CHAPITRE
L'action de l’hyposulfite double d’or et de sodium | sur le bacille et l’organisme tuberculeux
Les recherches de Môllgaard, poursuivies pendant 4 ans, semblaient prouver que la Sanochrysine se comportait vis-à-vis du Bacille de Koch comme un substance hautement bactéricide : nous les résumerons tout d’abord. Mais les savants français et étrangers, qui réprirent la question, n’aboutirent pas aux mémes conclusions que le savant danois : nous examinerons ensuite les faits expérimentaux qu’ils apportent. :
[. — Les travaux et les théories de Mollgaard
La Sanochrysine répondait aux desiderata physiques et chimiques posés à priori par Môllgaard. Celui-ci démontra tout d’abord son action bactéricide in wi-
tro. Elle parait considérable. Le développement des cultures en bouillon glycériné du Bacille de Koch (bacille bovin) est empêché ou retardé avec des doses excessivement faibles (1 p. 100.000 ; 1 p. 1.000.000).
Les Bacilles perdent leur acido-résistance et subissent des modifications morphologiques : celles-ci sont maxima à la concentration de 0,6 à 1,3 pour 1.000. Cependant, dans ces conditions, la Sanochrysine ne détruit pas complètement le pouvoir pathogène de cultures en bouillon glycériné, parce que les voiles sont trop épais et qu’il reste des éléments microbiens non atteints par le sel d’or.
Ainsi le médicament atteint le bacille et pénètre son enveloppe de substances grasses. L’expérimentation décida si la Sanochrysine avait véritablement un pouvoir thérapeutique sur l’animal tuberculeux :
Des cobayes furent infectés par des doses croissantes de Bacille bovin, en même temps qu’ils étaient traités par la Sanochrysine; des cobayes témoins reçurent les mêmes doses infectantes. Tous ces animaux furent sacrifiés. Tous les témoins présentaient des lésions de tuberculose généralisée, tous les animaux traités paraissaient absolument sains.
Jusqu'à ce moment, Môllgaard, dans les conditions où il s’était placé, avait démontré que la Sanochrysine était capable de détruire in vivo le Bacille de Koch. Mais certains faits observés parurent lui fournir une nouvelle preuve qu’il s'agissait bien d’une véritable action bactériolytique.
L’on sait (d’après les travaux d’un grand nombre d’auteurs, en particulier Strauss et Gamaleia, Cal-
Poe.
mette et Breton) que les organismes sains et tuberculeux ne réagissent pas de la même façon à l'injection des Bacilles tués et de leurs toxines.
Les corps bacillaires tués, introduits dans un organisme sain déterminent un abcès au point d’injection (voie sous-cutanée) ou la formation de tubercules caséeux dans la plupart des viscères (voie intraveineuse). Mais il est nécessaire d'employer des doses considérables de bacilles (environ 1 mmgr. par kilog).
Au contraire, les sujets tuberculisés, ayant des lésions en évolution, sont beaucoup plus sensibles. Il faut, en effet, des doses infiniment petites de tuberculine pour produire des accidents graves.
Ces notions rappelées, si la Sanochrysine exerce véritablement une action bactériolytique, elle doit mettre en liberté des produits toxiques qui diffuseront dans l’organisme. Il doit donc se produire, à priori, chez des animaux sensibilisés, puisque tuberculeux, les mêmes réactions que l’on observerait, si on leur injectait directement des produits toxiques tuberculeux. On déclanchera donc par la seule injection du médicament une véritable toxhémie qui se traduira, suivant les animaux en expérience, par des accidents plus -ou moins graves. L'auteur apporte, à l’appui de son hypothèse, deux catégories de faits expérimentaux :
a) L’injection de tuberculine (0 gr. 5) tue le cobaye tuberculeux en 6 à 30 heures, si l’on fait cette injection 4 semaines après l’infection expérimentale (expérience de R. Koch). A l’autopsie, on trouve des lésions congestives entourant les foyers tuberculeux (Herd-
reaktionen). Or, si l’on injecte de l’hyposulfite d’or,