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B) TERRITOIRE DE DIFFUSION LOCALE DES CANCERS DU SEIN

Cette zône qu’un acte thérapeutique idéal devrait englober entièrement est considérable : « Le territoire susceptible d’être infesté par les cellules néoplasiques dans un cancer du sein est très étendu; beaucoup plus étendu que dans la plupart des cancers de revêtement épidermique et la plupart des cancers des autres organes glandulaires > (Regaud).

Le développement de la tumeur mammaire initiale n’est rien à côté des propagations de voisinage; ce n’est que dans des circonstances exceptionnelles que l’on peut voir une énorme ulcération cancéreuse reposant sur une masse indurée considérable,

En général, le noyau cancéreux äintra-mammaire n’est pas très volumineux; mais de ce noyau initial s’est faite essentiellement par voie lymphatique ct

souvent précocement une propagation très étendue

et cela dans les directions les plus variées et selon des mécanismes très particuliers à ce cancer. Par Îà, les cancers du sein qui se propagent, non seulement à des groupes ganglionnaires multiples, mais aussi à des surfaces considérables de peau, d’aponévroses, de muscles, diffèrent entièrement des cancers malpighiens qui se propagent à des relais ganglionnaires peu nombreux et n’envahissent pas les tissus voisins sur de larges étendues.

L'importance du système lymphatique dans la diffusion du cancer du sein s’explique :

be

1) Par l'extraordinaire richesse du réseau lymphatique glandulaire et cutané du sein et l’extraordinaire richesse des anästomoses de ce réseau avec les réseaux lymphatiques sous-cutanés ou sus-aponévrotiques du thorax ; :

2) Par le nombre et la variété des gros canaux lymphatiques collecteurs de la lymphe du sein qui se déversent dans des relais ganglionnaires très variés et très éloignés les uns des autres (aiselle- chaîne mammaire interne, creux sus-claviculaire).

3) Par les modalités de la propagation du cancer dans les lymphatiques; en effet, si le mécanisme de lembolie cancéreuse joue certainement à travers les

gros vaisseaux lymphatiques pour propager le cancer

aux relais ganglionnaires, il existe aussi d’autres mécanismes de propagation cancéreuse inconnus dans les cancers malpighiens à savoir la colonisation direcle d’un nombre considérable de vaisseaux lymphatiques gros et petits par lés cellules cancéreuses : cette | infiltration des vaisseaux lymphatiques peut être tantôt continue (lymphangite cancéreuse) ou discontinue {perméation) : il en résulte en tout cas une cancérisa- [à lion trés étendue des plans anatomiques (peau, muscles, aponévroses) traversés ou suivis par ces vaisseaux lymphatiques.

4) Les directions de propagation du cancer qui se font, non seulement dans le sens du courant lymphatique, mais souvent dans un sens paradoxal, rétrograde; c'est pourquoi tous les réseaux lymphatiques

de la paroi thoracique, si petits soient-ils, peuvent es-

saimer les cellules cancéreuses, non seulement dans la direction de l’aisselle ou de la chaîne mammaire interne, mais même vers le rebord inférieur du thorax, Ou vers le sein opposé.

Cette propagation lymphatique si variée rend considérable la zône suspecte autour d'un cancer du sein; cette zône que la thérapeutique idéale doit atteindre pour donner des chances de guérison sérieuse comprend :

1) Toute la glande, peau comprise;

2) Les relais ganglionnaires tributaires des lymphatiques de la glande mammaire et des téguments du sein, à savoir :

— essentiellement en dehors, les relais ganglionnaires du creux de l’aiselle,

— en dedans, la chaîne ganglionnaire mammaire . interne. F#,

— en haut, le creux sus-claviculaire, point de drainage à la fois des lymphatiques de l’aisselle et de ceux de la chaîne mammaire interne.

3) Les muscles pectoraux, les aponévroses des pectoraux et les aponévroses de l’aisselle qui sont tra- - versés par les grosses voies lymphatiques de drainage.

4) Deux larges bandes de la peau située cireulairement autour de la glande et sous laquelle courent les mailles de fins plexus lymphatiques.

5) De larges bandes d’aponévroses au contact des-

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