol. Si on a affaire à des dents récemment sorties et dont on croit le foramen trop largement ouvert, on doit préférer à l’arsenic la créosote, le gaïacol ou l’acide phénique à 95 pour 100, de peur de voir survenir des lésions du périoste. Après une ou deux
applications de ces médicaments, il y aura cicatrisation complète des débris pulpaires qu’on pourra retirer au moyen des tire-nerfs de Donaldson, munis d’un crochet à leur extrémité, ou bien au moyen des instruments d'Harrington. On doit éviter surtout de provoquer de la périostite traumatique et on aura recours aux mêmes pansements que dans le premier cas.
Si les racines sont tortueuses, il est très difficile de retirer les débris pulpaires ; on peut alors avoir recours à l'élargissement des canaux, mais c'est une opération difficile et très dangereuse, et plutôt que d'aller faire une fausse route et d’aller léser le périoste, il vaut mieux laisser ces débris se résorber, ce qui s’accomplit en général sans inconvénient.
3° L’extirpation de la pulpe n’a pas eu besoin d’être précédée de la cautérisation, car l'organe pulpaire est déjà mort, désorganisé ou même quelquefois en complète dégénérescence. — Dans la plupart des cas, les symptômes d'infection se reconnaissént aisément et les complications provenant de cet état peuvent être de différente nature.
Le traitement des dents à pulpe morte doit être surtout antiseptique pour lutter contre les micro-organismes de la bouche. IL est bien évident qu’on n’arrivera à un résultat certain que si l’on joint à l’emploi des antiseptiques un mode opératoire très habile.
Quelques auteurs ont cru pouvoir désinfecter les canaux radiculaires en pratiquant un traitement antiseptique à l'entrée de la chambre pulpaire, mais les insuccès leur ont bien vite fait abandonner cette manière de procéder,