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— L'arrêt de la médication dans le cas où celle-ci deviendrait nuisible sera facilement obtenu par la Suspension des injections qui ne laissent pas comme les insolubles un gros dépôt de médicament très long à s’éliminer. C’est ainsi qu’une stomatite survenue au cours d’un traitement par les sels solubles guérit plus rapidement en cessant le traitement que celle qui fait son apparition au cours d'une série d’injections de sels insolubles.
— Les sels solubles absorbés par la voie intramusculaire ne risquent pas de donner, par suite d’une erreur de technique opératoire, des embolies qui peuvent être fort graves ou des dermites livédoïdes par suite d'introduction du composé huileux bismuthique dans une artère.
— Les sels solubles paraissent doués d’une activité plus grande et plus rapide que les sels insolubles ainsi que l'avaient constaté Jeanselme, Pomaret et Chevalier au début avec le tartrobismuthate soluble et le Dr Milian avec le B. S. M.
— Enfin les sels solubles présentent le très grand avantage d’être d’un emploi plus facile et plus agréable que les sels insolubles.
Par contre, avec les sels solubles, les injections sont souvent beaucoup plus douloureuses.
On peut leur reprocher leur élimination trop rapide, aussi il est nécessaire de ne pas espacer les piqûres de plus de cinq jours afin de maintenir constamment l'organisme dans un état constant de
bismuthisation.
Nous avons comparé les résultats obtenus en thérapeutique avec le B. S. M. et l’Hexabi.
Le B.S. M. à déjà été étudié par Spinetta et Tolila dans leurs thèses en 1923 et 1926.
Le Df Milian l’a employé couramment dans sonservice où des centaines d’injections ont été pratiquées, il a publié les résultats qu'il avait obtenus, aussi nous rappellerons brièvement ses caractéristiques.
Le B. S. M. est le sel disodique de l'acide bismuthyltritartrique.
CO?Na Bi = (OCH — CHOH — CO?Na)}
Il renferme 26 % de bismuth, il est utilisé en solution aqueuse à 10 %. Il est présenté en ampoules de 3 centimètres cubes contenant 30 centigrammes de sel.
En solution aqueuse, il ne précipite pas par les bases telles que la soude, la potasse, l’ammoniaque, le carbonate de soude, le carbonate d’ammoniaque.
Les acides minéraux concentrés décomposent le B.S. M.
Le sulfure d’ammonium donne un précipité noir de sulfure de bismuth.
Le phosphate disodique ne donne rien à froid, mais chauffé au bain-marie, on obtient un précipité blanc.
Le chlorure de sodium, le chlorure d’ammonium ne donnent rien à froid ; à chaud au bain-marie vers 800, on obtient un précipité blanc.
Le chlorure de calcium, le chlorure de baryum, le sulfate de magnésium donnent un précipité blanc.
Avec l’iodure de potassium, il n’y a ni précipité ni changement de coloration, le bichromate de potassium ne donne pas de précipité.
De par; sa constitution chimique, le B. S. M n'est pas ou très peu hydrolysé au niveau des tissus et par conséquent, il ne peut pas y avoir de nodosité au point d'injection, son absorption est très rapide. |
Expérimentalement, le B. S. M. guérit à la dose de 1 centigramme par kilog de lapin infecté par le virus Truffi dont la virulence a été exaltée par de nombreux passages.
1 centigramme de B. S. M. par kilogramme de lapin correspond à 2 milligrammes, 6 de bismuth, c'est donc un.composé jouissant d’une grande activité thérapeutique.
Toxicité.
Par voie sous-cutanée ou intramusculaire, la toxicité du B. S. M. est faible, le lapin en supporte 5 centigrammes à 9 centigrammes par kilog. Le chien
DE
en supporte seulement 5 à 6 centigrammes par kilogramme, il maigrit à cette dose. La dose thérapeuthique est donc loin de la dose toxique.
Par voie intraveineuse, le B. S. M. est plus toxique. Iltue le chien à la dose de 1 à 2 centigrammes par kilogramme. Son activité est moins grande par la voie intraveineuse, constatations que l'on avait déjà faites avec les autres sels solubles
Etude physiologique.
Par voie intraveineuse seulement et à la dose de L à 2 centigrammes par kilog chez les chiens, le B, S. M. commetous les sels bismuthiques solubles en injection intra-veineuse exerce une action cardiaque.
EXPÉRIENCE 1. — Poids du chien 10 kilogrammes. On lui injecte par voie intraveineuse une solution diluée de B.S. M. à 10 % dans le sérum physiologique.
On pratique 4 injections de 5 milligrammes par kilog. soit au total 2 centigrammes par kilog.
Le chien présente de l’arythmie cardiaque avec extra-systole. Il perd 1 kilogramme, 500 en quatre jours, mais il survit.
La spartéine prévient ces troubles cardiaques ainsi qu'en
témoigne l'expérience suivante.
ExPÉRIENCE 2.— Chien de 12 kilogrammes. On emploie
une solution diluée de B. S. M. à 10 % dans le sérum physio-
sn logique. On injecte par voie intraveineuse 0,025 de B. S. M. par kilog ; on injecte en même temps 2 centigrammes par kilogramme de sulfate de spartéine.
Résultat : les troubles cardiaques ne se produisent pas après l'injection ainsi que nous l’avions constaté dans l’ex-
périence précédente.
Par voie sous-cutanée, le B. S. M. n’a aucune action sur le cœur.
ExPÉRIENCE 3. — Poids du chien : 9 kilogrammes. On injecte par voie sous-cutanée 4 centigrammes par kilogramme de solution diluée de B.S. M. à 10 % (on pratique deux fois une injection de 2 centigrammes).
Il ne se produit aucun trouble cardiaque. :
Il semble du reste que l'injection sous-cutanée ait rendu le cœur de l’animal moins sensible à l'injection intravei-
neuse ainsi qu’en témoigne l’expérience suivante :
ExPÉRIENCE 4. — Poids du chien gkilogrammes. Injection sous-cutanée de o gr. 02 par kilogramme de solution non diluée de B. $S. M. Une demi-heure après cette injection, le chien reçoit une nouvelle dose de o gr. 02 par kilogramme, par la même voie. Il ne présente aucun trouble cardiaque.
Une heure 1/4 après la première injection, le chien reçoit par voie intra-veineuse o gr. 005 du même produit dilué à 10 %. Il présente immédiatement après l'injection des troubles cardiaques très fugaces. On fait une nouvelle injection de o gr. 005 par kilogramme par voie intraveineuse. Dix minutes après celle-ci, le chien reçoit, par voie intra-vei-
J. Mouneyrat 2
neuse également o gr. o1 par kilogramme. Cette nouvelle injection est suivie de troubles cardiaques graves et de mort
de l'animal.
Cette étude permet de conclure qu'il n’y a pas de troubles cardiaques par voie sous-cutanée, ceux-ci ne se produisent que par la voie intraveineuse à la dose de 0 gr. O1 à 0 gr. 02 par kilogramme.
Nous déconseillons donc l'administration du B. $. M. par voie intraveineuse. Comme nous l'avons vu précédemment l’activité du B. S. M. est moins grande par cette voie d'introduction.
On aura soin de vérifier, avant de faire l’injection si l'aiguille n’est pas dans un vaisseau, même dans le cas où par une faute de technique opératoire l’injection serait faite intra-veineuse, il n’y aurait pas à craindre d’accidents aux doses auxquelles le B. S. M. est administré.
Ghez les cardiaques, cependant, il faudra être prudent et n'injecter le B. S. M. qu'à petites doses, on pourrait administrer auparavant aux malades de la spartéine qui prévient ces troubles cardiaques.
En pratique, on fait la piqûre dans les masses fessières musculaires, le malade étant assis ; l’aiguille sera enfoncée en hautet en dehors d’une ligne allant de l’épine iliaque postérieure au sommet du grand trochanter afin d’éviter les gros vaisseaux et les neris ; on emploiera une aiguille iongue de 8 cm. On
enfonce l'aiguille profondément et perpendiculaire-
ment, on adapte ensuite la seringue en ayant soin de vérifier par aspiration si l’aiguille n’est pas dans un vaisseau. Immédiatement après la piqûre on recommandera aux malades de faire quelques mouvements de gymnastique, l'injection est ainsi beaucoup moins douloureuse. L'introduction de quelques gouttes dans un vaisseau ne risquerait pas de donner des
embolies comme cela se produit parfois avec les sels insolubles.