V..., Jeanne, 4 ans. Consultation externe, décembre
Ostéite tuberculeuse du tarse, fistule. Le 15 décembre, évidement avec la curette tranchante. Pansement au naphtol camphré. Complètement guérie le 22 janvier 1889, après 3 pansements.
D. — SYNOVITES TENDINEUSES TUBERCULEUSES
Obs. CCLXXXV (personnelle, inédite). — Hygroma tuberculeux de l'épaule. — Incision. — Lavage au naphtol camphré.
A..., Émile, terrassier, 23 ans, entre le 30 décembre 1889 à l’hôpital Beaujon, service de M. le DrL. Labbé, salle Marjolin, 36.
Rien d’intéressant dans les antécédents héréditaires.
Fièvre typhoïde à 16 ans.
Depuis trois mois, le malade se plaint de douleurs à l’épaule gauche.
Le 4 décembre, en chargeant des mottes de terre, son bras est violemment repoussé en arrière par la chute d’une motte sur le poignet; il éprouve en ce moment une douleur modérée qui devient très vive le soir et se continue pendant plusieurs jours.
Le 5. Il entre à l’hôpital de Mantes. A sa sortie, les mouvements sont encore difficiles : il existe un gonflement à la partie antéro-interne de l’épaule.
A son entrée : l’épaule est déformée, tuméfiée en avant et en dedans, on perçoit une fluctuation très nette, l’élévation du membre est impossible, l’écartement très douloureux, altérations de l’état général.
10 janvier. Ponction de la tumeur fluctuante avec la seringue de Pravaz, liquide louche, grumeleux, séreux.
Le 28. Incision verticale dans l’espace pectoro-deltoïdien ; sous les muscles, incision d’un abcès volumineux; pus abondant, mal lié, grumeleux : pas de lésions appréciables de l’articulation ; il est probable qu’il s’agit d’un hygroma tuberculeux sous-deltoïdien. Lavage au sublimé; contre-ouverture sur le bord inférieur du grand pectoral, dans la région axillaire. Injection de naphtol camphré, drainage avec la gaze imbibée de ce liquide. Pansement au salol, compression ouatée, mobilisation.
Le 31. On retire les mèches de gaze servant de drains. Bon état de la plaie.
Les douleurs ont disparu. Nous quittons le service.
Obs. CCLXXXVI (inédite). — (Service de M. Périer, hôp. Lariboisière.)
D..., Henri, 32 ans, vidangeur, entré le 22 janvier 1889, salle Ambr.- Paré, 12 bis. Synovite tuberculeuse de le gaine des extenseurs de la main gauche, consécutive à une plaie contuse produite par une tinette
trois mois auparavant. Le 6 février, incision, grattage, pansement au naplitol camphré. Sort complètement guéri en avril.
Obs. CCLXXXVII (inédite). — - (Service de M. Périer, hôp. Lariboisière.)
P..., Anastasie, 66 ans, entre le 7 mai 1889, salle Gosselin, 3 Synovite fongueuse de la gaine de Vextenseur de l’index droit.
13 mai. Incision, grattage, lavage au naphtol camphré. Guérison.
Obs. CCLXXXVIII (personnelle, inédite). — Synovite fongueuse à grains riziformes des gaines des extenseurs des doigts et des fléchisseurs de l’index. — Incision, excision partielle, grattage. — Naphtol camphré. — Guérison avec conservation à peu près complète des mouvements.
P..., Eugène, 35 ans, employé, entre le 18 novembre 1889, à l’hôpital Beaujon, service de M. le Dr L. Labbé, salle Marjolin, 18, pour une synovite tendineuse tuberculeuse de la gaine des extenseurs et du fléchisseur de l’index de la main droite.
Cette affection a débuté il y a environ huit ans, par une tuméfaction de la paume de la main, se continuant vers la base de l’index. Il y a 4 ans, une tuméfaction semblable s’est produite peu à peu sur le dos delà main. Les mouvements des doigts sont gênés et douloureux.
Le malade entre à l’hôpital le 18 novembre.
Sur la face palmaire de la main droite, on constate une tumeur régu lière, mollasse, s’étendant de la troisième phalange de l’index à la partie moyenne de la paume de la main; peu de douleurs à la pression, le mouvement de flexion de l’index est très limité.
Sur la face dorsale, se trouve une tumeur bilobée occupant d’une part toute l’étendue du dos de la main et d’autre part la partie inférieure de la face postérieure de l’avant-bras. Fausse fluctuation. Dans les deux tumeurs, les mouvements des doigts permettent de percevoir une crépitation semblable à celle que donnent les grains riziformes.
27 novembre. Opération. (M. Labbé a la bonté de mêla confier.) Application de la bande hémostatique après élévation du membre. Pas de refoulement. Longue incision sur la face dorsale du poignet et de la main; la gaine des tendons extenseurs est remplie de fongosités grisâtres, englobant complètement les tendons, quelques petits grains riziformes. Excision partielle de la gaine, grattage des tendons et des tissus infiltrés de fongosités. (Pendant toute l’opération, les instruments : ciseaux, bistouri, pinces, curettes, étaient imbibés de naphtol camphré.) Lavage au naphtol camphré. Quelques ligatures au catgut à la partie inférieure et au poignet. Deux drains. Sutures au crin de Florence.
Synovite de la gaine des fléchisseurs de l’index: incision sur toute l’étendue de la tumeur ; la gaine est distendue par des fongosités et contient des grains riziformes, Dissection et excision de la gaine dans
la paume de la main, mais au niveau du doigt il est impossible d’agir ainsi, je suis obligé de me contenter de réséquer une partie de la gaine. Grattage minutieux des tissus infiltrés de fongosités. Les tendons criblés de fongosités sont nettoyés avec soin. Le ligament annulaire de la base de l’index ayant dû être incisé pour compléter le grattage, je le reconstitue à l’aide de deux points de suture au catgut. Lavage au naphtol camphré. Sutures superficielles au crin de Florence. Pas de drain.
Pansemeutau salol : poudre, gaze, coton. Compression ouatée.
Le 29. Pansement: j’enlève les drains. Réunion des deux incisions sauf dans les régions où j’avais dû faire des ligatures au catgut. En ces points, quelques gouttes de pus. (J’attribue cette suppuration au catgut employé, et qui était certainement mal préparé; j’ai eu le regret de constater de la suppuration, dans trois autres opérations où je m’étais servi de ce flacon de catgut.) Même pansement.
8 décembre. Pansement.Réunion complète de l’incision palmaire, j'enlève les points de suture. Sur la face dorsale, désunion partielle de la suture dans les points suppurés.
Pansement au naphtol camphré.
Le 20. Plusde suppuration sur la face dorsale. Les points précédemment désunis bourgeonnent activement. Pansement au salol.
Le 31. Cicatrisation avancée. Même pansement. Le malade sort de l’hôpital.
8 janvier 1890. Pansement : il n’y a plus sur la face dorsale de lamain etdu poignet que deux traînées granuleuses. Pansement au salol, maintenu par du collodion. J’engagele malade à imprimer des mouvements aux doigts et à la main.
Le 16. Cicatrisation absolue. Raideur des mouvements des doigts et de la main : massage, électrisation des muscles de l’avant-bras et de lamain.
Le 31. Les mouvements des doigts sont à peu près normaux.
Le malade a pu reprendre son travail. Pas de douleurs.
Au niveau des deux gaines opérées, les tissus sont souples.
Les mouvements de l'index sont libres. Légère adhérence des tendons extenseurs à la peau de la face dorsale de la main.
Obs. CCLXXXIX (personnelle, inédite). — Synovite tuberculeuse
ulcérée des deux gaines des fléchisseurs de la main. — Pansements
et injections au naphtol camphré. — Amélioration très notable.
A..., Alexandre, 37 ans, journalier, entre le 18 décembre 1889, à l’hôpital Beaujon, service deM. L. Labbé, salle Marjolin, 26, pourune synovite tuberculeuse ulcérée des gaines des fléchisseurs de la main droite.
Parents morts jeunes. Frère et sœurs bien portants.
Pas de maladies jusqu’à 22 ans. A 23 ans bronchite. Depuis cette époque le malade tousse àpeu près continuellement surtout l’hiver, par époques, des accès de fièvre le soir.
Au mois d’avril 1888, tuméfaction de la partie antérieure du poignet droit, peu après, gêne dans les mouvements de la main ; toutefois le malade peut continuer son travail jusqu’en août 1889. A ce moment, apparition d’une tumeur molasse dans la paume de la main. Incision : issue d’un liquide louche. Pas de réunion, la plaie suppure et s’ulcère. Cette ulcération augmente et atteint bientôt le diamètre d’une pièce d’un franc. Bientôt après, une nouvelle ulcération se produit au-dessus de la première. Enfin, une troisième tumeur apparaît sur le bord externe du poignet ; d’abord dure, elle se ramollit rapfdement et s’ulcère, cette ulcération augmente rapidement et atteint bientôt l’étendue d’une pièce de cinq francs ; elle donne lieu à une suppuration sanieuse, grisâtre. Le pus des deux autres ulcérations est absolument semblable.
Nous voyons le malade, pour la première fois, au commencement de décembre, à la consultation externe. C’est un tuberculeux cachectique. L’examen des poumons permet de constater des signes cavitaires très nets.
La main et le poignet droits sont déformés à la partie antérieure. La région du poignet présente, en dehors, une large ulcération fongueuse, grisâtre, reposant sur une tuméfaction molle et diffuse, bien limitée en haut, mais se continuant en bas, sauf au niveau du ligament annulaire antérieur du poignet, avec un gonflement semblable dans l’éminence thénar; elleparaît occuper la gaine du fléchisseur du pouce. A la partie interne du poignet et de la main, on voit et on sent une tumeur bilobée absolument semblable, se terminant en haut à trois ou quatre centimètres au-dessus du pli du poignet, mais se prolongeant en bas jusqu’à la racine de l’auriculaire, en s’étendant un peu en dehors au niveau de la paume de la main ; dans la partie palmaire de cette tumeur on voit deux ulcérations l’une petite, au niveau du plide flexion des doigts, l’autre plus large sur l’éminence hypothénar. Ces ulcérations sont fongueuses et fistuleuses. Un stylet introduit dans les trajets de ces fistules pénètre dans la gaine des fléchisseurs.
La tuberculose pulmonaire avancée du malade et l’étendue des lésions de la main, ne me paraissant pas pouvoir autoriser une opération radicale aussi importante que celle qui aurait été nécessaire, je me contentai d’appliquer sur les ulcérations tuberculeuses du poignet et de la main de la gaze imbibée de naphtol camphré, et d’appliquer un pansement compressif.
Huit jours après, le malade revint me voir : les ulcérations avaient diminué d’étendue, elles bourgeonnaient activement. Le malade ne souffrait plus.
Le 18 décembre le malade entre dans le service ; M. Labbé ala bonté de me le confier. Avecla seringue Pravaz, je fais dans les trois tumeurs des injectionsde 4à 5 gouttes de naphtol camphré, etj’injecte dans les fistules de la gaine interneune seringue entière de ce liquide. Pansement des ulcérations avec de la gaze imbibée de naphtol camphré. Compression
ouatée et immobilisation. En même temps le malade est mis a un régime tonique.
Le 25. Le malade contracte l’infiuenza. Température élevée, congestion pulmonaire. Malgré cela, je ne touche pas au pansement.
2 janvier 1890. Le malade est guéri de son influenza ; les forces reviennent.
Le 5. Pansement : les tumeurs des deux gaines ont considérablement diminué, l’ulcération de la gaine externe est à peu près complètement cicatrisée; les deux fistules de la gaine interne persistent, mais bourgeonnent; 3 injections (4 à 5 gouttes) de naphtol camphré dans les tumeurs, une injection (demi-seringue) dans chaque fistule.
Le 20. Le malade demande à sortir de l’hôpital ; la toux a diminué, les forces et l’appétit sont revenus. Pansement: Pulcération delà gaine externe est cicatrisée, et la tuméfaction a à peu près complètement disparu. La pression de la gaine interne, ne fait plus sourdre de pus par les fistules, la tuméfaction a notablement diminué, on ne sent plus la fausse fluctuation qui était si nette quand nous avions vu le malade deux mois auparavant. Même pansement au naphtol camphré. Trois injections.
Le 30. Je revois le malade; la face antérieure du poignet et la paume de la main sont à peine déformées. Sur le trajet des gaines, plus de fausse fluctuation. Les 2 fistules internes bourgeonnent. Les mouvements de la main et des doigts sont assez faciles et non douloureux.
3 injections de naphtol camphré, occlusion des fistules avec l’ouate au salol, maintenue par du collodion.
Obs. CCXC (personnelle, inédite). — Hygroma tuberculeux du genou. — Excision. — Lavage au naphtol camphré. — Guérison.
N..., Louis, 21 ans, employé à la Cie del’üuest, entre le 14 décembre 1889 à l’hôpital Beaujon, service de M. le D1' L. Labbé, salle Blandin, n° 5, pour une tumeur de la face antérieure du genou gauche.
Environ 10 mois auparavant, le malade remarqua une petite tumeur du volume d’une noisette sur la face antérieure du genou gauche, sur le bord externe du tendon rotulien. Tout d’abord indolente, cette tumeur détermine de la gène des mouvements et quelques douleurs en augmentant de volume. Dans sa profession, N... frottait souvent le genou gauche contre la machine. Quelques temps après, les douleurs augmentaient le soir.
Vers le mois de septembre, contusion du genou gauche : sous l’influence de ce traumatisme léger d’ailleurs, la tumeur augmente de volume.
A son entrée, 14 décembre: la partie antérieure du genou gauche est un peu déformée; on voit une tumeur diffuse soulevant le tendon rotulien et s’étendant en dehors. Cette tumeur bien limitée en dedans du
tendon rotulien, est diffuse en dehors. A la palpation la tumeur est molasse, empâtée, fausse fluctuation. Pas d'épanchements dans l’articulation. Une pression méthodique ne détermine pas la réduction de la tumeur. L’examen n’est pas douloureux. La peau est saine et ne présente pas de vascularisation anormale.
Légère induration du sommet du poumon droit.
Diagnostic: Hygroma chronique tuberculeux.
17 décembre. Opération. Longue incision verticale, parallèle au tendon rotulien, sur la saillie externe de la tumeur. La tumeur apparaît blanc rosé, assez bien limitée, mais un peu adhérente à la capsule fibreuse articulaire. Excision de la tumeur: elle est formée de deux parties, l’une située sous le tendon rotulien, formée d’une poche à parois épaisses et contenant un liquide citrin trouble, l’autre, s’étalant audevant du condyle externe du tibia jusqu’à la tête du péroné, formée de fongosités.
Malgré une dissection minutieuse, une partie de la paroi de l’hygroma reste adhérente à la capsule fibreuse. Grattage avec la curette de Volkmann.
Lavage et imbibition de toute la surface cruentée avec le naphtol camphré.
Sutures profondes et superficielles au crin de Florence.
Drain. Une injection de naphtol camphré est faite par le drain.
Pansement au salol : poudre, gaze, ouate.
Compression et immobilisation à l’aide d’attelles de zinc.
A son réveil, le malade ne souffre pas du tout.
Le 19. 1er pansement. On enlève le drain. Réunion avancée,
Le 25. Influenza. T. 38°, 2.
Le 29. Congestion pulmonaire. T. 38°, 8.
Pansement. Pas de suintement. Réunion absolue, on enlève les sutures profondes et superficielles.
5 janvier. Cicatrisation complète. Pas de tuméfaction du genou et de la région opérée.
Les mouvements du genou sont libres et non douloureux.
Le 6. Exeat.
L’examen histologique de la tumeur, m’a démontré qu’il s’agissait de fongosités tuberculeuse.
Obs. CCXCI (personnelle, inédite). — - Synovites tuberculeuses des
gaines des péioniers latéraux et du jambier postérieur. — Naphtol
camphré. — GuérUon.
P..., Pierre, 35 ans, camionneur, entre le 15 octobre 1888, à l’hôpital Lariboisière, salle Ambroise- Paré, lit n° 8.
En juin 1888, le malade était entré une première fois à l’hôpital pour des douleurs au niveau de l’articulation tibio-tarsienne gauche; à cette
époque le cou-de-pied était tuméfié surtout latéralement et le malade éprouvait surtout pendant la marche et après des fatigues, des douleurs assez vives qui l’obligeaient à prendre du repos. C’est envirou à six mois qu’il faisait remonter le début de ces accidents. Bonne santé habituelle, pas d’antécédents tuberculeux chez les parents. Lors de son séjour à l’hôpital en juin, on lui appliqua des pointes de feu sur la région du coude-pied et on l’immobilisa dans un appareil silicaté.
A son entrée le 15 octobre, le malade nous paraît amaigri, il est pâle et a peu d’appétit. A l’examen des poumons, on trouve des signes très nets de tuberculose pulmonaire particulièrement au sommet droit où la respiration est rude, et la submatité très nette. Pas d’hémoptysies. P... se plaint du cou-de-pied gauche, la région est déformée surtout des deux côtés par des saillies diffuses et mollasses suivant les gaines des péroniers en dehors, et du jambier postérieur en dedans. Il s’agit évidemment de synovites tuberculeuses de ces gaines. L’articulation paraît saine à l’exploration. Les mouvements du pied sont douloureux. Le malade accuse des douleurs spontanées, parfois très vives pendant la nuit et accusées par la marche qui est presque impossible. Rien aux testicules.
M. le Dr Périer pense à une synovite tuberculeuse des gaines des péroniers et desjambiers postérieurs et se propose d’inciser ces gaines, de les gratter et de modifier les tissus avec le napbtol camphré.
L’opération a lieu le 31 octobre.
1er incision sur le bord interne du cou-de-pied, en suivant le trajet du tendon du jambier postérieur, en arrière delà malléole interne, incision de 12 à 15 centimètres remontant au-dessus de la malléole interne et se prolongeant jusqu’à l’insertion inférieure du jambier postérieur. La gaine du jambier postérieur étant ouverte, elle apparaît remplie de fongosités grisâtres qui masquent et entament le tendon.
Grattage minutieux avec la curette de Volkmann.
L’exploration de l’articulation tibio-tarsienne et de la malléole interne est négative.
2e incision verticale en arrière de la malléole externe se recourbant au-dessous du sommet de cette épiphyse et se dirigeant en suivant la gaine des péroniers vers l’extrémité postérieure du 5e métatarsien, les gaines des péroniers sont distendues par des fongosités. Grattage poursuivi dans la région plantaire pour la gaine du long péronier latéral.
Lavage des gaines interne et externe avec la solution de sublimé au 1000e, injection dans les gaines de naphtol camphré, sutures des bords des gaines au catgut. Nouvelle irrigation des surfaces cruentées avec naphtol camphré. Quelques points de suture superficielle pour diminuer l’étendue de la plaie, 2 drains : l’un en dedans, l’autre en dehors. Pansement au salol : poudre, gaze, ouate. Compression et immobilisation.
6 novembre. lerpansement. Suppression des drains, la région n’est pas tuméfiée et la réunion est avancée. Même pansement.
12 décembre. 2e pansement, ni pus, ni douleur à la pression. On enlève les points de suture, la cicatrisation est à peu près complète. Gaze au salol imbibée de naphtol camphré sur' les surfaces bourgeonnantes.
10 janvier. Guérison absolue. Appareil silicate.
Le 23. Le malade va à Vincennes, son état général est bien meilleur, l’appétit et les forces sont revenues. Le malade a un faciès excellent et a notablement engraissé.
La marche n’est pas douloureuse.
Le malade devait venir nous voir s’il présentait la moindre récidive ; nous ne l’avons pas revu.
Obs. CCXCII (inédite). — (Service de M. Périer, hôp. Lariboisière.)
P..., Pierre, 48 ans, fumiste. Entré le 16 février 1889, salle Ambroise- Paré, 26. Synovite fongueuse de la gaine des péroniers et hygroma tuberculeux rétro-calcanéen. Le 5 mars : deux incisions latérales. Grattage avec la curette, pansement au naphtol camphré. Sort guéri le 23 mars.
Obs. CCXCIII (personnelle, inédite). — Hygroma tuberculeux rétro-
calcanéen. — [, Excision , grattage. — Drainage et pansements au
naphtol camphré. — Guérison.
J..., Gabrielle, 18 ans, couturière, entre le 5 mars 1889, à l’hôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, salle Laugier, 3. Depuis six mois environ cette malade se plaint de douleurs pendant la marche ; elle remarque depuis cette époque une tuméfaction de la partie inférieure de la jambe droite, occupant la région du tendon d’Achille*.
11 y a un mois une petite fistule s’est établie à la lace interne du coude-pied ; il s’en écoule continuellement une petite quantité de pus.
A son entrée, on constate à la partie inférieure de la jambe droite et des deux côtés du tendon d’Achille, un gonflement diffus, mal limité, mou et pâteux. Par l’orifice fistuleux situé à 2 centimètres en arrière de la malléole interne, un stylet introduit pénètre dans une masse fongueuse, saignant facilement; on arrive par cette exploration, à la face externe de la jambe. On ne sent pas de lésions osseuses.
L’état général de la malade est assez bon, malgré des signes manifestes de tuberculose : quelques ganglions strumeux cervicaux ; il y a un an elle a eu un abcès froid du bras droit qui fut incisé et gratté, mais qui a récidivé. Légère induration du sommet du poumon droit, un peu de toux sèche, mais sans expectoration purulente.
Le 19 mars. Opération. Pas d’Esmarch, bande hémostatique au-dessous du genou après élévation du membre .
M. Labbé fait deux incisions verticales, des deux côtés du tendon d’Achille, on se trouve en présence d’une masse de fongosités grisâtres, située entre le tendon d’Achille et les muscles profonds, se continuant en
bas jusqu’au calcanéum. Ces lésions tuberculeuses paraissent avoir pris naissance dans la bourse séreuse rétro-calcanéenne.
M. Labbé fait avec soin l’excision de cette masse fongueuse, puis le grattage des tissus infiltrés et résèque le trajet fistuleux et la peau, amincie et envahie par les granulations tuberculeuses, qui entoure l’orifice de la fistule.
Les os ne sont pas altérés. Lavage au napthol camphré ; la cavité opératoire est drainée avec de la gaze imbibée de napthol camphré. Réunion d’une partie des incisions à l’aide de suturt. s au crin de Florence.
Pansement au salol, compression ouatée, immobilisation.
22 mars. Pansement. On retire les mèches de gaze, injections de naphtol camphre. La plaie opératoire est remplie de poudre de salol.
Pansement au salol. Compression.
30 avril. Pansement : la plaie opératoire est à peu près comblée par des bourgeons actifs, réunion de la partie suturée. On enlève les crins de Florence, pansement au salol maintenu par du collodion.
15 juin. Cicatrisation absolue. Raideur des mouvements du pied. Massage, électrisation.
Abcès froid du bras droit ; incision le 18 juin, grattage, injection de naphtol camphré, réunion, pansement au salol.
Le 30. L’abcès froid est guéri, réunion parfaite.
2 août. La malade sort de l’hôpital et va faire un séjour aux bords de la mer. Elle marche sans douleur, la région du cou-de-pied a repris ses caractères normaux, l’état général est bien amélioré.
En décembre. J'ai eu des nouvelles de la malade, la guérison s’est maintenue, elle jouit d’une parfaite santé.
Obs. CCXCIV (inédite). — Synovite fongueuse de la gaine interne
du cou-de-pied. — Injections interstitielles de naphtol camphré.
— Guérison. (Observation communiquée par mon collègue et ami
Répin.)
P..., Charles, 4 ans, est adressé à M. Périer, à l’hôpital Lariboisière, en avril 1889, pour synovite fongueuse de la gaine interne du cou-de-pied.
P... Charles est l’avant-dernier de huit enfants, tous bien portants. Son père et sa mère ont une bonne santé.
L’enfant présente le type scrofuleux : adénite cervicale, blépharite ciliaire.
Il a commencé à souffrir du cou-de-pied droit au mois de mars dernier, sans cause apparente ; une tumeur est apparue peu à peu sur la face interne de l’articulation tibio-tarsienne. Quinze jours après le début de cette affection, l’enfant est amené à l’hôpital. On constate l’existence d’une synovite fongueuse de la gaine des fléchisseurs à leur passage sous la malléole interne, faisant un relief notable, mais ne présentant aucun point nettement fluctuant.
Traitement: injections interstitielles de naphtol camphré dans la tumeur, combinées avec la compression.
Pendant le premier mois, on fit deux injections par semaine de 1 c. c. chacune. Au bout de ce temps on constata que la tumeur avait grossi et que plusieurs points étaient devenus fluctuants au niveau des piqûres. Le nombre des injections fut réduit à une par mois. Deux des petits points fluctuants furent incisés, ils contenaient de la sérosité colorée par le naphtol camphré ; ils se cicatrisèrent bientôt. A partir de ce moment, la tumeur diminua rapidement.
Au mois d’août on ne sentait plus qu’une induration. On cessa les injections. Le pied fut immobilisé, en bonne position, par un appareil plâtré, pendant un mois; au bout de ce temps, le pied était à angle droit; l’articulation très raide ne possédait que des mouvements très limités; l'enfant ne pouvait marcher.
Il passa le mois d’août à la campagne : prenant de l'huile de foie de morue.
A son retour, toute trace de la synovite a disparu, sauf une petite induration de la peau.
Massage, mouvements actifs et passifs, marche.
En décembre : l’enfant revu, est absolument guéri.
Obs. CCXCV (personnelle, inédite). — Synovite tendineuse tuberculeuse de la gaine interne du cou-de-pied ; envahissement de la
malléole et de V articulation tibio-tar sienne) grattage , lavages, drainage et pansements au naphtol camphré. — Guérison.
C..., Justin, 56 ans, entre le 26 septembre 1889, à l’hôpital Beaujon, service de M. L. Labbé, salle Marjolin, 24.
En décembre 1888, contusion de la région de la malléole interne par un coup de pied de cheval. Depuis lors gonflement, douleurs et impotence du membre qui augmente peu à peu et oblige le malade à entrer à l’hôpital.
26 septembre. Tuméfaction générale de la région du cou-de-pied surtout en dedans, sur le trajet des tendons des muscles jambier postérieur et fléchisseurs des orteils; la malléole est volumineuse. Les mouvements passifs sont très douloureux; empâtement de l’articulation tibiotarsienne. La peau est amincie et violacée en dedans.
Le 29. Opération. M. L. Labbé a la bonté de me la confier ; je l'en remercie bien vivement. Longue incision suivant le trajet des tendons fléchisseurs, depuis le tiers inférieur de la jambe jusqu'à la plante du pied.
Les gaines tendineuses sont remplies de fongosités grisâtres : les tendons sont criblés de granulations tuberculeuses.
Grattage soigné des gaines et des tendons avec la curette trempée souvent dans le naphtol camphré ; sur le bord postérieur de la malléoie
interne au niveau de la gouttière, on voit un foyer caséeux ; évidement de la malléole ; ouverture de l’articulation tibio-tarsienne.
Je la complète par une grande incision antérieure transversale et portant le pied en abduction puis en extension forcée, je constate que la synoviale est couverte de fongosités, peu d’altérations des cartilages; grattage et excision d’une partie de la synoviale. La peau de la partie interne du cou-de-pied, très altérée, ne peut être conservée ; j’en excise une partie et je gratte soigneusement le reste.
Lavage abondant de la gaine synoviale, de la cavité de la malléole interne et de l’articulation au naphtol camphré, injection de ce liquide dans la plante du pied, suivant le trajet des tendons.
Sutures au catgut de la gaine tendineuse.
Drainage de l’articulation et de la malléole interne avec de la gaze imbibée de naphtol. Sutures des extrémités des incisions au crin de Florence. Pansement au salol sur les sutures et à plat avec naphtol sur les parties non réunies. Compression ouatée, immobilisation en bonne attitude.
2 octobre. Pansement, je retire les mèches de gaze servant de drain ; injections de naphtol camphré dans l’articulation et la malléole. Pansement au naphtol camphré et au salol.
Le 11. J’enlève les points de suture.
4 novembre. Réunion complète des parties suturées, les surfaces pansées à plat sont bourgeonnantes ; une couche superficielle du tendon a été éliminée.
Pansement au salol.
22 décembre. Influenza. Broncho-pneumonie.
12 janvier 1890. Pansement. Réunion de l’incision antérieure et cicatrisation de presque toute l’incision interne, il ne reste plus qu’une traînée granuleuse.
Le 31. Nous quittons le service : cicatrisation complète ; le pied est ankylosé en bonne position.
Le malade marche sans douleurs avec une canne.