LA LYMPHANGITE DU SEIN
Tout abcès n’est pas précédé de lymphangite, toute lymphangite ne se complique pas d’abcès. Mais il est difficile de nier les rapports étroits de ces deux affections qui reconnaissent la même origine : le staphylocoque et qui bien souvent se succèdent. Il importe de bien savoir faire le départ entre les deux.
Voici comment se présentent les choses la plupart du temps : Faisant généralement suite à une crevasse, la lymphangite apparaît vers le 8° ou 10° jour. Elle va se révéler par une douleur cuisante au niveau du sein,
mais surtout par une brusque élévation de la tempéra-
ture à 40°, accompagnée souvent d’un frisson. L’inspection va montré sur le sein une petite plaque rouge filant vers l’aisselle où l’on peut sentir des ganglions : le diagnostic est fait.
Mais parfois, les signes physiques, rougeur et traînée vers l’aisselle n’apparaissent que quelques heures,
LR ODA
voire 24 heures après l’ascension brutale de la température. Le diagnostic de lymphangite est alors très difficile et le frisson fait redouter une complication utérine grave. Au bout de 24 heures, il n’y a plus d’hésitation possible,
« Ce coup de tonnerre » ne doit être également qu’un « feu de paille ». Le traitement très simple par compresses humides doîït suffire à faire retomber la température à 37° dans les 24 heures.
Si la courbe thermique ne dessine pas le clocher typique, si la température n’est pas à 37 le lendemain, il faut se méfier : l’abcès est sous roche, nous verrons plus loin la conduite à tenir dans ce cas.
De toute façon, il ne va pas devenir aussitôt évident, et il faut conter sur une phase de latence qui peut durer jusqu’à une semaine pendant laquelle.les signes physiques et fonctionnels seront au minimum et la température évoluant légèrement entre 37°5 et 38°.