‹ Contribution à l'étude du traitement de la tuberculose pulmonaire par l'hyposulfite double d'or et de sodiumChapitre 51 sur 55 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

G..., 28 ans, ébéniste.

Episode pulmonaire aigu en 1919, ayant nécessité deux mois d’alitement. Accès paludéens à Salonique.

Premiers symptômes d’une atteinte bacillaire en décembre

Entre au Perron le 18 juin 1924 : Malade très amaigri (perte de 12 kgs), tousse et crache abondamment. Température oscillant entre 37°3 et 38°7. Tachycardie. Tension : 115/75. Diarrhée paroxystique : 4 à 5 selles par jour.

Signes physiques : Infiltration du poumon droit limitée au lobe supérieur. A gauche, lésions très étendues : en avant, sous la clavicule, cavité assez volumineuse mais relativement sèche, en arrière, râles humides, de volume variable, avec quelques gargouillements témoignant d’un ramollissement total avec pertes de substances multiples.

Examen radiologique : Pommelures disséminées dans le lobe supérieur droit. Image de spélonque volumineuse à gauche, avec aspect en mie de pain dans le reste du champ pulmonaire. Grosse obscurité de la base.

Amélioration par la cure sanatoriale : Signes d’intoxication ont disparu. La température dépasse rarement 38°. Poids augmente de 6 kilogs, mais pas d’amélioration des signes physiques.

Un an après, apparaissent :

1° Des signes de pneumothorax spontané ;

2° Des lésions laryngées : ulcération des aryténoïdes et de la corde vocale gauche.

La température est de nouveau très élevée, l’état général mauvais.

Premier traitement par l'hyposulfite d’or, du 31 juillet 1925 au 21 décembre 1925 (8 gr.).

Accidents :

1° Après 0,45, le malade présente un exanthème scarlatiniforme, très prurigineux, localisé sur les avant-bras, les cuisses et les genoux; celui-ci disparaît en trois jours.

2° Le .17 août, quelques heures après l’injection de 0,20, élévation de température subite à 41°, accès dyspnéique intense avec légère cyanose; aucun phénomène pulmonaire surajouté.

Dans les urines : Gros disque d’albumine. Cette albumine est très acéto-soluble, ne précipite pas au tube d’Esbach. Dosage par la méthode diaphanométrique (Prof. Florence) 1 gr. 50 0/00.

L’urine renferme, en outre, des LES d’acétone, mais on ne trouve pas de cylindres.

Trois jours après : traces d’albumine. Huit jours après : plus d’albumine.

Pas de modifications importantes : la température prend un type moins élevé, l’expectoration a temporairement diminué. Pas de changements des lésions pulmonaires, mais cicatrisation de l’ulcération de la corde vocale gauche.

On recommence un deuxième traitement, le 11 janvier 1926, mais l’état du malade s’aggrave de plus en plus. On est obligé dans le courant de février de l’interrompre. Au mois de mars, diarrhée séreuse très abondante, albuminurie massive, hypertrophie hépato-splénique, qui fait penser à une dégénèrescence amyloïde. Le malade meurt le 2 mars après être sorti du service quelques jours auparavant.

OBSERVATION XIV (résumée)

G.., 17 ans, cultivateur.

Pleurésie droite à 12 ans. Début apparent de l'affection pulmonaire en avril 1925, par des hémoptysies répétées.

En janvier 1926, après une courte amélioration due à un séjour dans un sanatorium, signes généraux et fonctionnels très accusés. Apparition d’une fistule anale.

Entre au Perron le 28 mai 1926, pâle, très amaigri (46 kgs), anorexique, toussant et crachant beaucoup. Température très irrégulière, oscillant entre 38° et 40°; tension : 95/60.

Signes physiques : À gauche, signes récents d'infiltration apicale et à droite, lésions très étendues : signes cavitaires au sommet, gros râles humides jusqu’à la base.

A la radioscopie : Sommet gauche obscur ; à droite, images cavitaires dans le lobe supérieur. Dans le reste du champ pulmonaire, grosses pommelures.

Le malade mis au traitement reçoit 3 gr. sans accident. Mais devant la persistance des signes généraux et fonctionnels, on cesse le traitement. Le malade sort du service peu de temps après : il est mort au mois d’août 1926.

OBSERVATION XV (résumée)

BB: 10 ans:

Contaminé par sa mère bacillaire, morte au mois de juillet 1926. Evolution d’une forme très rapide de tuberculose.

En effet, au mois d’août 1926, malade pâle, ayant perdu 5 kgs (poids 38 kgs 300), restant alité, anorexique à température très élevée (38°5-39°), à tension de 100/60, présentant les signes physiques d’une tuberculose caséeuse bronchopnéeumonique rapidement extensive.

Le malade ne reçoit que 1 gr. 30 d’hyposulfite. On cesse le traitement à cause de la fatigue considérable amenée par chaque injection. Le malade meurt d’ailleurs le 26 octobre 1926.

OBSERVATION XVI (résumée)

N32ans:

Début apparent de l’affection en septembre 1925. 3 mois plus tard, épisode pulmonaire aigu avec température à 40°. Depuis cette époque, la température n’est jamais descendue au-dessous de 38°2.

À son entrée, malade très amaigri (perte de 14 kilogs en 8 mois), présentant des signes d’intoxication : sueurs nocturnes, tachycardie, anorexie, expectoration très abondante. La température atteint fréquemment 40°. Signes pulmonaires bilatéraux : ramollissement de tout le lobe supérieur droit. À gauche, signes cavitaires très accentués, nombreux râles humides descendant jusqu’à la pointe de l’omoplate. Tuberculose ulcéro-caséeuse très avancée.

Malgré cet état, on commence un traitement à l’hyposulfite d’or, le 5 mars 1926. Le malade reçoit 2 gr. 20 sans les réactions qu’on aurait pu craindre à cause de son état. On cesse à ce moment, car le malade évolue rapidement vers une terminaison fatale : la température est de plus en plus irrégulière, la cachexie s’accuse de plus en plus. Mort le 2 avril.

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