‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Tuberculose pulmonaire par les Injections intra-trachéales d'huile goménoléeChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Du choix de l'agent thérapeutique

Tous les agents antiseptiques ont été prônés plus ou moins par les différents auteurs pour le traitement de la tuberculose pulmonaire par la voie trachéale.

. Horace Green, l'inventeur de la méthode, injectait chaque fois 4 grammes d’une solution de nitrate d'argent à 6 pour 100 environ.

Cependant les substances volatiles paraissent logiquement devoir être préférées à toutes les autres pour la médication intra-trachéale.

Beetrag, Byron Bramwell, Rendu, Gougenheim, Péré ont employé l'huile mentholée.

Garel et Louis Dor préfèrent l'huile créosotée.

Stewart unit ces deux médicaments.

Coromilas conseille la formule suivante :

RÉ DPONLe SR M E ER eE L Pate 1 gr. 40 CORDES EE A ARE à ne: 4 gr. 50

He MOINE rer ee Musee. .. 20 grammes BuLIUre de CATDOnER. Me En orne XXX à XL gouttes

2 centimètres cubes environ.

Mendel (1899) employait une formule complexe ou ‘entraient de l'iodoforme, du gaïacol, du menthol, du bromolorme et diverses essences : thym, eucalyptus, cannelle.

Delor, en 1901, préconisait le phosphite de gaïacol.

Mendel, en 14905, employait l'huile eucalyptolée de 1 à 10 pour 100, à raison de 9 centimètres cubes par jour.

Enfin, de La Foulhouze, en 1905, vantait les bons effets de l'huile goménolée à 40 pour 100. Cet auteur, se basant sur les excellents résultats obtenus par l'usage de ce médicament employé dans le traitement des cystites tuberculeuses et mème de la tuberculose pulmonaire en injections sous-cutanées (Lafont, thèse de Paris 1899), eut l'idée d'administrer le goménol par voie intra-trachéale.

Main a démontré la loxicilté très faible de ce produit: il injeclait au lapin 4 grammes par kilo d'animal sans provoquer le moindre phénomène fâcheux. Localement, il n’est pas plus irritant. Une goutte d'huile goménolée forte (goménol et huile à parties égales) projetée dans l'œil d'un lapin ne détermine aucun trouble autre qu'une très légère rougeur de la conjonctive. Cette absence de toxicité et de causlicité font du goménol un antiseptique de choix pour l'usage intra-lrachéal. Mais, ce qui est mieux encore, le goménol possède un grand pouvoir bactéricide. Forné a étudié l’action de ce produit sur le bacille tuberculeux : il à trouvé que l'addition de 5 pour 100 de goménol à du bouiilon récemment ensemencé avec du bacille de Koch ne se troublait plus après séjour à l’éluve. Le réensemencement de ce milieu sur gélose glycérinée ne donnait point de culture. Enfin l'examen microscopique ne révélait point de bacilles.

De La Foulhouze utilisait la formule suivante :

CORÉRONR ER SNE S AS 10 grammes Huile d'olive stérilisée ......... 100 centimètres cubes

Il faisait trois injections par jour de 3 centimètres cubes chacune, à quelques secondes d'intervalle. Au début du traitement, il employait une huile moins goménolée. Pour cela, il étendait sa solution mère à 10 pour 100 à l’aide d'huile simple stérilisée, au moment même de l'emploi. Il augmentait ainsi progressivement le litre de son huile, ainsi que le nombre d'injections, alin d'arriver au bout de quelques jours à l'injection quotidienne de 9 centimètres cubes d'huile à 10 pour 100 de goménol.

Personnellement, nous avons commencé par injecter des solu-

EE 2 tions titrant seulement 5 pour 100 de goménol. Nous avons expérimenté dans la suite des solutions plus fortes et la pratique nous à montré que l’on pouvait sans danger atteindre le titre de 20 pour 100, d’un pouvoir antiseptique plus considérable sans être notablement plus caustique. De plus, l'huile goménolée au 1/5 favorise beaucoup plus l’expectoration ; les crachäts sont plus liquides et plus facilement rejetés.

Bien entendu, le véhicule était toujours d'huile d'olive stérilisée. Il est, en effet, démontré depuis longtemps (Dor et Garel) que l'emploi d'huile de vaseline peut produire des embolies pulmonaires et des infarctus. |

Nous n'avons jamais ajouté de cocaïne au liquide employé, comme le faisait Marangos. Malgré cela, jamais nous n'avons eu d'accès de toux violent.

La plupart du temps, le malade accuse après l'injection une agréable sensation de fraicheur. De plus, Mendel et de La Foulhouze ont démontré, par toute une série de remarquables expériences une augmentation très réelle et très nette de l'amplitude respiratoire. Nous verrons plus loin, tout à l'heure, que là ne s'arrêtent point les bons eflets de la médication goménolée intratrachéale : l’expectoration, la dyspnée, la toux, parlois les signes stéthoscopiques eux-mêmes sont heureusementinfluencés.

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