‹ Contribution à l'étude du Traitement des Cervicites chroniques par la Diathermo CoagulationChapitre 6 sur 12 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis que les travaux de Schrôder et Cornil ont jeté la lumière sur l’anatomie pathologique des métrites, les gynécologues ont proposé tour à tour les traitements les plus divers. Chacun d’eux peut donner des résultats. Mais leur multiplicité même est la meilleure preuve qu'il ne s’en trouve point permettant de promettre à coup sûr une guérison définitive. RUE . Or, si la métrite en soi n’est pas une affection immédiatement redoutable, elle n’en constitue pas moins une menace sérieuse pour l'avenir, par les graves complications qu’elle entraîne au niveau des annexes et du périloine pelvien. Le traitement médical est alors extrêmement difficile et infidèle. Il exige un repos que, certaines malades, aux ressources modestes, ne peuvent se permettre. Elles s'adressent, en fin de compte, au chirurgien, qui leur assure sans doute une guérison rapide et radicale, mais leur impose, en échange, une vieillesse prématurée et une stérilité définitive.

La métrite du corps utérin peut guérir spontanément, mais elle se montre extrêmement rebelle aux traitements. Par contre, si la métrite du col tend à persister indéfiniment, nous pouvons agir facilement sur elle, C’est donc elle qu'il faut attaquer énergiquement. Alors que Ja muqueuse du corps est encore saine, que les annexes ne sont pas encore atteintes et que les lésions sont momentanément localisées au col, lorsque, en

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mot, la métrite n’est encore que cervicite, elle peut et elle doit guérir.

Les pansements vaginaux, avec ou sans expression du col par les valves du spéculum, les instillations, le radium, les scarifications au thermo ou au galvanocautère donnent des guérisons. Elles sont inconstantes. Le caustique ‘de Filhos -est ‘sans doute ‘très ‘efficace, mais il demande à être ‘appliqué par des maïins expérimentées, faute de quoi la guérison est inconrplète, ou ‘bien encore, éventualité redoutable, Porifice :du ‘cél reste plus ou “moins -sténosé.

En somme, parmi tous les traitements physiques ou chimiques appliqués aux cervicites Chroniques, ‘les ‘uns. sont inoffensifs mais infidèles:ou peuefficaces, les ‘autres guérissent :mais ne sont pas exempts de danger. Nous

les ‘avons ‘tous :essayés puis abandonnés tour à ‘tour. Actuellement nous utilisons pour le traitement ‘de nos mé-

trites une modalité des courants de haute fréquence, les courantside diathermie. Leur application est facile, inoffensive, bien ‘tolérée parce qu'indolore, ét :assure ‘une guérison rapide ‘et définitive, même dans :les :cas îles

plus désespérément ‘rebelles. Cette méthode mérite d'être-

vulgarisée, et c'est ce ‘qui nous a encouragés à faire ce travail. ,

LES CER VICITES

H est bien entendu que nous n'envisageons ici que les métrites du col, à l'exclusion de toutes les inflammations du corps de l'utérus, avec ou sans lésions annexielles. Signalons en passant que .les lésions de l’utérus et-des annexes sont, elles aussi, heureusement influencées par les courants de haute fréquence. dans certaines conditions, et suivant une autre modalité électrique. Mais nous ne pouvons en parler ici sans sortir de notre sujet. Faire agir sur le col des courants de diathermo coagulation, alors que l'utérus lui-même et les annexes sont malades, c’est provoquer à coup sûr des réactions utérines et 'périutérines fâcheuses, ou encore le réveil d’une salpingite refroidie, et par conséquent bien tolérée.

Nous n’envisagerons donc que les cervicites pures. Du rèste,; en dehors de l’état puerpéral, la prédominence des lésions cervicales est la règle.

Aralonue pathologique. — Quelle que soit la cause de limfection utérine, les altérätions des éléments anatomiques sont sensiblement les mêmes. L’infection détermine “une prolifération très active des divers éléments de Ia muqueuse. Les glandes s’allongent, se ramifient ét ‘poussent des prolongements de plus en plus profonds dans le fibro-muscle de Ta paroi. Elles s’agrandisserit, sedilatent, et s’emplissent de mucus visqueux, puis de

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muco pus. Le tissu interstitiel prolifère à son tour, se sclérose, et comprime les glandes qui présentent dès lors des dilatations kystiques, visibles parfois à la face externe du col qu’elles finissent par atteindre, en traversant toute l'épaisseur de la paroi cervicale et où elles vont constituer ces saillies opalines, que l’on désigne sous le nom d'œuf de Naboth.

#{ La muqueuse, ainsi tuméfiée, se trouve bientôt à l’étroit dans la cavité du col. Elle s’éverse alors, et vient saillir au dehors, simulant une ulcération bourgeonnante et grumeleuse: c’est l’ectropion de la muqueuse.

Autour de l’orifice, on observe parfois des lésions érosives qui simulent elles aussi une ulcération. Elles sont dues à la macération de la muqueuse cervicale par

Técoulement continu des glaires. A leur niveau, l’épithélium pavimenteux a fait place à un épithélium cylindrique. Rares sont les ulcérations vraies ou l’épithélium est remplacé par des cellules embryonnaires.

Enfin, le parenchyme, richement vascularisé, est semé de petits abcès miliaires au niveau des glandes:

Les dilatations kystiques glandulaires parfois considérables, la sclérose du tissu interstitiel, la vascularisation du parenchyme donnent àu col son aspect bosselé violacé, et de consistance irrégulière. Vide

Symptômes. — Les symptômes des cervicites chroniques sont sensiblement les mêmes, quelle que soit la nature des organismes infectieux, ce qui ne saurait nous étonner, étant donnée la similitude des. lésions anatomiques. Ils sont frustes, du reste, et on ne retrouve ici que difficilement le syndrome utérin de Pozzi, si net dans les métrites du corps. Douleur, troubles de la mens-

trualion, leucorrhée, s’observent néanmoins. Mais le plus.

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souvent un de ces éléments domine la scène et prend une importance telle que les autres passent inaperçus.

Leucorrhée. —: La leucorrhée est de beaucoup le symptôme le plus important et le plus constant. Elle. est constituée par un écoulement à peu près continu de imucus ou de muco-pus, épais et filant, d'une teinte variant du gris au vert. Ces glaires s’échappent de lorifice externe, y adhèrent fortement et ne s’en détachent qu'avec une difficulté extrême. Outre les complications locales qu’elles entraînent au niveau du col qu'elles macèrent, et de la face interne des cuisses où elles provoquent de lérythème compliqué parfois de lichenification, elles. constituent une perte continuelle de substances albuminoïdes qui ne vont pas sans affaiblir les malades. Enfin, elles vont jusqu’à provoquer des troubles nerveux que Jean-Louis Faure a décrits avec

une telle élégance que nous ne résistons pas au plaisir.

de le citer ici: « Certaines femmes, dit-il, qui tachent à peine leur linge, sont obsédées par cette souillure quotidienne qui blesse tous les instincts de propreté, de coquetterie et leur rappelle constamment une maladie décourageante par sa persistance. » ;: (

Douleur. — Dans les cervicites chroniques, elle. est rare. À peine les malades accusent-elles parfois quelques sensations de pesanteur au niveau des reins. Les rapports sexuels eux-mêmes sont le plus souvent bien tolérés.

Troubles menstruels. — Ils sont encore plus inconstants. En général, les règles sont normales dans leur apparition, leur durée et leur abondance. Parfois cepen-

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