‹ Contribution à l'étude du Traitement des Cervicites chroniques par la Diathermo CoagulationChapitre 10 sur 12 · NET RS · texte numérisé non relu

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loi de Joule. Cette chaleur n’est pas. proportionnelle au carré de l'intensité lue sur le milliampérémètre. D’Arsonval et Ch. Fabry (d’Arsonval, C. R. Académie des Sciences, 1er août 1927. Ch. Fabry, C. R. Académie des Sciences, 10 octobre 1927), ont démontré que le courant qui passe dans les tissus est composé d’un courant de conduction d'intensité I, et d’un courant de capacité agissant lui aussi sur le milliampérémètre et d’intensité I. Le courant I, dit « Watté » dégage une quantité de chaleur RI2, tandis que le courant J qui, lui, est « déwatté! » ne dégage pas de chaleur. Le nombre indiqué par le milliampérémètre est la somme des deux courants [+J. Re na

Enfin, la quantité de chaleur dégagée dans un conducteur vivant, varie avec de nombreux facteurs: la résistance électrique du sujet, par exemple, les dimensions de l’électrode active, etc... Il ne faut donc pas songer, au cours d’une séance de diathermo-coagulation à évaluer, même approximativement, l'intensité des effets diathermiques, d’après l'intensité du courant électrique.

Nous avons heureusement un moyen d'apprécier à peu de chose près l'intensité de la coagulation au niveau des cols. Il n’est pas d’une exactitude rigoureuse mais il a l'avantage d’être fort simple. Nous avons vu que les effets destructifs du courant diathermique s’exercent non seulement sur les tissus placés sous lélectrode, mais encore autour d'elle, en surface. On pourra donc juger de ce qui se passe dans les assises cellulaires profondes d'après ce que le contrôle de la vue nous aura révélé sur les modifications superficielles de la muqueuse autour de l’électrode active. On pourra dès lors, suivant que lon voudra obtenir une destruction cellulaire plus

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ou moins intense, augmenter ou diminuer à loisir l’intensité du courant et la durée de son passage, ,

L'expérience du reste nous a montré que, pour obtenir des effets de coagulation au niveau des cols utérins, cette intensité varie entre 1.000 et 1.500 milliampères. Elle ne présente par conséquent aucun danger.

L'appareil que nous utilisons débite, avec un voltage relativement faible, un ampérage considérable, puisqu'on pourrait faire passer jusqu'à 3.000 milliampères et plus dans le corps humain. Mais nous n’utilisons de semblables intensités que lorsque nous faisons de la diathermie pure. Pour obtenir des effets de coagulation, une intensité plus faible, nous venons de le voir, est toujours suffisante. Cet appareil est muni de lampes triodes. Les ondes sont donc amorties. Elles sont entretenues. On évite ainsi les inconvénients des appareils à éclateurs qui s’échauffent, s’encrassent et finissent par travailler hors de leur régime. De plus, ils donnent aux malades des sensations de faradisation désàgréàbles. Ici les décharges sont nettes, régulières et les ondes conservent constamment la même amplitude. Enfin, l’appareil est silencieux et toujours réglé. Facile à manier il marche directement sur le secteur. |

Nous nous contenterons d’en indiquer le montage sans entrer dans le détail de son fonctionnement:

Nous utilisons deux électrodes. L’électrode indifférente que nous plaçons sous le siège de la malade en position gynécologique, en contact direct avec la peau, est constituée par une lame d’étain. Nous employons, comme électrodes actives, un jeu de cylindres plats et de boules métalliques de diamètres différents, et des pointes droites

ou coudées. 3

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L'usage des boules et des cylindres plats sera réservé: de préférence au traitement des lésions érosives éten-

STE dues. Les œufs de Naboth seront détruits à la pointe. Voici maintenant comment nous procédons:

La malade est installée sur une table à Pansement, en position gynécologique. Son siège repose sur l’électrode indifférente. L’interposition de linge ou de vêternents entre la peau et la plaque doit être évitée avec le plus grand soin. Le col est mis en évidence par les deux lèvres du spéculum qui l’immobilise. L'opérateur se place en face de là malade tenant l'électrode active de la main droite. De la main gauche, il pourra à loisir augmenter ou diminuer l'intensité du courant. Une

| pince à pansements et des tampons d’ouate stérile sont

à proximité.

Toute anesthésie est ici inutile. La diathermo-coagulation est absolument indolore, si on prend soin d'éviter les étincelles d'ouverture et de fermeture, en n’établissant ou interrompant le courant que lorsque l’électrode active est en contact avec le col.

Ce contact étant établi, on ouvre le courant, et on augmente progressivement son intensité.

On arrive à une intensité optima pour laquelle les effets de coagulation en surface se montrent satisfaisants: La muqueuse blanchit tout autour de l’électrode, se soulève, et est le siège d'une exsudation muqueuse abondante. Ces phénomènes se produisent en décroissant du centre à la périphérie. Quelques touches plus ou moins rapides en des points plus ou moins éloignés suffiront à ce niveau.

Nous avons vu que les glandes cervicales prolifèrent d’une façon telle qu’elles traversent parfois toute l’épaisseur du col pour venir saillir à sa face externe: Il en résulte donc que, même si l’aspect ‘du col est macroscopiquement sain, sa face externe devra néanmoins être

systématiquement diathermo coagulée, ce qui permettra d'atteindre les ultimes ramifications de ces néo-formations glandulaires. A plus forte raison devra-t-on détruire avec le plus grand soin, les kystes muqueux ou muqueux purulents que l’on verra saillir à la surface, ainsi que l’ectropion de la muqueuse intracervicale.

C’est un courant diathermique de même intensité que lon fera passer à l’intérieur du col en ses différents points. Un simple mouvement de va’et vient de l’orifice externe à l’orifice interne permet d'atteindre à coup sûr toutes les glandes situées de part et d'autre du canal cervical. La destruction cellulaire est si intense que lon est parfois obligé d’éponger le col et de nettoyer électrode qui se montre recouverte d’albumines coagulées. fr

Le système glandulaire cervical aura ainsi été pris entre les feux de deux flux diathermiques dirigés l’un de dedans en dehors, l’autre de dehors en dedans. Ee stérilisation du col est parfaite. {

Lorsque la séance est terminée, nous nous contentons de placer contre le col un tampon d’ouate stérile que la malade enlève le lendemain. Pendant 8 jours elle prendra des injections quotidiennes de ‘deux litres d’eau chaude additionnée de deux cuillerées à soupe de bicarbonate de soude. Les antiseptiques dont l'emploi prolongé finit par irriter la muqueuse vaginale sont ici inutiles. : |

Dans les jours qui suivent la diathermo-coagulation les pertes sont parfois plus abondantes, parfois sanguinolentes. Maïs elles sont aussi toujours plus fluides et vont bientôt se tarissant. Une escarre se forme, épaisse et intéressant tout le tissu glandulaire. Elle s’éliminera d'elle-même sans hémorragie, laissant à sa place une

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cicatrice rose et souple. Avec elles s’éliminent les glandes cervicales et leurs nids microbiens, et les pertes disparaitront. k |

Quatre ou cinq séances analogues sont parfois nécessaires pour obtenir l’assèchement complet du col. Il y a intérêt à les faire assez éloignées les unes des autres, tous les huit jours environ. L'intensité des lésions réglera la durée du traitement. |

Il arrive parfois qu'après la suppression totale des pertes, survient une récidive d'autant plus fâcheuse que lon s'était cru en droit de pronostiquer une guérison définitive. Il faut savoir rassurer la malade et garder sa confiance, car elle guérira sûrement avec un second traitement plus judicieusement appliqué. En effet, la faute en est à l’opérateur, non à la méthode elle-même: la coagulation n'a pas été assez profonde. Seuls Îles canaux excréteurs ont été atteint. Leur lumière, simplement obstruée par un coagulum albumineux a empêché pendant un temps l'élimination des sécrétions glandulaires. Ou Lien encore, le contact entre Félectrode active et la muqueuse n'ayant pas été suffisant, des. étincelles courtes ont jailli, provoquant non pas la diathermo-co2galation, mais une simple carbonisation des ceilules superiicielles. Une escarre mince s’en est suivi, n'intéressant que les canaux excréteurs et supprimant momentanément les pertes. Mais celles-ci reprennent de plus belle lorsque l'escarre s’élimine.

Dans les deux cas, il ny a donc pas eu de guérison vraie. C’est pourquoi on ne peut pafler de récidive, et nous n’en avons ‘personnellement jamais observé. Nous n'avons jamais observé non plus d’hémorragies à la suite d’escarres, de cicatrices vicieuses, ou de sténose du col. Bien au contraire, non seulement il ne se produira pas

EEE: Ÿ | EE de rétraction scléreuse qui viendrait compliquer l’accouchement d’une dystocie redoutable, mais encore, nombre de femmes stériles auront le bonheur de mener à terme une grossessé inespérée, car leur col, jadis obstrué par une barrière glaireuse infranchissable, permettra désormais la pénétration facile des spermatozoïides.

Dans les cas les plus favorables, huit jours environ après la séance de diathermo-coagulation, la muqueuse externe qui était macérée, rouge, saignante et bourgeonnante, est devenue rose, lisse, et souple. L'orifice externe où bavait une glaire adhérente est devenu sec et à contours nets. Enfin, le canal cervical est parfaitement perméable, par suite de la disparition des formations polypeuses qui rendaient son exploration difficile. Il'est bon néanmoins de revoir ces malades au moment de leurs époques, car il se produit à ce moment de la congestion de l’organe qui mettrait en évidence les sécrétions de glandes pathologques ayant pu échapper au traitement. C’est à ce moment surtout que l’on dépistera les pseudo-récidives pour obtenir enfin une guérison définitive.

Il est évident que la coagulation intracervicale est à éviter chez les femmes enceintes. Elle peut en effet provoque” des contractions utérines réflexes destinées à expulser les corps étrangers que constituent l’électrode d'abord, l’escarre par la suite. Cependant la grossesse n'interdit pas le traitement de la face externe du col et permet ainsi d'obtenir sinon des guérisons complètes, du moins des améliorations sensibles.

C'est le Dr Oudin qui, le premier, eut l'idée d’appliquer les courants de haute fréquence au traitement des

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