ARÈNES
reuses en aidant à la sclérose du tissu conjonctif. Cette théorie n’est appuyée sur aucun fait précis et jusqu’à plus ample informé, nous pensons qu’on doit utiliser les rayons X pour détruire directement les cellules cancéreuses. D'ailleurs, la radiothérapie peu pénétrante par séances répétées finit par totaliser les doses élevées et elle a pu provoquer des nécroses cutanées tardives graves (Gunsett).
Cependant, la radiothérapie semi-pénétrante qui agit en profondeur d’une façon peu efficace, donne, au contraire une grosse dose de rayons dans la peau et les couches superficielles sous-cutanées. Aussi, elle peut être utile sur certaines lésions superficielles et peu épaisses.
Costes, de Lyon, continue à utiliser la radiothérapie semi-pénétrante, même sur les tumeurs épaisses, en -irradiant le sein à feu nu après relèvement d’un lambeau cutané; puis, il conseille l’opération après cicatrisation de la plaie. Nous ne voyons pas ici l'intérêt de cette méthode (très intéressante sur d’autres tu- : meurs). Les rayons non filtrés ont un effet caustique sur tous les tissus, mais un effet très insuffisant en profondeuf; alors qu’il faut, en matière de cancer du sein, demander aux rayons d’agir le plus possible en profondeur, là où le bistouri ne fait rien.
Par conséquent, les rayons X seront, en général, utilisés sous forme de rayons pénétrants fortement filtrés; toutes conditions qui améliorent le rendement
en profondeur.
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B) Le radium.
L'action du radium est très nette sur les canéérs
du séin comme sur béauéoup d’autres. Le radium peut être employé soit à'distance, soit dans la tüuméur par aiguillage.
1) À distance, le radium peut être employé, soit au
moyen de bombes chargées de quantités considerables de radium soit par appareils moulés. Les résul-
tats que peuvent donner plusieurs grammes de ra-
dium placés dans des cupules de plomb ne sont pas
encore connus; ce procédé ne sera pas utilisable avant longtemps dans la pratique courante et il n’est nullement prouvé qu’il soit supérieur à la radiothérapie.
Les appareils moulés en cire ou en nidrose chargés
de 200 à 400 milligrammes de radium, situés à plusieurs centimètres des téguments sont, évidemment, à la portée de la plupart des services de curiethérapie. Cependant, nous ne les conseillons pas. Les ré-
sultats-ne semblentipas meilleurs que ceux de la ra-
Giothérapie; aussi. pourquoi immobiliser du radium plus utile sur d’autres lésions.:Bien plus, avec:les ap-. pareils moulés, la protection des zônes non irradiées. du malade est très difficile et les réactions générales
qu'entraîne un pareil traitement sont vives, tandis
que, avec les rayons X, les champs sont bien délimités-
et l’organisme :peut, ‘avec de bonnes conditions d’ir-
radiation, absorber un minimum de rayons. Il est,
cependant, une région où un appareil moulé a une
Me RE
action favorable, c’est:le creux sus-claviculaire; grâce
à la forme convexe de l'appareil qui épouse le trapèze en arrière, l’irradiation: est peut-être meilleure
awavec les rayons X;'de-plus, dans le:cas particulier,
appareil de radium:a un champ d'action limité, ce
Gui rend la-protection :de l’organisme facile.
De même encore, le radium -peut être: favorable, et même peut être supérieur aux rayons X, lorsqu'on veut agir sur:üne tumeur-superficielle ou peu épaisse
(récidives cutanées): Un:petit appareil moulé portant -Guelques:tubes de radium-donne; dans ce cas, des ré-
sultats excellents comparables: à ceux qu’on obtient au niveau des cancers de la peau ou de la face.
2) Enfin, -le radium peut être utilisé à l’intérieur de la tumeur (par aiguillage, en général).
En France, Regaud a depuis longtemps condamné le procédé qui-donnerait-une répartition peu homogène du rayonnement.
Cette condamnation n’est peut-être pas sans appel; dans les pays anglo-saxons de très beaux résultats Gnt été obtenus en multipliant dans des proportions
considérables des petites aiguilles de radium suffi-
samment filtrées et chargées d’une très faible quantité
-de radium; ce dispositif semble donner une répartition satisfaisante du rayonnement et il est même
possible qu’en certains points où les feux croisés par Rayons X sont peu ou mal utilisables (creux sus-cla-
viculaire, région des vaisseaux mammaires internes), J'application intra-tissulaire de très nombreux et très
faibles foyers de radium soit le meilleur procédé.
ù —— 36 — C) Conclusion.
Cette distinction entre les procédés d'irradiation Radium ou Rayons X reste très accessoire; il nous semble plus important d’opposer l’irradiation intersticielle et l’irradiation extérieure : quand on pratique des irradiations intersticielles, il ne peut s’agir que de radium enfoncé dans les tissus, soit sous forme d’aiguilles, soit plus rarement sous forme de foyers encore plus petits que les aiguilles : « les seeds »; quand on utilise des foyers extérieurs, on peut se servir ou de rayons X ou de radium.
3) QUELLE EST L’EFFICACITÉ DE CES PROCÉDÉS D’'IRRA- DIATION EN TENANT COMPTE DES CONDITIONS LOCALES
a) Irradiation par foyers extérieurs.
L’irradiation des cancers du sein ne se présente pas dans les conditions aussi simples que celles qu'offre un Cancer viscéral profond : cancer du col de l’utérus, par exemple. Un cancer du col se présente conmme une lésion centrale et de situation assez précise occupant le col utérin et le fond du vagin et les paramètres : anatomiquement, l’espace occupé par la lésion constitue un volume assez précisé et ayant une certaine étendue dans les trois dimensions. Il est donc possible de centrer sur ce volume assez restreint de tissus des faisceaux très puissants de rayonnement: d’au-
tre part, la situation centrale permet l'utilisation de
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feux croisés pénétrant par des portes d’entrée très différentes : chaque porte d’entrée cutanée reçoit des quantités de rayons inférieures à la quantité définitivement nocive pour la peau: cependant, au niveau de la lésion, l’accumulation de ces divers faisceaux en profondeur donne .une dose plus élevée que la dose qu’aurait pu supporter la peau; on peut espérer ainsi guérir un cancer dont la sensibilité est à peu près de l’ordre de la sensibilité cutanée. |,
En ce qui concerne les cancers du sein, il en est tout autrement :
Le cancer n’est plus la lésion de situation précise ; anatomiquement, il ne s’agit pas d'un volume relati- -vèement restreint de tissus suspects, mais de larges . surfaces.
S'il est assez facile de répartir dans des volumes de grosses doses de rayons, comment envisager pareille façon de faire sur des surfaces ? Dans ces conditions, l'étendue des régions suspectes (nous avons vu plus haut qu’il s’agit de la face antérieure de l’hémi-thorax, du creux «le l’aisselle et du creux sus-cla- viculaire) nécessiterait des doses considérables de rayons, puisque théoriquement chaque centimètre carré de cette surface doit absorber la dose cancéricide; mais les rayons ainsi reçus par la surface suspecte vont, en réalité, bien plus loin; si, par exemple, la chaîne mammaire interne reçoit sous la hauteur des 4 ou 5 espaces intercostaux une dose suffisante, le rayonnement est absorbé presque en même
quantité par le poumon ou les gros vaisseaux du
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imédiastin sous-jacents; sion donnait dans tous les points suspects la dose théoriquement cancéricide, l'organisme absorberait des doses énormes de'rayons: et ne pourrait résister aux désordres généraux qui en résulteraient.
D'ailleurs, une irradiation idéale de tous les points suspects entraînerait, non seulement de graves -désordres généraux, mais aussi de sérieuses lésions locales : le cancer du sein et ses diverses propagations ne sont pas des lésions centrales, elles prédominent, au contraire, vers la partie antérieure du corps; elles ne peuvent guère être irradiées que par ume seule porte d’entrée; cependant, la-profondeur des lésions (de 1:à 4 centimètres environ au-dessous du plan. cutané) est suffisante pour faire jouer la loi du carré des distances; si la peau reçoit une dose nettement inférieure; et cependant, comme la radio-sensibilité de la cellule:cancéreuse est du même ordre environ que la sensibilité de la peau, on.ne peut.tuer à -coup sûr la cellule cancéreuse sans dépasser le stade de résistance de la peau.
Sans doute, au niveau du creux de l’aisselle, parfois même sur les seins très volumineux, on pourra, plus ou moins imparfaitement, d’ailleurs, réaliser des feux croisés; on ne le fera jamais bien pour la paroi thoracique elle-même.
Il nous semble donc que la critique de l’irradiation des cancers du sein par foyers extérieurs conduit à cette conclusion : on peut traiter {outes les régions suspectes; il suffit de multiplier les champs : sur le