‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose pulmonaire par l'hyposulfite double d'or et de sodiumChapitre 31 sur 55 · I. — Le shock · texte numérisé non relu

I. — Le shock

Sous ce nom, les auteurs. danois (Secher, Knud Faber) auxquels nous en emprunterons la description ont rapporté un accident impressionnant qui survient ordinairement avec les doses de 1 gramme. On voit quelques temps après l'injection, le malade accuser une sensation de malaise, pâlir, avoir des sueurs profuses. La température, qui s'était élevée parfois audessus de la normale, s’abaisse brusquement à 365, 36°. Le pouls est rapide, petit, la tension artérielle s’abaisse, les bruits du cœur sont sourds et mal frappés. En même temps s’installe une cyanose progressive et le malade meurt dans le collapsus très rapidement. Tout se borne quelquefois à une menace de Syncope avec chute de la température et de la pression artérielle. Cet accident, isolé le plus souvent, peut coïncider avec d’autres manifestations. Il sur-

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vient, chez tous les malades, aussi bien chez ceux qui sont gravement atteints que chez ceux qui sont peu touchés par la maladie. Témoin l'observation que M. Rist rapporte : femme de 23 ans, avec lésions cavitaires bilatérales évoluant depuis 4 ans, mais avec température peu élevée et bon état général. Après la troisième injection (0,75), état de choc très violent : pâleur, sueurs, cyanose, diarrhée profuse, pouls à 124, température à 39°9. Le lendemain, température à 36°6, pouls à 130, respiration à 60. La mort survient en deux jours.

Et cet autre cas d’Ellis : malade de 19 ans, atteint d’une tuberculose fibro-caséeuse évolutive du poumon gauche, datant de 3 ans, mais sans fièvre au moment du traitement et bon état général. Deux injections de 1 gr. sont données à un jour d'intervalle. : Quatre heures après la dernière : dyspnée, cyanose, œdème pulmonaire, mort en deux heures.

Cet accident ou cet ensemble de manifestations ne se produit d’une manière habituelle qu’avec les doses élevées du médicament (0,75 ou 1 gramme), données à intervalles trop rapprochés.

Dans ces conditions, il ne semble pas s’agir d’une réaction spécifique, mais bien plutôt, comme l'ont fait remarquer Bezançon et Knud Faber, d’un accident analogue au choc colloïdoclasique qu’on observe. quelquefois, au moment de l'introduction brusque

dans le système sanguin d’une substance cristalloïde | (comme l’arsénobenzol par exemple) en solution concentrée. Celui-ci se traduit, en effet, par les mêmes symptômes : collapsus cardiaque, hypotension arté-

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rielle, dyspnée, modifications brusques de la tempéra ture. Les auteurs danois fondaient la spécificité de cet accident sur deux faits : la chute brusque de la température et les réactions pulmonaires (Herdreaktic nen). Or, cette chute brusque n’est pas constante : el'e ne se produit que dans la période précédant la mort. Quant aux manifestations pulmonaires (œdème aigu), elles n’ont rien que de très naturel à cause du déséquilibre circulatoire qui accompagne le choc. D'’ailleurs, pour compléter l’assimilation de cet accident à un choc médicamenteux, le Professeur Bezançon a trouvé chez deux de ses malades d’autres modifications sanguiaes qui sont caractéristiques du choc colloïdoclasique : à savoir, la leucopénie et l’inversion de la formule leucocytaire.

D'ailleurs, cet accident est rare : nous en avons relevé 3 cas sur 88 malades dans les statistiques française et anglaise et toujours avec des doses élevées. Nous n'avons jamais rien observé de semblable chez nos malades. Würtzen qui n’emploie que des doses modérées, n’en a jamais vu chez 61 malades.

Le shock, accident grave et mortel, n’est donc pas à redouter.

Jamais, en employant des petites doses comme nous l'avons fait, on n’aura à s’en préoccuper. Il n'a aucun caractère spécifique, il est uniquement une manifes-

lation de la toxicité des doses élevées de l'hyposulfite d'or.

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