‹ Contribution à l'étude du Traitement de la Tuberculose pulmonaire par les Injections intra-trachéales d'huile goménoléeChapitre 9 sur 17 · MATE · texte numérisé non relu

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injecter, purgée soigneusement de l’air qu'elle pouvait contenir et munie de sa canule, est placée sur un plateau, à la droite du médecin, en compagnie d’un miroir laryngien.

L'opérateur à, en plus, à sa portée quelques compresses, une boite de serviettes, une solution de cocaïne à 2 pour 100.

Un crachoir est à portée du malade ainsi qu'un verre d’eau qui lui permettra de se rincer la bouche.

Le malade est placé sur un siège un peu haut, nous nous asseyons en face de lui, ses jambes entre les nôtres. Nous lui faisons ouvrir la bouche et le prions de maintenir lui-même sa langue à l’aide de sa main droite recouverte d’une compresse. Nous tâtons alors sa susceptibilité laryngée à l’aide du miroir laryngien légèrement chauffé. Si celle-ci est exagérée, nous cocaïnons le larynx par un badigeonnage à l’aide de la solution à 2 pour 100. De la main gauche nous tenons notre miroir laryngien, que nous conduisons selon la technique ordinaire. Nous voyons nettement les cordes vocales. La seringue, tenue de la main droite, est manœuvrée de telle façon que le bec de la canule apparaisse dans le miroir un peu au-dessous de l’épiglotte. En levant le coude, on fait pénétrer le bec dans le vestibule laryngé sans en toucher les parois. On ordonne au malade de respirer profondément : les cordes vocales s’écartent; on en profite pour introduire la canule à travers et jusque sous l’espace glottique, puis on injecte rapidement le liquide contenu dans la seringue.

Cette manière de procéder nous paraît préférable à celle qui se passe du secours du miroir et qui utilise le doigt comme guide. Si le contact du miroir laryngien est désagréable, celui du doigt l’est bien plus encore.

L’injection faite, nous maintenons la langue hors de la bouche pendant deux ou trois minutes encore, puis nous faisons cracher et gargariser le patient afin de lui éviter, autant que possible, la sensation désagréable que produisent les quelques gouttes de liquide médicamenteux qui peuvent être en contact avec la muqueuse buccale et pharyngée. Très souvent, le malade éprouve après l'injection une quinte de toux assez vive,

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mais qui dure très peu de temps et cesse après l'expulsion de quelques crachats. I peut arriver qu'à la suite d'un mouvement du malade ou d'un réflexe nauséeux l'injection pénètre dans l'œsophage. Le patient éprouve alors une sensation de brûlure stomacale qui généralement disparait vite : ce petit incident n'a jamais de suite fâcheuse. L'injection intra-trachéale doit, à notre avis, être pratiquée le matin, entre le petit déjeuner et le repas de midi.

La dernière méthode, décrite par Delor dans sa thèse (Paris, 1901) sous le nom de trachéale directe ulilisela ponction dela trachée. Duboué, Bergéon, Rosenthal et Weill ont les premiers préconisé cette manière d'opérer.

Voici, d’après Delor, la technique opératoire :

« On emploie, dit-il, une aiguille creuse du calibre d'une aiguille à sérum. La longueur de la partie pénétrante est 18 millimètres. Son canon est monté par des pivots horizontaux sur son cadre, de sorte que le cadre étant collodionné à la peau peul suivre les mouvements de la trachée.

» Le cadre, dont le centre est découvert, permet de surveiller l'orilice de pénétration Ge la peau.

» Le malade a la tête légèrement fléchie en avant; l'aiguille élant fixée sur une sorte de mandrin, dont on lient le manche à la main, est enfoncée d’un seul coup perpendiculairement audessus du cricoïde. Après s'être assuré de sa perméabilité, on la raccorde avec un caoutchouc par lequel on injecte le liquide aussi lentement que l'on veut, le malade étant couché ou assis. ar celle méthode, il n'y a ni toux, ni spasme. Le volume injectable est beaucoup plus considérable que par la voie buccale : nous n'en avons pas encore déterminé le maximum utilisable ; il doit être très éloigné, d'après les expériences de Colin, surtout si l'on a soin d'injecler goutte à goutte. Aussi, le cadre élant collodionné, on peut laisser l'injection pénétrer d'elle-même en élevant le récipient contenant le liquide.

» Il est possible de laisser notre aiguille à demeure huit jours sans inconvénient el de répéter tous les jours l'injection ;

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0e dans l’intervaile on laisse le mandrin, qui suffit à empêcher la pénétration de l'air. »

Gette méthode est certainement une méthode de choix : simplicité, une vulgaire seringue de Lüer suffit; facilité et innocuité, pas d’organe courant le risque d’être atteint. On a prétendu qu'il était possible de blesser la paroi postérieure de la trachée ; avouons qu'il faudrait vouloir le faire « exprès ». IL est peu douloureux et, au même titre que le procédé précédent (intra-trachéal transglottique), assure le passage intégral de l'agent médicamenteux dans la trachée et les bronches.

Nous ne l'avons point employé, car nous avions aflaire à des gens très timorés que la vue seule de seringue à injection hypodermique effrayait et qui n’eussent jamais consenti à se laisser «piquer le gosier », tandis qu'ils subissaient, sans trop se plaindre, l'injection intra-trachéale transglottique.

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