‹ Contribution À L'Étude Du Traitement Des Arthrites Gonococciques Par La SérothérapieChapitre 12 sur 16 · IMPORTANCE DE LA DOSE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE LA DOSE

S'il est indispensable de traiter précocement larthrite gonococcique, il est également utile d’injecter d'emblée une dose forte de sérum, pour que les antitoxines se développent rapidement.

On sait que pour beaucoup d’auteurs (Debré), seules les premières doses de sérum seraient actives.

De plus, ces doses doivent être rapprochées et peu nombreuses.

On ne peut instituer de règle pour doser le sérum : la forme et la gravité de la maladie, les réactions de chaque malade, sont autant de causes qui font varier la quantité de sérum à injecter.

En principe, nous avons injecté dès le premier jour 40, 60 et même 80 centimètres cubes de sérum.

Parfois, une seule dose a paru suffisante ; c’est ainsi que dans les observations 2 et 10, 80 centimètres cubes furent injectés dès le premier jour et ces doses ne furent pas renouvelées, le sérum ayant procuré de suite les effets attendus.

En général, la dose a dû être répétée pendant deux, trois, quatre ou cinq jours consécutifs.

Cependant, on peut noter, dans l’observation 4, que le malade a reçu 14 injections de sérum. Ce malade, entré à l'hôpital le 1” juin 1934 pour rhumatisme ar-

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ticulaire, avait d’abord été traité par le salicylate de soude ; en présence d’une gono-réaction positive, on a institué le traitement par le sérum, et, ce malade n'ayant fait aucun accident sérique, on a pu multiplier les injections sans danger.

En effet, quelle que soit l’importance de la dose, nous n’avons enregistré que peu d’accidents sériques, et aucun de ces accidents n’a été assez violent pour nécessiter l'interruption du traitement ou pour empécher l’évolution vers la guérison.

Sur les 14 malades que nous avons pu observer, 7 ont reçu du sérum sans faire aucun accident (obs. 1,3, 45,6, %et15).

Deux autres (obs. 2 et 8) ont fait quelques accidents bénins qui se sont amendés sans le secours de médicaments.

Trois autres ont présenté des éruptions et des arthralgies sériques sans gravité, qui ont cédé au chlorure de calcium, à l’adrénaline et à l’hyposulfite de soude (obs. 7, 11 et 12). Ces accidents ont eu lieu à la fin du traitement alors que les malades avaient reçu une dose de sérum suffisante pour la guérison de leurs arthrites (obs. 7 : 280 cc. ; obs. 11 : 480 cc. ; obs. 12 : 400 cc.).

Quant au malade de l’observation 10, il n’avait reçu qu'une seule dose de 80 cc. injectée suivant la méthode de Besredka. Les accidents sériques sont apparus de suite (vomissements, céphalée, picotement laryngé) et ont continué le lendemain par de l’arthralgie et de l’urticaire ; mais ils n’ont duré que 48

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heures, cédant sans difficulté à l’adrénaline et au chlorure de calcium, et le malade est sorti complètement guéri.

Le malade de l’observation 14 a eu sa troisième et dernière injection de 80 cc. de sérum (dose totale 240 cc.) le 14 octobre 1936. Il n’a fait aucun accident sérique immédiat. Nous ne pouvons encore enregistrer ce fait comme définitif, la dernière injection étant trop récente.

LA FORME DE LA MALADIE N’A PAS CHANGÉ L'EFFICACITÉ DE LA SÉROTHÉRAPIE PAR VOIES SOUS-CUTANÉES ET INTRAMUSCULAIRES.

En ce qui concerne la forme seule de l’arthrite, le sérum garde sur elle toute son efficacité.

Qu'il s'agisse d’une arthrite récente, d’une arthrite Ancienne ou d’une récidive d’arthrite, d’une arthrite simple ou à forme pseudo-phlegmoneuse, l’action de la sérothérapie est constante.

Nous notons, en effet, dans lobservation 5, la guérison complète d’un malade entré le 19 juillet 1934 pour rhumatisme articulaire mais que l’on traite par le sérum devant la présence d’une gono-réaction positive ; en réalité, ce malade était atteint d’une récidive d’arthrite blennorragique ; il a reçu 7 injections de sérum antigonococcique, soit 280 cc. et a pu sortir de l'hôpital deux mois après le début du traitement.

Nous avons eu à traiter surtout des cas d’arthrites récentes, dont plusieurs cas de polyarthrites et d’arthrites pseudo-phlemgoneuses. Dans tous ces cas (obs.

1, 3, 4, 8, 10, 11, 12, 13 et 14) l’action de Ta sérotherapie a été manifeste et constante : sédation de la douleur, diminution des phénomènes fluxionnaires, baisse de la température.

Rôle du sérum antigonococcique Est-il suffisant à lui seul ?

Dans la plupart des cas, le sérum antigonococcique n’est pas suffisant à lui seul.

Le sérum antigonococcique agit localement sur les phénomènes douloureux et fluxionnaires ; il est surtout un traitement de la phase septicémique, aigué, de la congestion articulaire.

Sur l’état général, il a cependant une action certaine de désintoxication et il empêche d’autres localisations de l’arthrite.

Du reste, Paraf préconisait, dans sa thèse, de faire, à ce sujet, à la suite de l'injection intra-articulaire, une injection intramusculaire de sérum antigonococcique.

On conçoit que cette action rapide sur la douleur et le gonflement soit le premier pas vers la guérison, puisqu'elle permet la mobilisation précoce qui est le complément absolument nécessaire de toutes les méthodes de traitement des arthrites gonococciques.

La sérothérapie constitue, à notre avis, un traitement d'urgence mais qui n’exclut pas l'emploi ultérieur d’autres méthodes.

Le sérum antigonococcique n’agit pas non plus sur

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l'écoulement qui reste à traiter par les méthodes ordinaires.

Pour compléter le traitement, ainsi qu’on peut le voir dans les observations, les injections de lait ont été utilisées comme médication de choc, la crisalbine comme médication antirhumatismale et la septicémine comme anti-infectieux.

En cas d’échec de ces méthodes, l’arthrite gonococcique est justiciable du traitement chirurgical. Nous

n'avons jamais eu à y recourir de façon précoce.

Resultats obtenus

Suivant les cas, les résultats ont été :

A) Très bons. — 1° Avec le sérum antigonococcique seul. Chez les malades des observations 4, 5, 10 et 14, le sérum antigonococcique a été le seul traitement employé. Il a été suffisant pour guérir complètement l’arthrite.

2° Avec le sérum et autres traitements (vaccin antigonococcique, lait, crisalhine, septicémine).

Dans les observations 3, 8, 11 et 12, les malades ont très heureusement bénéficié de l’application de ces traitements venant compléter l’action de la sérothérapie.

Prenons par exemple le cas du malade de lobservation 12. Ce malade, très atteint par une grave polyarthrite pseudo-phlegmoneuse, voit ses articulations redevenir rapidement normales sous l’influence de la sérothérapie, mais son état générai n'étant pas par-

faitement amélioré, il reçoit 6 injections de lait qui achèvent l’amélioration commencée.

Dans trois cas (obs. 1, 7 et 13) les malades ont été traités d’abord par le vaccin antigonococcique ; celui-ci n’ayant pas procuré une amélioration suffisamment rapide, le traitement par le sérum a été institué et a donné plein succès.

B) Médiocres. — Malgré l'emploi des divers traitements (vaccin, lait, etc.) associés à la sérothérapie, les malades des observations 2 et 9 n’ont pas été complètement guéris, mais ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, ces malades avaient été traités avec beaucoup de retard.

C) Nul. — Le sérum, le lait, la crisalbine n’ont eu aucune action sur l’arthrite que présentait le malade de l’observation 6; cette arthrite s'étant fistulisée a dû être immobilisée dans un plâtre.

Là encore, il semble bien que cet échec soit imputable au grand retard apporté au traitement, le malade r’étant entré à l’hôpital qu’un mois après le début de son arthrite.

De ce qui précède, il ressort que la sérothérapie antigonococcique est bien le traitement spécifique de l'arthrite blennorragique ; qu’employée par les voies sous-cutanées et intramusculaires, elle possède une efficacité certaine qui, dans certains cas, demande à être soutenue et complétée par les traitements adjuvants (vaccin antigonococcique, lait, etc.) et que, dans tous les cas, elle est le moyen le plus rapide nous permettant de pratiquer la mobilisation précoce et par suite d'éviter l’ankylose.

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