‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 14 sur 18 · LUN · texte numérisé non relu

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On a ainsi une quantité importante de races de bactériophages capables de lyser tous les microbes, causes de l'infection.

Sans cette précaution, il resterait dans l’organisme des microbes non lysés susceptibles, par la disparition des autres, en acquérant une activité plus grande de ce fait, de favoriser la chronicité de l’infection.

Le bactériophage ainsi préparé, réparti dans des ampoules stériles de 2 cc. sera donné à ingérer à nos malades.

Préalablement nous ferons absorber du bicarbonate de soude afin d’alcaliniser l’organisme, les urines en particulier. Nous chercherons à avoir pour celles-ci un pH voisin de 7,8, pH qui est celui de nos milieux de culture.

Nous ferons ingérer à jeun, dans un liquide alcalin, nos suspensions de bactériophages à la dose de une ampoule: par jour. Théoriquement, le contenu de deux ou trois ampoules doit suffire. Mais pratiquement nos préférerons donner nos bactériophages pendant une dizaine de jours. Dans certains cas aigus même, nous ferons prendre quotidiennement le contenu de deux ampoules. ;

Le bactériophage étant extrêmement sensible aux antiseptiques, il faut proscrire au malade l’emploi de toute médication désinfectante que, non averti, il

pourrait prendre dans l’espoir d’accélérer sa guérison.

Voici quelques observations personnelles qui montreront d’une façon satisfaisante les résultats remar-

quables que nous avons obtenus.

Observation n° 3. — Mme N., 25 ans, présente depuis 4 ans des troubles généraux et locaux dus au colibacille. En 1928 angiocolite ; en 1931 cystites très violentes, associées à des troubles diarrhéiques qui se répétèrent fréquemment jusqu’en avril 1933 où étant enceinte de trois mois elle fait une pyélonéphrite très sévère. Après son accouchement, infection puerpuérale à colibacilles avec température élevée., puis réapparition de crises de cystite. Pendant tout ce temps, un traitement vaccino-thérapique fut associé à un traitement antiseptique. Ces traitements donnèrent une amélioration mais il n’y eut jamais la disparition complète des germes.

C'est en novembre 1933 que, voyant que nous n'avions aucun résultat durable, nous avons essayé de faire un bactériophage adapté.

L'examen microscopique de l’urine montre : colibacille, paracolibacille, entérocoque, pneumobacille, staphylocoque, donc des souches différentes et polymorphes.

Nous essayons de lyser ces races par des bactériophages différents. Tous les germes, excepté le colibacille, furent détruits rapidement. Seul celui-ci restait bactériophagorésistant. Au bout de nombreux passages, et avec l’apport de nombreuses races de bactériophages, nous arrivons à une lyse compléte.

Nous faisons ingérer à notre malade, le contenu de 12 ampoules après avoir pris les précautions d’alcalinisation d’usage. Au bout de 15 jours, les troubles ont entièrement disparu. L'examen microscopique est pratiqué et nous montre la disparition complète de tous les germes associés. Différentes analyses faites depuis ce temps, confi-

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