‹ Contribution à l'Étude du Traitement des Bubons Chancrelleux: La Méthode de FontanChapitre 14 sur 16 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

La méthode de Fontan n'est pas applicable uniformément à tous les bubons à n'importe quelle période de leur évolution.

Les cas qui donneront les meilleurs résullats sont ceux, où le médecin pourra assister au développement de l’adénite et choisir, pour intervenir, le moment précis où le pus est neltement collecté, sans attendre que la peau rouge et amincie soit sur le point de se rompre spontanément.

Il ne faut pas trop compter, pour tixer ce moment d'élection, sur l’apparition de la fluctuation ; la coque de péri-adénite peut empêcher de la percevoir. Trop de bubons se fistulisent sans jamais avoir été fluctuants. Nous opérons lorsque le bubon est bien acuminé ; lorsqu'il présente à son centre une zone ramollie, qui se déprime sous le doigt en un godet ayant les dimensions de l'extrémité de l'index. Cette suppuration sera accompagnée de tous les phénomènes inflammatoires et douloureux habituels. Le malade se plaindra d’une tension très pénible, d’élancements, souvent même de véritables souffrances, il

LTD accusera de l’insomnie, aura un peu de fièvre, quelquefois du délire.

Malheureusement, il n’est pas toujours possible de choisir ainsi le moment de l’intervention. Beaucoup de malades se présentent ayant des adénites nettement suppurées depuis quelques jours déjà. D'autres ne se décident que tardivement à accepter la ponction. Certains fatigués, déprimés, infectés

ont besoin de repos pour rétablir leur état général

avant l’opération. Dans ce cas,la méthode de Fontan conserve des indications relatives. Elle ne donne

pas des résultats aussi satisfaisants que lorsqu'elle

est appliquée au moment d'élection ; mais elle reste encore un bon mode de traitement à condition que les téguments né soient pas en trop mauvais état, prêts à se rompre ou déjà presque chancrellisés.

La guérison sera plus lente et exigera souvent des réinjections successives de vaseline iodoformée.

S’il échoue, le procédé de Fontan ne sera pas un obstacle à l'application d’un autre traitement. Il aura Souvent apporté une amélioration notable, il aura contribué à la désinfection de la poche et à la rapidité de la guérison ultérieure,

On voit que la méthode de Fontan est applicable à un très grand nombre de bubons chancrelleux : nous lui reconnaissons pourtant des contre-indications. | |

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Elle est formellement contre-indiquée, lorsque la suppuration n'est pas nette. | serait alors impossible de vider le pus insuffisamment collecté, dont l'expression serait fort douloureuse. On serait obligé de faire plusieurs réinjections successives de vaseline ; on s’exposerait en outre à une fistulisation ultérieure du bubon. Bref, on perdrait du temps en croyant en gagner. |

Il faut à cette période se contenter de pansements alcoolisés, d'applications de pommade au collargol. Souvent même, le repos à lui seul fait avorter le bubon, Si on tient à intervenir à ce moment, mieux vaudrait recourir au drainage filiforme. Celui-ci, en effet, n’exige pas la même maturité d’abcès que le procédé de Fontan. Un pus encore insuffisamment collecté, qui se viderait mal par l’orifice de la ponction au, bistouri et qu'on serait dans l’impossibilité d'exprimer complètement dans les quelques minutes qui suivent cette ponction, aura au contraire toutes facilités pour suinter lentement le long des crins, que d'ordinaire on laisse une semaine et plus, s’il le faut. En somme, le drainage filiforme réalisé, selon l'expression de Chaput, « un siphon toujours amorcé ». |

Lorsqu’au contraire le pus franchement collecté tend à se faire jour vers l’extérieur, on peut encore, nous l’avons dit, essayer le procédé de Fontan avec chances de succès.

L'échec est à peu près certain, lorsque la peau très amincie est sur le point de se rompre sponta=

nément ou lorsqu'on a affaire à des bubons «anciens, fongueux et incapables de réparation » pour lesquels un curelage est inévitable.

Quelques sujets pusillanimes ont une telle crainte du bistouri qu’il pourra être préférable de faire une injection modificatrice après ponction aspiratrice avec une grosse aiguille.

Certains malades indociles ou inintelligents compromettent la guérison par l'expression intempes. tive de la vaseline et la souillure par leurs doigts de la plaie de ponction. Dans ces cas, on. pourra être obligé de renoncer à l’application de la méthode de Fontan.

Nous avons vu qu’on obtient des résultats médiocres chez les malades déprimés, fatigués et profondément infectés. On pourra leur appliquer le procédé de Fontan, mais après quelques jours de repos qu’on emploira à la désinfection de la région inguinale et au traitement du chancre. On remontera leur état général à l'aide d’une nourriture reconstituante, de toniques, d’arsenic et de strychnine.

Dans les adénites polyganglionnaires, Duclos recourt aux injections de liquide de Calot qui, plus fluide, pénètre mieux que la vaseline dans tous les récessus de la poche.

Il est une autre catégorie de bubons qui ne tire pas grand bénéfice du traitement par la méthode de Fonian. Ce sont ces formes à évolution subaiguëé,

où la péri adénite l'emporte de beaucoup sur l'adénite,

où de petits abcès se produisent successivement ;

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