‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 15 sur 18 · FRAME · texte numérisé non relu

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ment la stérilité de l’urine, mais fait remarquable celle-ci contient toujours des suspensions de bactériophages plurivirülents. GE MERE

La malade süivie jusqu’à ce jour ne présente plus aucun symptôme d'infection colibacillaire.

Ce qui nous paraît intéressant dans cette observation, c’est de voir une infection ancienne, grave, céder en quelques jours à ce traitement. La persistance du bactériophage dans l’organisme prouve sa résistance et sa multiplication, fait qui explique le maintien de la guérison.

Observation n°4.-—M. J., 26 ans, présente depuis plusieurs mois des diarrhées cholériformes. Apparition brusque d’une cystites ; pus et sang dans lesurines, douleurs violentes à la miction, il essaie un traitement désinfectant à base d’uroformine, de bleu de méthylène, de chlorydrate de méthyl-oxyquinoléine. Les résultats, appréciables cependant, sont assez fugaces.

Nous avons l’occasion de pratiquer pour lui un examen des urines. Celles-ci révèlent la présence d’une quantité énorme de pus, de colibacilles et de paracolibacilles.

Nous pratiquons un essai de lyse, celle-ci fut assez difficile, il nous à fallu différentes races plurivirulentes mais nous obtenons cependant une destruction complète in vitro des microorganismes de notre malade.

L'ingestion de bactériophages donne une amélioration des symptômes et une disparition des phénomènes douloureux.

Un nouvel examen bactériologique pratiqué deux mois après nous montre une urine absolument stérile.

Observation n° 5 (décembre 1934). — Mme B., 47 ans’ présente depuis trois ans des troubles extrêmement variés et polymorphes, troubles gastro-intestinaux, urinaires, vaso-moteurs, arthritiques, bref tout un ensemble designes laissant supposer une infection grave. Différents traite-

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ments lui sont donnés sans aucun résultat si bien que, on a une anémie extrêmement prononcée ; les globules rouges tombent à 800.000, les globules blancs montent à 100.000. L'examen dela malade montre une spléno et une hépatomégalie. Les troubles gastriques dominaient la scène. Devant l’échec de toute médication générale, on a l’idée de pratiquer un examen cytobactériologique des. urines ; celles-ci contiennent une quantité énorme de colibacilles et de paracolibacilles. Quelque temps après cette constatation la malade se plaint de troubles vésicaux intenses, ce qui confirme le diagnostic de colibacillose. On nous demanda alors de pratiquer un bactériophage. Nousessayons de lyser les souches de la malade par nos races : la lyse malheureusement n’est pas rapidement complète. Pressé par le temps et la gravité de l’état de la malade, nous lui faisons incérer notre suspension de bactériophages qui ne Iysait pas entièrement toutes les souches de colibacilles de la malade. |

Un nouvel examen d’urines pratiqué, montre une très forte diminution des agents pathogènes. Encouragé par cette amélioration, nous essayons de détruire les bacilles résistant à notre première tentative, en les mettant en présence de nouvelles races de bactériophages. Après quelques échecs, nous arrivons à ce résultat et l’ingestion de notre nouvelle suspension amena la destruction complète du microbe résistant la première fois.

Depuis ce temps, la malade ne présente plus de troubles colibacillaires, les numérations globulaires pratiquées ont montré une diminution de l’anémie et si son état n’est pas encore parfait, ce n’est certes plus à cause de la colibacillose puisque chez elle, on ne trouve plus d’agents pathogènes, mais par suite de l’atteinte générale de tout son organisme.

Observation n°6 (décembre 1934). — Le jeune C., 3 ans, présente depuis sa naissance tout un ensemble de syndromes colibacillaires. Ses urines ont toujours été trou- :

LEVEpTeE bles. Il présente des symptômes vésicaux fréquents et répétés, des symptômes rénaux, le tout caractérisé surtout par des hématuries et des pyuries. Quelques poussées de température.

L'examen bactériologique de ses urines, pratiqué en novembre 1934. montre, en plus de cellules de desquamation, : des leucocytes et des hématies. Présence, en outre, de très nombreux colibacilles à l’état presque pur. Un phimosis fut suspecté d’être la cause de l'infection. L'opération pratiquée en juillet 1934, ne donna aucune amélioration. On pensa alors à lui appliquer un traitement vaccinothérapique ; les résultats furent extrêmement douteux. :

A ce moment, on nous demanda de pratiquer un traitement par le bactériophage. Les colibacilles du sujet, mis en présence de nos souches de bactériophages furent lycés assez rapidement mais cependant après plusieurs passages successifs. L'ingestion de notre suspension donna un éclaircissement rapide, mais un léger trouble persista néanmoins dans les urines. Il restait des quantités importantes de pneumobacilles. L’absorption de plusieurs bactériophages ne donna alors que peu d’amélioration, les pneumobacilles restant, étant résistants vis-à-vis de nos races. Nous avons essayé à nouveau d’obtenir une lyse de ces pneumobacilles par de nouvelles races de bactériophages. Ceux-ci ayant été actifs in vitro, furent administrés à notre petit malade, et amenèrent alors la disparition complète des germes pathogènes.

Des examens répétés depuis ce temps montrent, d’une part, l’absence de tous germes nocifs, et d’autre part, la persistance de bactériophages actifs contre les germes qui occasionnèrent primitivement les lésions.

Observation n° 7. — Mme P., 62 ans, vient consulter pour troubles vésicaux durant depuis 3 ans déjà : mictions fréquentes, douloureuses, avec parfois à la fin une légère. hématurie. Les urines sont très troubles ; de temps en temps.

des douleurs dans la région rénale. En plus de cela, douieurs extrêmement violentes dans tout le plancher pérnéal.

L'examen d’urines pratiqué montre une quantité très abondante de pneumobacilles, de rares entérocoques, quelques paracolibacilles, mais aucune trace de colibacilles typiques. Nous posons le diagnostic de cystite microbienne ; nous essayons d’abord un traitement chimique à base . d’uroformine et de chlorhydrate de méthyl-oxyquinoléine. Echec. Un traitement vaccinothérapique pratiqué ne donne pas un résultat plus appréciable : l’urine reste toujours aussi microbienne. Nous pratiquons alors un essai de lyse par des souches de bactériophage et au bout de quelques repiquages successifs, nous avons une destruction complète in vitro des bacilles de notre malade.

Nous lui faisons prendre par voie buccale, après alcalinisation notre suspension et au bout de huit jours nous revoyons la malade ; elle ne souffre plus des reins, sa cystite a disparu. Un examen d’urines effectué montre que l’urine est stérile. Seule une pesanteur périnéale la fait encore souffrir. Mais il s’agit là probablement d’un retrécissement du rectum.

Toujours est-il que cette fois encore nous avons eu une destruction complète des agents pathogènes de la maladie.

Observation n° 8 (juillet 1935). —- Mme C., présentait depuis une dizaine d’années des troubles de colibacillose confirmés. Elle fit des cystites à répétition, une pyélonéphrite, une appendicite, des troubles gastro-intestinaux. . Elle se soigna par des médications chimiques. Les améliorations qu’elle obtint étaient peu persistantes.

Un examen bactériologique des urines montra du pus, du sang, des colibacilles, des paracolibacilles, des entérocoques, des pneumobacilles, des streptocoques.

C'était une culture extrêmement polymorphe qui se présentait. Nous essayâmes de séparer les germes et de les mettre en présence de bactériophages actifs. Seules, les

pe

souches de colibacilles, se trouvèrent résistantes. Après différents essais de lyse par diverses races de bactériophages nous eûmés in vitro une lyse complète de tous les agents pathogènes qui se trouvaient dans l'urine de notre malade.

Nous lui fîmes ingérer notre suspension et après la prise de 6 ampoules de bactériophages, nous eûmes l'occasion de vérifier le résultat. Une amélioration était certaine à ce moment mais il restait encore quelques corps microbiens non dissous, en particulier de l’entérocoque. Nous refîmes prendre quelques nouvelles ampoules de bactériophages et un examen pratiqué après un mois montra, une urine absolument stérile. è

Un nouvel examen pratiqué en novembre dernier confirma l’absence de tous germes pathogènes.

Observation n° 9. — Mme J., présente un syndrome colibacillaire extrêmement polymorphe : troubles rénaux troubles vésicaux, troubles intestinaux, troubles digestifs. Le tout étant apparu après une infection puerpérale à colibacilles reconnue.

On nous envoie de l’urine. Dans celle-ci nous trouvons du colibacille, de l’entérocoque, du pneumobacille. On nous demande de préparer pour elle un auto-bactériophage. Nous sommes arrivé à lyser rapidement le colibacille, mais le pneumobacille et l’entérocoque furent beaucoup plus résistants. Ce n’est qu’au bout de sept passages successifs que nous obtenons une lyse complète et définitive de ces ‘agents. Le bactériophage lui-même est donné par ingestion. Au bout de 6 jours les phénomènes douloureux disparaissent. L'urine examinée un mois après est devenue complètement stérile. “

Observation n° 10 (septembre 1935).— Mme L.,27 ans, est atteinte de cystite chronique depuis 18 mois à la suite : vraisemblablement d’une infection puerpérale. Lorsque nous la voyons elle se plaint de mictions fréquentes avec

Ce OR

ténesme et brûlures, elle ne fait pas de fièvre, sauf au début de sa maladie où elle fit quelques poussées de température ne dépassant jamais 390. La malade a, maigri, son état général est atteint, de même que son psychisme. La maladie qui au début était intermittente est devenue depuis 6 mois continue., Un traitement vaccinothérapique associé à un traitement chimique a donné une amélioration, Mais les examens pratiqués au laboratoire montrent une urine toujours trouble qui est une véritable culture de bacilles col.

Nous essayons de faire un bactériophage. Nous mettons les bacilles de la malade en présence de souches diverses. Les bacilles se trouvent rapidement et entièrement lysés. Nous faisons ingérer notre filtrat et dès le troisième jour, disparition complète des troubles vésicaux. Quinze jours après, nouvel examen microscopique qui montre une urine absolument stérile. Les races microbiennes de Mme L. étaient donc sensibles aux souches de collection de bactériophages et se sont trouvées complètement détruites par ces derniers, aussi bien in vivo que in vitro.

Observation n° 11. — Mme D., est entrée dans un des services de médecine de l'Hôpital du Mans le 30 novembre 1935 avec un diagnostic de colibacillose aigue. Femme de 30 ans, enceinte de six mois, elle présentait avant son entrée à l'hôpital des symptômes infectieux : température à 400, anorexie, troubles digestifs etc. Les urines sont rares | et troubles ; un examen pratiqué en ville montre la présence de très nombreux colibacilles et entérocoques. A son entrée dans le service, elle se trouve dans un état de rémission, la température est revenue à 389, les troubles digestifs et les douleurs de la région rénale gauche ont diminué. Mais dès le 17 décembre une élévation thermique à 4005 fait son apparition; état assez choqué, signes de septicémie. Nous pratiquons à ce moment un examen des urines dans lequel nous décelons du colibacille, des paracolibacilles variés, de l’entérocoque, du pneumobacille.

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