‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Tuberculose pulmonaire par les Injections intra-trachéales d'huile goménoléeChapitre 11 sur 17 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Absorption par les voies aériennes

Les gaz ne sont pas les seuls agents physiques absorbés rapidement. par la muqueuse respiratoire. Colin a montré, par des expériences faites sur l'animal, que les liquides eux-mêmes sont susceptibles d'être rapidement absorbés. Un cheval reçut en six heures 25 lilres d’eau tiède par une incision trachéale ; toutes les deux heures on enlevait par une saignée 6 kilogrammes de sang. La muqueuse respiratoire -absorba loule l'eau sans inconvénicnt pour l'animal.

Richet démontra, de plus, que la vitesse d'absorption de la muqueuse respiratoire est beaucoup plus grande que par la voie digestive, aussi n'est-ce point sans raison que Béclard écrivait en 1867 dans son Traité de thérapeutique des voies respiraloires : « Nous sommes certain que la voie bronchique, comparée à la voie stomacale ou digestive, est plus large, plus apte et mieux placée à l’absorption des substances médicamenteuses. »

La muqueuse respiratoire possède, en outre, une remarquable tolérance : lorsqu'un malade reçoit par inadvertance du liquide médicamenteux dans sou œsophage, il éprouve une sensalion beaucoup plus pénible que celle qu'il ressent lorsque linjeclion, bien dirigée, pénètre dans les voies aériennes el les parcourt.

Lévi (de Pise) a expérimentalement démontré que l'on pouvait injecter dans la trachée des solutions de nitrate d'argent à 5 pour 100 sans réaction aucune, alors que la même solulion se montre fortement caustique vis-à-vis des voies digestives.

Cela tient peut-être à la prodigieuse rapidité d’absorplion de

OR

la muqueuse aérienne, En tout cas, cette tolérance remarquable de la muqueuse laryngo-trachéale pour les injections médicamenteuses contraste étrangement avec la révolte énergique qu'elle oppose lorsqu'on « avale de travers », fût-ce une simple goutte d'eau.

Mendel et Verdier donnent de ce fait une explication assez peu satisfaisante : Le réflexe en question ne se produirait, d'après eux, qu'à l’occasion de la déglutition. « La langue à ce moment, dit Verdier, doit se trouver en élat de défense et jouit probablement d'une irritabiité plus grande. La déglutition manquée donne alors lieu à une sorte de « boilerie » qui aboutit au spasme si caractéristique que chacun connait. »

Comment agit le médicament ?

Probablement ainsi : 4° L'huile calme l'irritation du tissu pulmonaire ; 2° l’antiseptique, lui, exerce une vérilable cautérisalion locale. Les principes volatifs qui le constituent empêchent le malade de se réinfecter plus loin et le mettent à même de lutter contre l'envahissement par le bacille. Cette médication a donc le double avantage d'agir directement à l'endroit malade et, par suite, d'éviter l'intermédiaire des voies digestives qu'il faut toujours beaucoup ménager chez les tuberculeux.

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