‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Abcès du SeinChapitre 23 sur 31 · ESC TN · texte numérisé non relu

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— c’est une intervention à ciel ouvert; — le drainage est automatiquement déclive; — Elle est esthétique.

Elle a néanmoins quelques inconvénients :

— c'est une véritable intervention, exigeant une bonne installation chirurgicale;

—— elle oblige quelquefois à traverser une épaisseur importante de tissu sain, par exemple, quand on a affaire à un abcès d’un quadrant supérieur, ou à un abcès superficiel.

A côté de ces méthodes, nous pensons donc qu’il y a place pour celle que nous allons décrire maintenant. Nous la décrirons aussi minutieusement que possible, non pas qu’elle soit compliquée, mais parce que nous estimons que la non-observation d’un détail peut suffire à entraîner un échec.

Date de l'intervention. — Il convient d’inciser l’abcès à un moment donné : ni trop tôt, ni trop ‘ard.

Les inconvénients de l’incision trop tardive tombent sous le sens. On laisse en effet l’abcès se compliquer de fusées purulentes gagnant les lobes glandulaires voisins.

L’abcès ou plus exactement les abcès ne peuvent alors guérir que grâce à de grandes incisions mutilatrices aboutissant à la perte fonctionnelle de la glande et à des résultats esthétiques déplorables.

Devant une telle éventualité la voie d’abord sousmammaire, avec décollement du sein (BARDENNHEUER)

est la seule à retenir.

ART 17e

L'incision trop tardive aboutit donc à un véritable désastre.

Mais sincision trop précoce présente également de sérieux inconvénients. En effet, si l’on intervient trop tôt, avant la phase d’abcès collecté, alors qu’il n’existe encore que quelques gouttes de pus, la découverte de cette poche minuscule, noyée au centre d’un bloc inflammatoire, est délicate. Au cours de sa recherche on risque de s’égarer en tissu sain et d’ensemencer ce tissu artificiellement, provoquant ainsi une diffusion de l’abcès.

De plus, on risque de respecter et par conséquent de ne pas draîner certaines zones du bloc inflammatoire qui dès ce moment, sont cependant vouées à la süuppuration et qui nécessiteront une ou plusieurs interventions ultérieures.

Il faut donc inciser au moment voulu.

Quels sont les signes qui permettront d'affirmer que Jabcès est mûr, bon à ouvrir ?

On ne se basera pas sur la douleur essentiellement trompeuse. En effet, la douleur est un signe purement subjectif dont l'intensité échappe complètement à l'appréciation du médecin.

Il est de pratique courante d'observer les malades qui se plaignent de douleurs insupportables, alors que leur abcès ne doit pas être encore ouvert, tandis que les autres, chez lesquels le pus est déjà bien ccilecté, n’accusent qu’une douleur modérée.

La température ne peut pas non plus servir à fixer la date de l'intervention.

DENT Rae

Celle-ci, nous l'avons vue, reste d’ailleurs presque toujours modérée, surtout lorsqu'on la compare à la flambée thermique de la lymphangite du sein.

Certes, quelques auteurs ont décrit que, lorsque l’abcès est bien collecté, la température subit une légère baïsse momentanée, ce fléchissement précédant luimême de quelques jours une phase de température hectique avec grandes oscillations. :

Mais cette phase de rémission thermique nous est apparue bien incontestante et il est indiscutable qu’il ne faut jamais attendre le stade des oscillations thermiques pour intervenir.

D'autre part, les injections de propidon unarimement utilisées à ce stade, modifient artificiellement ct d’une façon très sensible la courbe thermique.

Ainsi donc ni les caractères de la douleur ni ceux de la température ne peuvent décider de la date de l’intervention.

Ou n’attendra pas, bien entendu non plus, lapparition d’une tuméfaction du sein avec rougeur de la peau et fluctuation à ce niveau.

Le signe qui à notre avis suffit et commande l’intervention est le suivant : « l’apparition d’un léger œdème cutané laissant un godet à la pression du doigt, godet dont le fond est blanc jaunâtre ».

Ce signe nous apparaît suffisamment fidèle pour fixer à lui seul le moment où l’on doit intervenir. C’est toujours à lui que nous avons eu recours, et nous nous en sommes toujours bien trouvés, jamais à l’intervention, il ne nous a révélé de surprise.

Le choix de l’anesthésie. — L’anesthésie s'impose, comme nous le verrons, pour inciser correctement un abcès du sein.

Quel mode d’anesthésie, doit-on utiliser ?

L’anesthésie locale est à rejeter, et ceci pour les raisons suivantes :

___ Ja novocaine ou ses dérivés agissent mal srr des tissus inflammatoires;

__ Jes injections risqueraient d’ensemencer à distance les tissus sains.

Il faut donc avoir recours à une anesthésie générale.

N'importe quel anesthésique général peut être utilisé. Mais nous donnons nettement la préférence au chlorure d’éthyle par inhalation.

__ Il est amplement suffisant au point de vue durée, l'intervention ne dépassant jamais cinq minutes.

— Il présente par lui-même des avantages bien connus qui dans ce cas présent, prennent toute leur valeur : début de l’anesthésie beaucoup moins désagréable qu'avec l’éther et les produits similaires (Balso, Schleich). Réveil beaucoup plus rapide et beaucoup moins pénible sans nausées et sans vomissements le plus souvent.

__ Jl ne demande pas un appareillage compliqué, ce qui permet de l’employer avec des moyens de fortune : une simple compresse suffit à la rigueur. Nous préférons néanmoins nous servir d’un appareil conçu

pour cet emploi, en particulier celui à stiligoutte, la

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