‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose des os, des articulations et des synoviales tendineuses, de l'emploi des antiseptiques et en particulier du naphtol camphréChapitre 6 sur 32 · ÉVIDEMENT · texte numérisé non relu

ÉVIDEMENT

avec acide phénique .

pour 100

avec sublimé

pour 100

avec divers antisepti-

ques (iodoforme,

acide salicylique,

thymol)

pour 100

« D’après ce tableau, dit von Barta, il semble que c’est l’acide phénique qui l’emporte, mais si on tient compte qu’une partie de ces cas a dû se guérir par amputation et avec le traitement mixte, on trouve un rapport différent entre le phénol et le sublimé : 45,91 0/0 avec l’acide phénique, 42,80 0/0 avec le sublimé.

Les résultats avec les traitements mixtes donnent 33,34 0/0 : c’étaient les cas les plus favorables ; en somme il n’y a pas de différences tranchées avec les différents antiseptiques ; l’antisepsie habituelle paraît impuissante contre les tuberculoses locales. »

Menthol . — Le menthol ou alcool mentholique se dépose sous forme cristallisée, lorsqu’on refroidit l’essence de menthe poivrée. Le menthol se présente en beaux prismes transparents, brillants, semblables à du sulfate de magnésie. 11 fond à 36° et bout à 212° ; il est peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et volatiles.

Bien que le menthol soit connu depuis longtemps des chimistes, ce n’est que récemment qu’il a été présenté au monde médical par Macdonald, et que ses propriétés antiseptiques et analgésiques ont été étudiées (1).

En 1880, Macdo n ald (2) parla des propriétés antiseptiques du menthol^ et d’après ses expériences, il estima son pouvoir au double de celui de l’acide phénique. «Le menthol, dit-il, en solution à 1/1000, a autant d’action sur les bactéries qu’une solution de phénol à 1/500. »

K o ch prétend que cette substance, en solution à 1/3300, arrête le développement du bacille de la pustule maligne, et qu’en solution à 1/2000 il tue le bacille du choléra.

De nombreuses expériences faites dansle laboratoire de A. Rosenberg, ont montré que le menthol sous forme gazeuse, agissant directement sur les cultures de bacilles tuberculeux, les détruit complètement.

Sormani et Bognatelli mélangèrent un centimètre cube de culture tuberculeuse avec cet agent antiseptique, ils conservèrent le mélange à une température de 35 à 40 degrés, pendant un temps variant d’une heure à deux heures. Ils agitèrent de nouveau ce mélange, et, avec une seringue préalablement désinfectée, ils l’inoculèrent à des cobayes sans provoquer le plus léger phénomène septique.

Yillemin(th. doct. Paris, 1888) attribue au menthol une grande efficacité, la raie d’inoculation n’apparaissant que comme une strie blanche à peine perceptible, et classe le menthol parmi les substances qui semblent amener un retard notable dans le développement du bacille ; même, lorsque les tubes d’agar en contiennent une faible dose, l’éclosion est peu appréciable.

D’après Cholewa et Ronicli, des solutions faibles et même des vapeurs de menthol arrêtent parfaitement le développement des bacilles tuberculeux.

Bossu, à qui j’emprunte la plupart des faits ci-dessus, étudie dans sa thèse inaugurale (Paris, 1889) l’action du menthol en injections intra-trachéales et laryngiennes dans la tuberculose du poumon et du larynx. Nugon (tli. doct. Paris, 1889) compare les résultats obtenus

(1) Les nouveaux remèdes. Paris j 1887.

(2) On a new antiseptie and antineuralgic agent. Eclinb. med. Jour., 1880.

en laryngologie au moyen du menthol et du naphtol camphré et préfère ce dernier.

M. Ruault a étudié I’acide sulforicinique en 1889 ( Revue de Laryngologie , p. 712) et une seconde fois en collaboration avec M. Berlioz, comme véhicule dissolvant de quelques médicaments utilisables en applications topiques.

Cet acide « à la température ordinaire, peut maintenir en solution 100/0 de naphtol, ou 10 0/0 de créosote, 15 0/0 de salol, 400/0 d’acide phénique. Pour préparer ces solutions il faut employer la chaleur ; après refroidissement, les solutions de salol et d’acide phénique restent transparentes : celles de napthol et de créosote sont au contraire opaques, mais elles ne déposent pas.

L’acide sulforicinique communique au naphtol, au salol, à la créosote et à l’acide phénique la propriété de s’émulsionner dans l’eau comme il le fait lui-même.

Le naphtol sulforiciné à 10 0/0 a donné de bons résultats sous forme d’émulsion très concentrée ou encore sans addition d'eau, dans le traitement local de la tuberculose laryngée ulcéreuse.

L’acide phénique sulforiciné a été surtout employé sans addition d’eau. En applications locales énergiques, faites après cocaïnisation, dans la tuberculose ulcéreuse du larynx, à 10, 30 et même 40 0/0, il s’est montré extrêmement utile. »

Le salol sulforicinique est employé depuis le commencement de janvier 1890, dans le service de M. le Dr Périer, à l’hôpital Lariboisière ; il paraît donner de bons résulats.

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