‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 10 sur 18 · LES TRAITEMENTS CHIMIQUES ET VACCINAUX DANS LES COLIBACILLOSES · texte numérisé non relu

LES TRAITEMENTS CHIMIQUES ET VACCINAUX DANS LES COLIBACILLOSES

Il n’est peut-être pas de maladies plus décevantes à soigner que les colibacilloses. Le problème thérapeutique qui se pose devant une infection aussi complexe, aussi variée dans ses formes, dans ses causes, est extrêmement compliqué.

Le nombre et la diversité des méthodes employées prouvent qu'il n’existe pas un traitement de choix unique, applicable à tous les cas, absolument efficace. Par ailleurs il y a nombre d’opinions contradictoires et différentes sur les traitements de la colibacillose.

Sinoustenons compte, d’autre part, de la multiplicité: des races de colibacilles, de leur variabilité d’action et des aspects protéiformes de la maladie, il faut arriver à la conception que la colibacillose est une infection capricieuse et déconcertante en thérapeutique.

Le but de cette thérapeutique doit être la destruction des agents pathogènes. Le traitement mis en œuvre sera varié car 1l devra s'attaquer aux germes infectieux, sans oublier les facteurs de tous ordres qui

favorisent leur migration et leur pullulation.

Le traitement s’adressera à l’état général, puis aux troubles de l'intestin d’où les germes nocifs proviennent si souvent. Il essayera ensuite de faire une désinfection de l'organisme en général, soit de l'arbre urinaire plus spécialement, puisque celui-ci est le plus souvent intéressé.

Pour cela les procédés chimiques et biologiques seront mis en œuvre. Nous allons étudier successivement les traitements chimiques, vaccinothérapiques ; nous verrons leurs résultats et leurs échecs. Puis nous étudierons la grande supériorité de la bactériophagothérapie.

A tous ces traitements, il faut en associer un autre

qui sera constant et général.

Traitement général

Il consistera surtout en un traitement hygiénique : repos, hygiène alimentaire, entretien de la peau ce qui favorisera l'élimination des toxines. L’expulsion des matières intestinales devra être surveillée avec le plus grand soin mais on devra employer les moyens les plus doux afin d’éviter les irritations de la muqueuse. L’hygiène de l'intestin est capitale. Il faudra assurer une masse suffisante aux fèces et exciter à la fois le péristaltisme et la sécrétion. Bref, il faudra s’assurer d’une évacuation parfaite du contenu intes-

tinal.

DER R qe Traitement antiseptique

A côté de cette thérapeutique tendant à mettre au repos la muqueuse, à assurer au contenu intestinal un équilibre microbien non irritant, thérapeutique, ayant pout but de calmer la lésion et les troubles à la faveur desquels se fait la pénétration dans l’organisme des microbes pathogènes, on pensa entraver directement la virulence microbienne par les antiseptiques. Mais ceux-ci sont difficiles à employer car il ne faut pas qu’ils soient toxiques pour les cellules de l’indi-

vidu, tout en étant toxiques pour le microbe.

On a employé le benzonaphtol, le salacétol, des substances colorantes telles que le violet de gentiane et le bleu de méthylène. Malheureusement il pénètre bien peu de ces substances dans l'intestin.

Les arsénobenzols furent aussi employés. Certes ils ont une action microbicide remarquable, même à petite dose. Malheureusement ces corps sont essentiellement nocifs pour le foie si souvent atteint dans les colibacilloses.

L’antisepsie médicamenteuse est assurée au point de vue urinaire d’abord par la diurèse opérant une sorte de lavage.

Sachant que le colibacille pullulle surtout dans des

milieux alcalins on pehsa acidifier l’organisme soit par

LA QU Let

l'alimentation, soit par des acides libres, tels que l’acide phosphorique ou l’acide chlorhydrique.

La grande médication désinfectante des urines est. surtout l’héxaméthylène. tétramine, corps libérant du formol en milieu acide. Eliminé par le rein, le formol est mis en liberté quand l’urine est acide. Ce médicament s'emploie alors de différentes façons. Mais il ne faut pas oublier que ce corps est irritant bien souvent si son emploi est prolongé.

Le salol, décomposé en acide salycilique et en phénols, corps analgésiques et antiseptiques, fut souvent employé dans les cas douloureux. Mais combien d’intoxication il donna !

On se servait également de métaux colloïdaux, tels que le collargol. Certaines substances dérivées de l’acridine, comme la gonacrine, possèdent un grand pouvoir bactéricide. D’autres, à base de mercure, comme le mercurochrome ont été recommandées surtout dans les pays anglo-saxons.

Mais tous ces médicaments ne sont pas sans danger. D'ailleurs, tuer les microbes, sans tuer les tissus où ils végètent, grâce à des agents chimiques est un problème difficile. La plupart des auteurs reconnaissent que si ces médications ont un pouvoir bactéricide puissant, ils amènent une destruction des tissus, favorisant à la moindre occasion une éclosion nouvelle

d’agents pathogènes encore vivants.

A |f fee

La thérapeutique chimique des colibacilloses, dans l’état actuel est une thérapeutique pleine de dangers. Sans doute, nous tuons le microbe, mais nous lésons le tissu. Nous amenons une amélioration, une pseudoguérison, qui sera bientôt suivie d’une rechute par une recrudescence des microbes qui, résistants, seront

encore plus virulents.

Vaccinothérapie

Beaucoup d’auteurs comprenant ces dangers, ont essayé de lutter contre l'infection par des méthodes biologiques. Ils ont voulu provoquer la destruction des germes par les procédés qu’emploie spontanément l’organisme pour s’en débarrasser. Ils y sont arrivés en excitant les défenses humorales par injection ou ingestion soit des microbes eux-mêmes, atténués de différentes façons, soit par l’emploi de substances étrangères à l'organisme favorisant le moyen de défense.

Sans vouloir entrer dans des considérations étendues sur la vaccinothérapie, nous voulons juger des résultats et des échecs de ce traitement. |

Par la vaccinothérapie nous cherchons à obtenir une immunité active par formation d’anticorps dans le sang. Cependant, Besredka montra qu’il était possi-

ble d’obtenir une vaccination locale donnant une e

EPA

immunité sans anticorps. À côté de l’immunisation humorale incontestée, nous avons une immunisation active favorisant une phagocytose et donnant une immunité cellulaire.

On cherche à utiliser ces différentes immunisations dans le traitement vaccinal des colibacilloses. Peu de questions sont aussi confuses.

Tantôt on pratique l'injection des corps des microbes en cause, suscitant ainsi une réaction de l’organisme en général. Mais ce ne sont pas toujours les cadavres mêmes de ces germes qui seraient les plus actifs ; aussi a-t-on proposé de les détruire par une lyse chimique ou biologique et d’utiliser ainsi leurs protéines constitutives ou encore de se servir des substances exsudées par ces microbes au cours de leur développement ; telles sont les exotoxines ou bouillon vaccins.

Si l’on admet la spécificité des vaccins et si l’on pense que le vaccin le mieux préparé est celui préparé avec le germe même du malade, on pratiquera des « autovaccins ». Le peu de résultat obtenu, attendu que les souches microbiennes peuvent varier, que celles des cultures varient très souvent également, fait que l’on hésitera à employer un traitement coûteux, difficile à obtenir et dont les résultats sont le plus souvent peu probants.

On s’adressera alors aux stock-vaccins ; mais ceux-

ci, si polyvalents soient-ils, donneront une améliora-

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