OBSERVATION XV
M. M..., sommelier, 42 ans, d'une excellente santé, un peu alcoolique, se plaint d'un enrouement tellement intense que depuis quelques mois il peut à peine se faire entendre, surtout vers l’heure du dîner, moment auquel il lui ést arrivé plusieurs fois de demeurer complètement aphone. Sa gorge est rouge, son larynx présente une sécrétion visqueuse caractéristique, et la muqueuse en est rouge-vif. Nous le meltons à notre traitement (badigeonnages et pulvérisations), au bout de quatre ou cinq séances sa voix est notablement éclaircie, sauf le soir où elle continue à se voiler toujours beaucoup. Le malade, il est vrai, se soigne assez mal, car il est très bavard, boit beaucoup d’alcool et se tient constammeat dans un endroit froid et humide, Au moment où nous approchions d’un résultat très favorable, car sa voix avait repris presque toute sa force, sinon sa nelteté (9 séance), il cesse de venir nous voir, et nous le revoyons quinze jours après beaucoup moins bien, nous avons
recommencé le traitement, mais avec mauvais courage, carnotre malade se refuse absolument à suivre toutes les indications hygiéniques que nous lui donnons. Sans cela, la guérison se-
rait déjà venue.
OBseRvATION XVI
M'ie E. L..., 16 ans, pensionnaire au couvent du Bourget.
Orpheline ; sa mère était très nerveuse et elle-même l’est beaucoup, elle présente un assez fort embonpoint, souffre de migraines très fréquentes, pas de zônes d’anesthésie. Pas de lésion ni au poumon ni au cœur.
Elle n'avait jamais présenté aucun trouble de la voix, qu’elle avait même assez développée, grâce à des exercices de chant d’ailleurs très modérés.
Cette jeune fille nous raconte qu’elle fut prise subitement il y à trois semaines environ de raucité de la voix allant même jusqu’à la perte complète de la production du son ; et cela. sans aucune cause appréciable à laquelle elle puisse rio les troubles. ;
La gorge nous apparut normale, la muqueuse du laryox très pâle, et en examinant attentivement nous pûmes constater que les cordes vocales ne se rapprochaient pas complètement et laissaient pendant l'effort accompli pour émettre un son, toujours un espace angulaire assez notable.
. Nous conclûmes à des troubles de la molilité d'origine hystérique, la nature des troubles fonctionnels confirmant pleine-. ment ce diagnostic ; la malade en effet perdait la voix tout à coup et complètement, pour la retrouver claire et normale, quelques heures après, et la reperdre ensuite à nouveau. Bien. que pensant que l’électrisation serait la vraie. méthode cura-
Jaryngés.
Sue
tive nous essayons cependant d’exciter la muqueuse laryngée
avec des cautérisations d’antipyrine ; dès le lendemain de la première application la raucité de la voix avait disparu, nous
continuâmes et désormais notre jeune malade eut toujours la voix claire, la seule chose dont elle se plaignit fut la perte
subite de la voix pendant quelques instants et cela plusieurs
= fois par jour quoique bien moins fréquemment qu'auparavant.
Grâce à l'électricité, la guérison fut obtenue bientôt, couron-
nant ainsi l’œuvre fort bien commencée par les applications. P
d’antipyrine, qui ont agi évidemment en stimulant les muscles
Le Tanneur 7
r CONCLUSION Il résulte de tout ce que nous avons exposé, des faits Se cliniques que nous avons recueillis, et des observations
que nous venons de passer en revue.
1° Que l’antipyrine employée localement, soit en pulvérisations, soit en badigeonnages, fais avec une solution variant de 40 à 80 pour 100, agit sur le larynx comme un antiseptique puissant, susceptible de guérir en cette qualité les laryngites dont l’origine parasitaire n’est pas démontrée, mais est très probable.
9° Que les cas de toux quinteuse, opiniàtre et pénible, les déglutitions douloureuses, les hypéresthésies et les paresthésies, de quelque nature soient-elles, sont rapidement et radicalement guéries par l'usage de l’antipyrine, commenous venons de l'indiquer. #
Nous croyons n'avoir fait ici que donner une application de plus, qui nous l’espérons pourra être de quelque utilité, aux propriétés si nombreuses découvertes par M. le professeur Germain Sée, à l’antipyrine, propriétés sur lesquelles notre éminent maître a rallié toutes les opinions même les plus hésitantes.
Vu par le Président de la thèse, SEE Vu par le Doyen, BROUARDEL Vu et permis d'imprimer, Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, GREARD
mn BEN: JUUVE, Imprimeur de la Faculté de Médecine, 15, rue Racine, PARIS.
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