RAPPEL ANATOMIQUE
Dans ce chapitre nous n'avons pas l'intention de faire une étude anatomique complète de l'articulation du genou. Nous voulons tout simplement mettre en évidence certaines particularités anatomiques propres à cette articulation. Nous verrons par la suite l'importance capitale que ceci présente au point de vue du traitement. Ceci nous permettra de comprendre également les diférentes interventions qui ont été proposées à ce sujet et qui ne sont que la conséquence logique de ces dispositions anatomiques.
Tout d’abord voyons la syroviale. Elle est trés étendue par rapport aux synoviales des autres grandes articulations et s'étend très loin de l’interlinge articulaire aussi bien en avant qu'en arrière. Ceci nous explique pourquoi son drainage est difficile. Or la stagnation du pus joue un rôle trés important dans l’intection d’une cavité séreuse. Ainsi par exemole lorsqu'on incise la plèvre en cas de pleurésie purulente, on le fait toujours a un point déclive pour permettre l'écoulement du pus et qui est un facteur indispensable de guerison. Or la grande {arthrotomie en U que nous préconisons dans notre thèse, a justement le but d'assurer au maximum le drainage de cette articulation et en particulier du cul de sac sous quadricipital.
Un deuxième point non moins important c’est la
te
disposition des différentes parties fibro cartilagineuses intra-articulaires qui vont diviser l'articulation en deux parties : l’une antérieure et l’autre postérieure.
La disposition des Condyles fémoraux a été tout particulièrement étudiée par Lawen et qui leurs a attaché une {rès grande importance.
Suivant cet auteur ils ne permettent pas a un épanchement situé dans la fosse inter-condylienne de s’écouler librement par une incision postéro-latérale. C’est pourquoi Lawen propose la résection de leur partie postérieure. |
Quant à fa capsule articulaire nous devons signaler tout particulièrement le fait qu’elle est interrompue en avänt par la présence d’un appareil extenseur composé par le tendon du quadriceps; la rotule et le ligament rotulien. Or la majorité des interventions que l’on pratique dans la région antérieure du genou, tendent à respecter cet appareil ostéo-tendineux car on considère que son maintien intact est indispensable pour le bon fonctionnement du genou. C’est pourquoi la majorifé des auteurs lorsqu'ils interviennent sur le genou, n’y touchent pas. Au contraire dans l'interven ion que nous préconisons nous sectionnons carrément le ligament rotulien. Les deux bouts de ce ligament seront maintenus éloignés l’un de l’autre pendant tout le temps que la suppuration persiste; lorsqu-elle est tarie on refait ce ligament. Nous allons démontrer dans les chapitres qui suivent que la section de ce ligament est possible et on obtient des bons résultats fonctionnels à condition que sa suture soit soigneusement faite.
Cette appareil extenseur est renforcé de chaque coté
ie
par les ailerons rotuliens. Ces ailerons n’ont pas une grande importance au point de vue chirirgical car leurs sections n’entrainent aucune gêne dans les mouvements de l'articulation; d’ailleurs on les refaits lorsqu'on refait le surtout fibro-périosté.
Les coques condyliennes sont épaisses et résistantes. Sur l’externe va s'insérer le jumeau externe contenant un sésamoide. Ces coques condyliennes constituent une barriére solide et s'oppose aux fusées dans le creux poplité. C’est pourquoi Lawen dans son intervention conseille de ne pas léser ces coques.
Mais il existe un point faible où la capsule est absente: c'est au niveau du ligament poplité arqué au dessous duquel sort le muscle poplité. Or la face profonde de ce muscle est en contact avec la synoviale et sa bourse séreuse est très souvent un prolongement de cette dernière. C'est à ce niveau que les fusées purulentes gagnent la loge postérieure.
Les ligaments latéraux maintiennent étroitement serrés les surfaces articulaires. Au moment qu'on fléchit la jambe ces ligaments se relâchent et font baïller. l'interlinge articulaire ce qui facilite ainsi le draînage de l’articulation.
Les lisaments croisés par leurs disposition particulière empêchent également la fusée du pus en arrière, ils constituent une double cloison qui divise la cavité articulaire en deux compartiments : l'un antérieur et l'autre postérieur. Voyons ce qui se passe au moment de la flexion de la jambe et de sa rotation sur la cuisse: ces ligaments vont se détendre et se décroiser. Ainsi l’infection pourra se propager plus facilement à la partie pos-