‹ Contribution À L'Étude Du Traitement Des Arthrites Gonococciques Par La SérothérapieChapitre 7 sur 16 · ETAT ACTUEL DU TRAITEMENT DES ARTHRITES GONOCOCCIQUES · texte numérisé non relu

ETAT ACTUEL DU TRAITEMENT DES ARTHRITES GONOCOCCIQUES

L’arthrite blennorragique, qui a été remarquablement étudiée par H. Mondor, dans son rapport au XXXV' Congrès de Chirurgie, tenu à Paris du 4 au 10 octobre 1926, puis, dans son livre sur les arthrites gonococciques publié en 1928, est une arthrite particulièrement grave, car elle détermine d’importantes lésions et, si elle n’est pas traitée, elle est cause de graves complications.

Les arthrites gonococciques peuvent se compliquer de suppurations articulaires, de fistulisations de Parthrite suppurée, de myosites, de complications cutanées (kératose), de luxations pathologiques. Elles peuvent aussi se compliquer d’atrophies musculaires, et Myrtlé a pu dire : « Je n’ai jamais vu ailleurs que dans le rhumatisme gonococcique une si grande atrophie musculaire ».

Mais la plus redoutable complication de ces arthrites est : l’ankylose, disparition partielle ou totale des mouvements dans une jointure normalement mobile.

Par suite, la première indication du traitement des arthrites gonococciques sera de s’efforcer de conser-

ver les mouvements au niveau de articulation atteinte, et, pour atteindre ce but, de supprimer rapidement la douleur et les phénomènes fluxionnaires.

Pour arriver à ce résultat, beaucoup de traitements ont été essayés et préconisés.

Jusqu'au début de ce siècle, les accidents articulaires de la blennorragie étaient traités de façon plutôt précaire : (Copahu ; traitement de lécoulement initial, immobilisation en bonne position ; révulsifs après la période aiguë ; ponctions évacuatrices, suivies ou non d’injections d’un liquide antiseptique ; arthrotomie suivie de badigeonnages de la synoviale au chlorure de zinc ; salicylate de soude et quinine, applications de salicylate de méthyle et immobilisation dans les polyarthrites pseudo-rhumatismales ; massages et électrisation des muscles péri-articulaires ; iodure de potassium ; bains sulfureux ; cures thermales).

Au début de ce siècle apparaissent des moyens thérapeutiques plus rationnels, qui, loin d’être parfaits, se sont montrés cependant, dans bien des cas, réellement efficaces : la Chimiothérapie, la Radiumthérapie, le Protéinothérapie, l'Autosérothérapie, le Traitement chirurgical, la Vaccinothérapie et la Sérothérapie.

LA CHIMIOTHÉRAPIE. -— « Le traitement médica-

menteux de l’arthrite blennorragique n’existe pas », a dit M. Thibierge.

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Néanmoins, beaucoup de médicaments ont été essayés ; les composés arsenicaux organiques et la gonacrine ont été employés avec succès par certains auteurs.

LA RADIUMTHÉRAPIE. — Elle a été employée de différentes manières : rayonnement par appareils radifères à sels collés, injections de sels de radiumi, applications de boues radio-actives, émanations, introduction électrolytique d’éléments radio-actifs des boues par le courant continu.

LA PROTEÏNOTHÉRAPIE. — La protéinothérapie par le lait employée seule ne semble pas. avoir donné de bons résultats, mais, associée au vaccin, elle a paru plus efficace.

L’AUTOSÉROTHÉRAPIE. — [Il en est de même de l’autosérothérapie, que ce soit l’autohémothérapie, l’autosérothérapie proprement dite ou l’exsudothérapie.

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL consiste en une arthrotomie plus ou moins élargie, avec lavages et fern:ture immédiate sans drainage, suivie de la mobilisation précoce. C’est une bonne méthode, maïs à iaquelle on ne doit recourir qu’en cas d’insuccès des autres traitements.

LA VACCINO:HÉRAPIE. — Le nombre des vaccins antigonococciques est très élevé (vaccins aqueux, sensibilisés, additionnés d’antiseptiques, vaccins à

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l’alcool-éther, etc.….). Leur concentration est très variable (de 100 millions à 50 milliards de germes par centimètre cube). Le vaccin de l’Institut Pasteur renferme actuellement 2 milliards de germes par centimètre cube.

Un vaccin antigonococcique peut être préparé avec une ou plusieurs souches ; le vaccin de l’Institut Pasteur est polyvalent et contient 10 souches.

Les plus utilisés ont été: le vaccin de l’Institut Pasteur, le vaccin de Nicolle et Blaizot (dmégon, néodmégon) le lipo-vaccin de Le Moignic-Demonchy et Sezary (lipogon).

Minet et Debains, dans ieur rapport sur le traitement de la gônococcie par la sérothérapie et la vaccinothérapie, au XXII Congrès d’Urologie, tenu à Paris en 1923, conclurent après la discussion

« La vaccinothérapie est légitime, quoique inconstante dans ses résultats ; sa spécificité ne semble pas démontrée jusqu’à présent. ».

Il en est de même de la vaccination par la porte d'entrée (Méthode de Poincloux).

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