‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses, de l'emploi des antiseptiques et en particulier du naphtol camphréChapitre 11 sur 32 · ANTISEPTIQUES ANTISEPTIQUE TOXIQUE · texte numérisé non relu

ANTISEPTIQUES ANTISEPTIQUE TOXIQUE

Icdoforme 1,27 0/0 0 gr. 50 0 gr. 05

Iodol 2,75 2 gr. 17 1 gr. 24

Naphtaline 1,11 3 gr. 40 1 gr.

Naphtol 0,40 3 gr. 80 1 gr. 10

Maxim owith, conclut de ses expériences sur le naphtol a, « à la dose de 0,20 à 0,25, le naphtol a empêche complètement la germination du bacille de la tuberculose; à la dose de 0,10 il l’entrave ». Ayant fait des recherches sur les naphtols a et (3, il dit que : « les bacilles de la tuberculose sont incapables de revivre dans un milieu pur lorsqu’on les a laissés séjourner pendant trois ou quatre jours dans les bouillons ordinaires contenant 0 gr. 1 de naphtol a par litre ou Ogr. 4 de naphtol [3, aux doses deO gr. 15 de naphtol a et de 0 gr. 45 de naphtol (3, il faut 24 heures de séjour seulement et il suffit de 15 à 20 minutes si l’on met 0 gr. 2 à 0 gr. 3 de naphtol a et de 0 gr. 5 à 0 gr. 6 de naphtol (3 ».

Reverdi il reconnaît au naphtol (3 une grande puissance antiseptique et une faible toxicité. « Les cas de mort survenus par l'emploi de l’acide phénique, de biodoforme et du sublimé, sont trop nombreux pour ne pas faire réfléchir ; à la dose de 0,33 0/0 de substance nutritive, le naphtol (3 retarde la germination du bacille de la tuberculose. »

Park, étudiant les différents antiseptiques, dit : « J’ai mélangé dans différentes proportions aux cultures stérilisées de gélatine et d’agar-agar, les substances antiseptiques suivantes : acide phénique, iodoforme, iode, naphtaline, hydronaphtol, résorcine, trichlorphénol, créoline, sulfophénate de soude, acide borique, perchlorure de fer, antipyrine, antifibrine, quinine, etc., j’en ai fait autant de gelées antiseptiques. Parmi toutes ces gelées, celle qui contenait de l’hydronaphtol, dans la proportion de 1 0/00, était presque la seule dans laquelle toute vie microbienne était empêchée. Beaucoup de bactéries pullulaient librement sur une gelée d’iodoforme à 1 0/0. Celles des bactéries qui vivaient abondamment sur la gelée iodoformée, ne vivaient que peu dans une gelée d’oxyde de zinc à 1 0/0. »

Burrel : « L’eau naphtolée a donné d’excellents résultats d’après des observateurs compétents, mais les cas sont insuffisants pour qu’on puisse juger ; cependant, vu le haut rang qu’elle occupe comme microbicide actif, n’étant pas toxique et non irritante, elle mérite d’être expérimentée. »

Edington, comparant les différents agents antiseptiques, conclut que le naphtol doit actuellement être mis au premier rang, à côté du sublimé.

M . N i c a i s e a employé le naphtol (3 dans les pansements , en poudre , en gaze naphtolée et sous forme de naphtol camphré, et en a obtenu de bons résultats, particulièrement dans la tuberculose.

M. F ernet, M. Schwartz ont traité avec succès des ulcérations tuberculeuses de la peau et des muqueuses avec le naphtol camphré ; M. Peyrot a inspiré àM. Laser re une thèse rapportant des obserservations concluantes sur le traitement des adénites chroniques et de quelques abcès froids par les injections de naphtol [3 en solution alcoolique. Le naphtol camphré a donné de bons résultats à M. Ruault etàM.Nugon dans la tuberculose laryngée, à M. Dumont dans l’otite moyenne suppurée.

* M. P érier s’était depuis longtemps servi avec succès du phénol camphré pour les plaies infectées et la diphtérie. Convaincu de la grande valeur antiseptique du naphtol, notre maître cherchait à l’employer en chirurgie. A son instigation M. Désesquelle, guidé par ses travaux antérieurs avec M. le professeur Bouchard, fit des recherches dans ce sens et découvrit le naphtol camphré à la fin de juillet 1888. Grâce à la bienveillance de nos maîtres, M. Périer et M. Né la ton, nous avons pu l’employer dès le mois d’août suivant. Les bons résultats que nous avons obtenus confirment ce que l’expérimentation faisait prévoir : à savoir que le naphtol est un antiseptique puissant, qui paraît agir avec efficacité dans les plaies infectées et dans les tuberculoses chirurgicales.

Nos premières observations sur l’emploi du naphtol camphré en chirurgie ont été consignées dans la thèse de P o u i 1 1 o t (Doct. , Paris, 1889) et dans quelques travaux personnels (Bull. Soc. anat., 1888. France médicale , 1889). Outre les cas que nous rapportons ici, sur le traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses par le naphtol camphré, nous en avons observé un grand nombre d’autres où ce médicament s’est comporté comme antiseptique et antituberculeux, dans les plaies infectées et les diverses manifestations externes de la tuberculose. Nous nous proposons de publier dans des travaux ultérieurs, les résultats que nous avons obtenus par l’emploi du naphtol camphré dans les ulcérations tuberculeuses de la peau, les adénites tuberculeuses, les métrites chroniques, et dans un néoplasme envahissant de la région dorsale.

D. — ■ COMMENT AGIT LE NAPHTOL EN GENERAL ET LE NAPHTOL CAMPHRÉ EN PARTICULIER ?

La désinfection des foyers de tuberculose locale par cet antiseptique paraît suffisamment démontrée par les résultats cliniques obtenus. Nous pensons que le naphtol n’agit pas seulement sur les foyers locaux, mais encore sur l’état général. Ce résultat nous a paru très manifeste chez presque tous les malades traités avec le naphtol camphré, mais la preuve de ce fait que nous avançons (et de l’hypothèse que nous émettions dans un travail antérieur sur un cas de

septicémie gangreneuse) aurait manqué, si M. Désesquelle ne nous avait appris que le naphtol est absorbé et passe dans les urines, alors * même qu'on n’a employé dans les pansements ou l’opération, que de très faibles quantités de naphtol camphré.

M. Désesquelle nous a remis à ce sujet la note suivante : « Que devient le naphtol camphré dans l’économie ? Nous trouvons dans le traité de chimie biologique de Wurtz que « le naphtol employé en frictions contre le psoriasis, passe dans les urines à l’état d’acide naphtylsulfurique ».M. Désesquelle se sert d’une réaction très sensible qui lui permet de déceler le naphtol à l’état libre dans les urines des malades pansés au naphtol camphré. Ce fait peut être d’une importance capitale en thérapeutique. S’il est vrai, en effet, que le naphtol camphré contracte des combinaisons avant de traverser les reins, les expériences deM. D ése sq uelle prouvent que le naphtol [3 se trouve aussi entraîné dans le torrent circulatoire et éliminé sans subir de modifications (1).

Quant au camphre, si nous réfléchissons à ce fait que le naphtol camphré représente une combinaison fort instable, nous pouvons dire à priori que ce carbonyle agit comme s’il était isolé. Or, d’après Wiedemann, Meyer et S ch miedeb er g, le camphre s’oxyde dans l’économie et s’assimile les éléments de l’acide glycuronique ; l’acide camphoglycuronique ainsi formé est éliminé par les reins soit à l’état libre, soit associé à l’urée. »

Lorsqu’on s’est servi du naphtol camphré pour une opération ou un pansement, on trouve le naphtol dans les urines pendant près de huit jours. Son action antiseptique locale et générale se prolongeant ainsi, permet de supposer que son emploi pourra peut-être éviter les inoculations secondaires et les récidives si fréquentes à la suite des interventions pour tuberculoses locales.

Malgré l’absorption manifeste du naphtol au niveau des plaies, nous n’avons jamais constaté de phénomènes d’intoxication, nous ne sachons pas qu’on en ait observé et cependant nous avons bien des fois largement usé de cet antiseptique. M. Désesquelle qui a analysé avec soin les urines de plusieurs malades, n’a jamais trouvé

(1) M. E. Désesquelle a fait sur ce sujet de nouvelles recherches confirmatives, consignées dans une note « sur un mode de recherche des phénols dans les urines )), et qu’il a présentée à la Société de Biologie , séance du 22 février 1890.

d’albumine. Or, d’après M. le professeur Bouchard, l’albuminurie serait le premier signe de l’intoxication naphtolée.

E. DE l’emploi DU NAPHTOL P EN CHIRURGIE (NAPHTOL CAMPHRE

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