HECTOR
tion passagère. Il restera souvent une race non attaquée par le vaccin employé.
Les voies de pénétration sont au nombre de quatre : intra-veineuse, intra-musculaire, digestive, urinaire.
La première n’est employée que dans les cas d’urgence ; elle choque terriblement le malade, et, devant une réaction violente à craindre, on doit le plus souvent hésiter.
La voie sous-cutanée, beaucoup plus pratique, donnant moins de réaction, aura peut-être de bons résultats, mais ils seront inconstants. Oeconomo$. affirme avoir eu des améliorations mais déclare n’avoir jamais eu de guérisons. Strominger et Noguès reconnaissent que les résultats n’ont point correspondu à leurs attentes. Toute une série d’auteurs, tels que Minet, Wolfrom, Petit, Lemierre disent n’avoir jamais eu d’observations démonstratives. D’après ce dernier, si le vaccin ne fait pas de bien il ne‘fait pas de mal et les malades finissent par guérir avec ou sans lui.
La voie buccale est la plus employée maintenant. Il y a beaucoup de préparations dans ce but. Heïtz- Boyer insiste beaucoup sur ce mode de vaccination et dans un article paru dans le Monde médical en novembre 1928 il fait remarquer l'importance dela. vaccination buccale dans le syndrome entéro-rénal. Pour lui, il faut d’abord soigner l’état de l'intestin,
cette «usine à poisons ». Il a plus confiance dans cette
Dre MBA
méthode que dans la vaccination sous-cutanée qui agit surtout par choc. Il fait un plaidoyer énergique pour la vaccination buccale, mais la vogue des injections sous-cutanées des vaccins est encore grande.
La voie urinaire, introduite à la suite de recherches de Dufour, consiste à introduire directement le vaccin dans le bassinet, la vessie. Mais dilué par l’urine, le vaccin perd beaucoup de son efficacité ; c’est une sorte de vaccination locale telle que l’a préconisée Besredka.
Les résultats obtenus par la vaccination sont assez inconstants. Rien ne peut faire prévoir les succès heureux ou nuls de cette thérapeutique, quelle que soit la préparation du vaccin. Souvent, on obtient une amélioration clinique : chute de température, soulagement des douleurs locales et des malaises généraux ; mais jamais on n'obtient la stérilisation complète des urines. C’est sans doute trop demander à cette méthode que d’espérer une guérison radicale.
Il est possible d’en retirer des bienfaits, mais elle ne devra pas être appliquée seule. Ainsi que nous l’avons démontré déjà, la colibacillose est une maladie essentiellement polymorphe contre laquelle il faut dépenser toutes les ressources possibles de la thérapeutique.
Même si la crise est enrayée provisoirement, les
germes ne sont pas tués entièrement par ces méthodes.
‘Ce n’est qu'après la destruction complète des germes
: CAES
qui ont provoqué l'infection qu’il y a certitude de guérison.
Il nous paraît que les échecs de la vaccinothérapie anticolibacillaire sont dus à ce que les anticorps
formés dans l’organisme ne pénétrent qu’en quantités infimes dans les régions infectées, quantités insuffisantes pour y exercer une.action microbicide.
En résumé, si dans certains cas, la vaccinothérapie a donné des résultats encourageants momentanément, il faut toujours se souvenir que c’est une méthode qui ne peut détruire les germes de l’infection dans tous leurs repaires et qu’après une amélioration passagère on se trouve parfois devant une crise encore plus forte que la précédente.
A la suite de ces échecs, on a reconnu la grande supériorité du traitement par le bactériophage qui permet une guérison complète et durable dans la majorité des cas, en amenant une lyse complète
et durable des microbes pathogènes.
C’est en 1909 que d’Hérelle fit des constatations sur des phénomènes étranges relatifs à des septicémies chez les sauterelles. Il remarqua des faits curieux. Appelé pour détruire bactériologiquement ces insectes . qui causaient d'énormes ravages dans certaines régions du Mexique, il constata que coccobacillus acridiorium était susceptible de leur causer des diarrhées mortelles. Il ensemença avec des microbes exaltés des cultures en bouillons qui, après inoculation, amenaient une destruction de ces sauterelles. En isolant ce coccobacille du contenu intestinal d'insectes infectés, il observa sur des tubes d’isolement ou sur des tubes de repiquage, des colonies échancrées et même des taches vierges au milieu de colonies confluentes. Ces irrégularités de cultures l’intriguèrent, il pensa alors qu'il y avait un deuxième élément pathogène, un élément invisible associé à un élément visible.
Au cours de nombreuses recherches, il essaya de vérifier, si cette hypothèse était exacte dans les
maladies humaines : dysenteries bacillaires, typhoïde,
L'AAE
Il vit, après avoir filtré des émulsions de déjections de malades en voie de guérison, des anomalies de cultures. Faisant agir ce filtrat sur des émulsions de bactéries en colonies sur gélose, il eut des cultures atypiques et il remarqua alors que, lorsque des irrégularités de cultures se produisaient, ce n’était jamais au début de la maladie mais toujours avec des filtrats de déjections prélevés au déclin de l'infection. Il n’obtenait donc ces résultats qu’en.se servant de cultures provenant de malades en voie de guérison.
Essayant ces phénomènes dans la dysenterie, il introduisit dans des milieux de culture de bacilles dysentériques, des filtrats de selles de convalescents et il obtint une lyse de ces bacilles.
D'Hérelle découvrait ainsi le bactériophage, être vivant, invisible avec nos procédés microscopiques, capable de traverser les filtres bactériologiques, et ayant la propriété de détruire complètement, de lyser un certain nombre de bactéries et en particulier le colibacille.
Mais, où trouver le bactériophage anticolibacillaire ? À peu près partout dans la nature, les eaux de rivières et d’égoûts, la terre, les déjections humaines et animales en contiennent presque toujours; mais son activité est plus ou moins grande. Les urines en possèdent souvent à la fin des colibacilloses urinaires. On a
pu y trouver dans certains cas des souches capables