‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Tuberculose pulmonaire par les Injections intra-trachéales d'huile goménoléeChapitre 8 sur 17 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

Exposé des méthodes d’injections intra-trachéales

Pruneau décrit quatre méthodes :

1° Naso-pharyngienne,

2° Bucco-pharyngienne,

3° Intra-trachéale transglottique,

4° Intra-trachéale directe.

Nous allons éludier succinctement ces procédés, et nous verrons que, seuls, les deux derniers permettent de réaliser de façon certaine le but à atteindre, l'arrivée du liquide antiseptique: jusqu’à la muqueuse respiratoire.

La méthode naso-pharyngienne, décrite pour la première fois en 1905 par Marangos, consiste à introduire une sonde à bout en gomme, du n° 14, dans l’une des narines et à la pousser jusqu’à ce qu'elle dépasse le bord libre du voile du palais, ce qui est réalisé chez l'adulte lorsque la sonde a pénétré de 13 à 14 centimètres. Le malade doit rejeter la tête un peu en arrière et respirer normalement. On pousse alors l'injection goutte à goutte par de petits coups de piston intermittents que l’on fait coïncider avec les mouvements d'inspiration. L'auteur dit que si les gouttes sont suffisamment petites et que si elles sont projetées au bon moment, le courant d'air entraine chacune d'elles dans la trachée.

Ceci peut être admis, en effet, mais alors l'opération est bien longue et bien désagréable. De plus, cette méthode provoque souvent, dès les premières gouttes, une toux quinteuse qui rend bien problématique, lorsqu'elle survient, la descente du liquide jusqu'au poumon.

SNA

Decréquy, modifiant légèrement la technique de Marangos, pousse les choses plus avant : il cherche à faire pénétrer la je sonde plus loin, et, profitant d'un mouvement inspiraloire profond, lui fait franchir la glotte. L'injection est donc certainement intra-trachéale, mais le procédé qu'il décrit est difficilement réalisable, 11 nécessite des tâälonnements souvent longs et toujours très pénibles pour le malade. Pruneau l'a expérimenté sur le cadavre humain et à conslalé que très souvent la sonde pénétrail dans l’œæsophage, d'un calhétérisme beaucoup plus facile que le larynx.

La méthode bucco-pharyngienne à élé préconisée par Mendel en 1898. Cel auteur part du principe suivant : « Au repos, le tube digestif est fermé ; la glotte, au contraire est béante. Si donc on injecte un liquide contre la paroi du pharynx, ce liquide suivra le mème trajet que l'air et pénétrera dans les voies aériennes puisque l'œsophage garde ses parois accolées ». Et Mendel, pour appuyer sa thèse, présentait en novembre 490%, à la Société médicale des hôpitaux de Paris, un homme trachéotomisé auquel il faisait une injection d'huile d'olive teintée par l’orcanette : Une partie du liquide ressortit par la plaie trachéale, le reste élant descendu rapidement, disait-il, vers les poumons.

Mendel recommande deux procédés d'injections :

Le premier, qu'il désigne sous le nom de variélé médiane, est réservé aux peliles injections. Il projette { centimètre cube de liquide contre la paroi postérieure du pharynx, en passant audessus de l’épiglotte. Une dose plus forte, injectée selon cette manière, pourrait séjourner sur l’encoche que forme la paroi du larynx el la paroi postérieure du pharynx : elle serait recrachée par le malade.

Le second procédé, dénommé variété latérale, est utilisé pour les grandes injections : la langue du malade est fortement lirée hors de la bouche, la canule est introduite, puis obliquée latéralement el manœuvrée de façon à déprimer légèrement en dehors le pilier antérieur du voile du palais. L'extrémité de la canule vise alors obliquement la paroi pharyngienne latérale,

De.

contre laquelle on projette avec force le liquide, à hauteur du sillon glosso-épigloltique.

Le procédé de Mendel, longtemps et souvent employé, a été criliqué par Marangos qui fait remarquer que l'orilice œsophagien élant situé plus bas que l’orilice laryngien, le liquide ne s’introduit dans les voies aériennes que par débordement, après répléüion du bas-fond rétro-laryngé.

Des expériences faites sur des chiens, par Pruneau, à Lyon, en 1907, ont démontré le bien fondé de la critique de Marangos.

Nous en arrivons maintenant à la méthode intra-trachéale transglottique, adoptée par Beectrag, Dor, Garel, Coromilas, Rosenthal, G.-A. Weill, Clerc, Ruault, Lermoyez, de La Jarrige, Bossu, etc, c’est une méthode qualiliable à juste litre d’intra-trachéale. Point n’est besoin d'expériences pour démontrer que le liquide injecté passe en tolalité dans les voies aériennes, C’est le procédé que nous avons adopté pour toutes nos injections, comme nous paraissant préférable à tous les autres.

Aussi allons-nous décrire en détail la technique que nous avons employée, ainsi que l’instrumentalion dont nous nous sommes servi.

Nous avons demandé à la maison Mathieu (de Paris) de construire une seringue et une canule telles que les montre Ja figure 4. La seringue est d’un modèle analogue à celui recommandé par Mendel, mais d’une contenance supérieure, 10 centimètres cubes au lieu de 3. Nous l'avons fait munir de trois anneaux : un à l’extrémité de la tige du piston, pour le pouce droit, deux latéraux, fixés au corps de pompe et deslinés à l'index et au médius de la même main. Gelle disposition permet une prise commode et solide de l'instrument.

Le piston est garni de cuir. Le corps de pompe est en verre.

La canule s’adaple à l'extrémité de la seringue par un ajutage lileté. La courbure qui nous à paru être la meilleure est celle de la canule que représente la figure 1, elle est la même que celle de la base de la langue lorsque cel organe est liré

hors de la bouche. Les deux portions font entre elles un angle de 118° environ. Après différents essais nous nous sommes arrêté à ce modèle qui nous semble plus commode que celui de Mendel. Nous n'avons pas cru devoir utiliser une canule à extrémité redressée, comme Rosenthaï et Will le faisaient.

culin et surtout, ce qui différencie notre modèle des autres, c'est son extrémilé trachéale. Nous l'avons fait faire légèrement olivaire et non perforé à son extrémité, mais muni de quatre œilletons latéraux deslinés à projeter le liquide comme le ferait une pomme d'arrosoir. Nous croyons qu'injecté de celte manière le médicament, divisé en très fines gouttelettes, est rendu apte à une

bien meilleure descente el à une absorption plus facile par la muqueuse respiratoire.

Notre instrument décrit, voici

(£ LLRRATRREUE 1!

comment nous opérons :

Disons tout d’abord qu'il nous parait préférable d'opérer à la lumière artilicielle, dans une pièce obscure, mais qu'à défaut des instruments éclairants que nécessité celle manière de procéder il est très possible de pratiquer l'injection à la lumière du jour, près d'une fenètre en face de laquelle on placera le patient.

Nous avons donc réalisé l'obseurité dans notre pièce; nous nous - Le

; 2 06 Fioure 1, réduite d'un tiers.

munissons du miroir de Clar ou à défaut d'un miroir frontal simple réfléchissant la lumière d’une

bonne lampe. La seringue, dûment remplie de la solution à

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