‹ Contribution à l'étude du traitement de la syphilis: par les injections de cyanure de mercureChapitre 8 sur 30 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

1 Le manuel opératoire est le même que pour les autres 3 injections. On doit avoir à sa disposition une seringue de Pravaz bien aseptique.

Le Il est bon de placer, avant de s’en servir, l'aiguille dans # % une solution quelconque antiseptique, mais qui n’attaque 1 pas les instruments, où dans l'eau bouillante.

Le lieu d'élection est la région fessière: nous ne pre- UP nons pour cela aucun point déterminé. ce 5 Nous faisons l'injection assez haut de facon à ce qu’elle ï:

n'ait pas lieu dans une région sur laquelle le patient pourrait ensuite s'asseoir, ce qui serait gênant. Nous la

pratiquons alternativement dans une fesse et dans l’autre et chaque piqüre est espacée de la précédente.

Voici comment on procède : le malade est couché sur le ventre ou fortement sur le côté; la région sur laquelle

__- on va opérer est, au préalable, aseptisée. On enfonce

muscle, l'aiguille seule de façon à s'assurer que l'on pas pénétré dans un vaisseau. On ajuste ensuite la se gue remplie de liquide et expurgée. d'air; on pousse È lentement le piston et, lorsqu'il est arrivé au bout de sa ”

|. course, on retire seringue et aiguille ensemble. Ne pe L'introduction de l'aiguille en plein musele à pour DURS ee

d'empêcher la production de nodosités et de douleurs. LS & di x Lorsque toutes les règles de la technique ont été obser- de vées, on n LS ni douleur, ni réaction locale. se PA. $ . FU be D ni ù 5 Er 4 à LE:

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Action thérapeutique des injections de cyanure

de mercure sur la syphilis et ses accidents.

Les injections de cyanure de mercure ont une réelle efficacité sur tous les cas de syphilis ou d’accidents syphilitiques et parasyphilitiques.

Sous leur influence, l’accident initial est rapidement amélioré, et la régression se fait très vite (observ. XXIX). Nous n'avons pas à l’appui de ce que nous avançons beaucoup d'observations ; car la plupart des malades que nous avons traités, venaient nous consulter alors qu'ils étaient déjà sous le coup de manifestations secondaires:

Nous avons eu beaucoup plus souvent l’occasion de soumettre à notre traitement des malades en proie à la céphalée. (Observ. XI, XIV, XV, X VIT, XX, XXIV, XX VI XXXIVIXXXNIL, XXXIX, XL, XLV; L; LI.) C’est un phénomène qui manque rarement, et revêt pour ainsi dire des caractères spécifiques ; tantôt elle est nocturne, tantôt elle est matutinale; quoi qu'il en soit, elle est très pénible, cause de l’insomnie et prédispose à la neurasthénie. Nous avons très vite amélioré et guéri cette céphalée par les injections de cyanure. Nous avons

vu des malades privés de sommeil depuis très longtemps, et recouvrer rapidement le repos sous l'influence de quelques piqüres. Dans l'observation XX, il a suffi de 2 injections pour amener une cessation de céphalées violentes. l |

La plupart du temps elles disparaissent complètement avec une moyenne de 3 à 7 piqüres, Ce fait a une très grande influence sur le moral des malades, car ceux qui étaient depuis longtemps en proie à des insomnies pénibles etles voyaient disparaître en suivant notre traitement, sy soumettaient ensuite beaucoup plus volontiers. |

Les douleurs fulgurantes de la période tertiaire, les douleurs rachialgiques, sont vite améliorées aussi et guéries (observations XXII, XXII, XXXIII). Certaines ont été parfois rebelles à d’autres traitements; par exemple les cas que Güntz à rapportés de douleurs ostéocopes insupportables, sur lesquelles les autres médications avaient échoué et qui disparurent après des injections de cyanure. On peut rapprocher de ces phénomènes, les troubles de la marche (observation XI) probablement dus à de la syphilis médullaire, caractérisés par un affaiblissement musculaire des membres inférieurs, une allure sautillante et de l’exagération des réflexes.

Ce ne sont pas à proprement parler des phénomènes tabétiques, mais ils s’en rapprochent jusqu’à un certain point : quelques piqûres suffisent à les améliorer. Rapprochons aussi de ces cas de syphiiis nerveuse l’observation du malade de M. Bernardberg (observ. X), qui

avait eu des convulsions sur lesquelles l’iodure avait été

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sans action, et la publication de Chibret, concernant une Jeune fille atteinte de syphilis oculo-cérébrale.

Nous avons aussi remarqué l'efficacité du cyanure sur la roséole, les exanthèmes, les alopécies de la période secondaire. (Observ. XII, XII, XIV, XVII. XXI, PIN SVP RER CRT REX XXE XXX VII, XXXIX, XLII, XLVI, L, LI.\ Selon Boer il faut de 8 à 15 injections pour amener la disparition de ces accidents, et il rapporte 5 cas qu'il a guéris ainsi. Nous pensons que dans la plupart des cas une moyenne de 8 à 12 injections peut provoquer une régression rapide de ces éruptions. On voit, en effet, les taches pâlir peu à peu, puis s’effacer complètement, les papules s’affaisser, l’alopécie cesser, et la peau recouvrer bientôt sa coloration normale.

Ilenest de même des plaques muqueuses. (Observahons CNT XIV EX XX XXI, XX VII, XXIX, XXXV, XXX VI, XXX VII, XXX VII, XXXIX, XL, XIII, XLIV, XLVIT, Boer.} Après une quantité de 5 à 10 injections, on voit leur fond se dessécher, leurs bords se rapprocher, le suintement s'arrêter et bientôt la cicatrisation se faire.

Nous ne voulons pas seulement parler des plaques muqueuses ordinaires, de celles qui, pour ainsi dire, guérissent avec le traitement local (cautérisations au nitrate d'argent ou au nitrate acide de mercure), mais encore de celles qui sontrecouvertes d'enduits diphtéroïdes, formant de véritables fausses membranes, ainsi que cela s’observe à l’'amygdale et sur les piliers du voile du palais, et dont

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nous rapportons ‘observation IV) un cas très intéressant.

On peut rapprocher des merveilleux effets produits sur les plaques muqueuses, ceux que nous avons observés sur les syphilides de toutes sortes, syphilides papuloérosives, croûteuses, rupiacées, psoriasiformes, etc., observées surtout sur les membres et le tronc. (Observ. X,OXIE EX VID XVTIEERKT XX NV AR XL EC RNI XLV, L, LI, LIV. Sigmund, Boer). Ces manifestations sont remarquables par leur longue durée, et la résistance qu'elles opposent parfois aux traitements mercuriels ; certaines même réclament une médication intensive et ne guérissent qu'en laissant des cicatrices, blanchâtres,

gaufrées, entourées d’une zone d’hyperpigmentation.

Nous avons été frappé de l’action bienfaisante qu'exer-

çait sur elles le cyanure de mercure.

Nous pensons que leffet le plus remarquable qu’on peut lui attribuer, c'est celui qu’il produit sur les manifestations oculaires de la syphilis (observ. I, IT, III, IV,

V, VI, VI, IX, XXII, XLI, LI).-On peut affirmer

qu'il les améliore toutes : iritis, irido-choroïdite, kératite, rétinite, névrite, myosis, ophtalmoplégie, etc.) et tous les ophtalmologistes sont d'accord sur ce point. Nous avons vu un malade qui, atteint d’ophtalmoplégie gauche et de diplopie, éprouvait un réel besoin de se faire faire des injections de cyanure, tant le soulagement qu'elles lui procuraient était grand. Le nombre des piqûres qu’il faut pratiquer pour amender ces phénomènes est un peu plus élevé que pour les accidents que nous

avons relatés précédemment, I faut parfois jusqu'avingt

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injections pour produire la guérison ; mais celle-ci est presque toujours assurée. Rappelons les observations de M. Galezowski et de M. Berger, concernant des malades dont l’acuité visuelle était fortement diminuée et même abolie ; elle reparut bientôt après un traitement par le cyanure. Dans ces cas cependant il était nécessaire de porter le nombre des piqûres à 24 : mais il n’y a pas lieu de s'étonner de ce fait, car les accidentssyphilitiques sont d'autant plus tenaces qu'ils atteignent un organe noble.

Nous n'oublierons pas les résultats que nous avons obtenus sur les accidents tertiaires. Nous avons pu observer 3 cas deglossite (observ. XLVI, XL VII, XLVIIT)où la régression de cette affection a été des plus remarquables avec une dizaine de piqûres. L'observation XLIX en particulier est des plus instructives à cet égard. Il s’agit

d’un homme fumeur invétéré, qui ne voulut pas, tout en

se soumettant au traitement, cesser complètement l'usage du tabac : malgré les irritations réitérées que causaitcet agent sur la muqueuse buccale, et les entraves qu'il apportait à l'efficacité du traitement, l'amélioration se produisit.

On peut rapprocher de la glossite, la gomme ulcérée de la plante du pied, dont était atteinte la malade de l'observation LIV : elle s’améliora rapidement après quelques piqüres, et après la quinzième, elle présentait seulement une trace de cicatrice.

Mentionnons encore l’action du cyanure sur la laryngite spécifique (observ. XLIV), sur les scléroses (Boer), sur les troubles de la parole (observ. XX XII), etc., et les résultats qu’il adonnés dans les cas de syphilis rebelles,

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