‹ Contribution À L'Étude Du Traitement Des Arthrites Gonococciques Par La SérothérapieChapitre 8 sur 16 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LA SEROTHERAPIE ANTIGONOCOCCIQUE

Suivant le rapport de M. Michel (de Nancy) sur le traitement des arthrites gonococciques en évolution, présenté au XXXV° Congrès français de Chirurgie, tenu à Paris en 1926, la Sérothérapie et la Vaccinothérapie, surtout la première, ont une action sédative très nette. Elles sont à employer de préférence à toute autre méthode protéinothérapique, parce que leur emploi est susceptible de mettre en jeu leurs propriétés particulières en même temps que leurs propriétés colloïdoclasiques.

Différents sérums ont été utilisés. En 1910, l’absence de sérum antigonococcique en France, a incité MM. Pissavy et Chauvet, suivis dans cette voie par de nombreux auteurs, à le remplacer par du sérum antiméningococcique, en raison des caractères communs des deux germes. Ce sérum eut une action régulièrement observée : la diminution des douleurs en est le trait le plus caractéristique ; le gonflement inflammatoire est moins rapidement influencé ; il est assez rare de voir l’uréthrite modifiée.

Des faits analogues ont été observés avec le sérum

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antidiphtérique, avec le sérum normal de cheval et avec le sérum de Stérian.

Actuellement, on utilise un sérum spécifique : le sérum antigonococcique de l’Institut Pasteur preparé par M. Nicolle.

La sérothérapie spécifique comporte de grandes difficultés de réalisation, ce qui faisait dire à Minet et Debains : « La préparation des sérums antimicrobiens est un problème ardu ; il s’agit d’arriver à la destruction des microbes localisés ou disséminés dans les tissus de l’organisme infecté ; les cellules microbiennes sont résistantes, il faut les atteindre dans leur vitalité et obliger l’organisme à les détruire par un processus de bactéricidie, de phagocytose et de digestion. Le problème est rendu plus complexe par l’intervention d’un facteur essentiel, la virulence, dont l'intensité varie avec chaque espèce microbienne ; suivant les cas, la thérapeutique devra être exclusivement antitoxique ou antimicrobienne ou mixte. Le gonocoque est toxique et relativement peu virulent. Malheureusement, nous connaissons très mal la toxine gonococcique et nous ne savons pas encore préparer un sérum exclusivement antitoxique ; nous ne connaissons bien, actuellement, qu’un sérum antimicrobien, sérum préparé à l’Institut Pasteur, au laboratoire de M. Maurice Nicolle. »

Préparation et composition du sérum

« Comme antigène, M. Nicolle utilise des microbes cultivés sur milieux solides : de préférence, le milieu

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de Jouan ou sérum gélose Martin. Il utilise toujours des antigènes morts. Avec les microbes vivants, en effet, on peut observer certaine multiplication des germes dans l'organisme des animaux, d’où danger d'accidents sérieux chez les animaux inoculés et impossibilité d’avoir des points de comparaison exacts. Aussi M. Nicolle injecte-t-il toujours des germes tués par l’alcool-éther.

« Des gonocoques cultivés sur milieu de Jouan pendant 36 heures sont émulsionnés dans l’eau physiologique, puis soumis à une centrifugation énergique. Les culots sont réunis et dilués dans un excès d’alcool : environ 50 centimètres cubes d’alcool pour 5 grammes de microbes. On ajoute une quantité égale d’éther. On laisse environ 24 heures, puis on décante et le sédiment est desséché à 37° dans l’appareil de Jouan. Ces germes secs sont broyés par agitation avec des perles de bronze. On pèse la poudre qui est conservée à l’abri de l’humidité. On dilue un centigamme de cette poudre dans 20 centimètres cubes d’eau physiologique et on injecte successivement des doses variables et croissantes (une dose—1, 2, 4, 8 milligrammes), c’est-à-dire 2 centimètres cubes, 4 centimètres cubes, 8 centimètres cubes, 16 centimètres cubes, eic…

« L’injection est faite dans les veines d’un cheval, une fois par mois pendant quatre jours consécutifs, et avec des quantités croissantes d’antigène. La saignée est pratiquée onze jours après la dernière injection. On augmente la dose globale d’un mois à l’autre. » (Paraf).

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