‹ Contribution À L'Étude Du Traitement Des Arthrites Gonococciques Par La SérothérapieChapitre 11 sur 16 · PRÉCOCITÉ DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRÉCOCITÉ DU TRAITEMENT

Nous estimons que le traitement doit être appliqué dès le début de l’arthrite. Plus la maladie a été prise près de son début, plus les résultats obtenus ont été brillants.

L'étude de ces observations démontre, en effet, le bénéfice que le malade retire de cette précocité.

C’est ainsi que dans l’observation n° 1, le malade entré le 20 janvier pour une grave arthrite pseudophlegmoneuse du genou droit, a pu sortir de l’hôpital 19 jours plus tard complètement guéri.

Dans l'observation n° 3, qui concerne également une arthrite du genou, le malade, entré le 13 juillet 1933, sort le 1‘ août (17 jours plus tard) complètement guéri, après avoir reçu 140 centimètres cubes de sérum en trois injections.

De même dans l’observation 7, le malade a été complètement guéri en l’espace de trois semaines ; tandis que dans l’observation 5, le malade n’ayant été traité qu’au bout de dix jours, a guéri complètement, mais plus lentement ; entré le 19 juin 1934, il n’est sorti que le 6 septembre 1954 (deux mois et demi plus tard).

Dans les observations 2 et 10 qui ne relatent que des résultats moyens, nous pouvons remarquer également que les malades ont été traités : l’un avec trois semaines, l’autre avec quinze jours de retard.

Le résultat nul de l’observation 6 paraît bien être dû également au retard apporté à l’application du

traitement.

Peut-on dire que ce sont ces retards qui ont empéché l’heureux effet du sérum ? L’ensemble de ces observations tend à le prouver.

Toutefois, si ce retard peut être une cause d’échec, il est bon d’essayer tout de même de faire bénéficier de la sérothérapie une arthrite en évolution.

C’est ainsi que nous avons pu assister ces derniers jours à un très beau résultat de la sérothérapie appliquée avec plus d’un mois de retard et noté dans l'observation 13. Ce malade, atteint d’arthrite pseudophlegmoneuse du cou-de-pied droit, depuis le 23 août 1936, et d’abord traité par l’immobilisation dans une gouttière, les injections de vaccin antigonococcique, le salicylate de soude et les applications de salicylate de méthyle, n’entre dans le service du Professeur Yves Bureau que le 28 septembre 1936. À ce moment, l'articulation malade est moins douloureuse, maïs elle commence à s’ankyloser. Dès son entrée dans le service, il reçoit 80 centimètres cubes de sérum ; cette dose est renouvelée les jours suivants ; il reçoit une dose totale de 240 centimètres cubes de sérum. A l'heure actuelle (13 octobre), la mobilisation est encore un peu douloureuse, mais le malade peut faire le tour de la salle en s’aidant d’une canne.

Ce résultat nous prouve qu’il est bon de ne pas négliger l'application de la sérothérapie tant que l’arthrite conserve la possibilité d’être traitée, et qu’une évolution vers l’ankylose peut encore être amendée par cette méthode.

ns . s… y, 7 Q / C'est ici que l’innocuité des voies sous-cutanées et

Eire

intramusculaires apparaît d'autant plus importante qu’elle permet d’essayer un traitement qui, s’il ne produit pas son efficacité habituelle, ne présentera du moins aucun danger.

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