‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 5 sur 18 · À MES MAITRES DE L'HOPITAL DU MANS MM. LES DOCTEURS PAPIN ET GRANVAL · texte numérisé non relu

À MES MAITRES DE L'HOPITAL DU MANS MM. LES DOCTEURS PAPIN ET GRANVAL

Dont nous fimes successivement l’interne.

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Depuis quelques années, la colibacillose est devenue d'une telle fréquence que bon nombre d’auteurs l’ont qualifiée de maladie « à la mode ». Mais il faut se souvenir qu'il y a un demi siècle à peine, on disait la même chose de l’appendicite, qui actuellement n’est plus discutée par personne. Il en sera de même de la colibacilose. Nous nous trouvons en ce moment dans une période de recherches cliniques et bactériologiques. De nouvelles conceptions s'imposent chaque jour. Force maladies restées inexpliquées prennent maintenant un sens plus précis depuis que l’on ne fait plus de la colibacillose une entité fixe et qu’elle est sortie des cadres rigides et étroits, où elle était enfermée au début de son étude.

Certains auteurs vont même jusqu’à dire que la colibacillose est la plus répandue des maladies et la dénomment souvent maladie méconnue.

Cette infection entre dans tous les domaines de la médecine et elle intéresse aussi bien l’accoucheur, que l’urologue, le gynécologue, le psychiatre. Nul ne peut contredire le polymorphisme des colibacilloses

qui peuvent prendre toutes les formes, depuis la

tes

forme septicémique grave jusqu’à la cystite banale et qui peut affecter tous les organes de l’économie.

Tous les auteurs qui l’ont étudiée, sont unanimes pour affirmer que c’est la plus polymorphe des maladies ; aussi sont-ils tous d’accord pour reconnaître la difficulté du traitement. Non seulement la colibacillose est variable dans ses formes, mais elle l’est aussi dans ses agents. Le colibacille est parmi les plus hétérogènes des microbes. Ce n’est pas non plus le seul agent causal ; souvent il est associé à d’autres germes ; parfois même il est absent en tant que forme pure colibacille, alors que tous les symptômes confirment le diagnostic de la maladie. Elle est causée par des germes voisins tels que les paracolibacilles, ou par des colibacilles, qui sous certaines conditions se sont trouvés mutés en d’autres éléments tels que le pneumobacille ou l’entérocoque.

Le polymorphisme de la maladie, celui de l’agent causal donnent une grande difficulté au traitement. C’est là d’où vient l’échec si fréquent de la plupart des thérapeutiques employées.

Nous avons traité des cas de colibacilloses par le bactériophage de d’Hérelle, bactériophage qu’au préalable nous avons adapté aux souches microbiennes mêmes des malades et les résultats remarquables que nous avons obtenus, nous ont incité à continuer dans cette voie.

LES COLIBACILLOSES

Nous n’avons certes pas la prétention d’étudier en détail toute la symptomatologie des colibacilloses ; nous sortirions du cadre de notre thèse et du but thérapeutique que nous voulons atteindre. Ce que nous voulons seulement essayer de démontrer, c’est la diversité de formes que peut prendre cette infection.

Le colibacille peut atteindre tous les organes et de nombreux auteurs ont démontré que tous les domaines pouvaient êtres touchés par l'infection colibacillaire.

Nous allons essayer de faire un bref résumé de la symptomatologie et des formes cliniques de la colibacillose. Puis nous verrons quelles peuvent en être

l’étiologie et la pathogénie.

Formes cliniques et symptomatologie

La colibacillose est un ensemble de syndromes dans lesquels les troubles intestinaux, locaux et généraux, s’associent selon des modes différents et présentent des aspects extrêmement dissemblables au premier abord.

Souvent des formes cliniques paraîtront les divisions arbitraires d’un ensemble pathologique dont elles ne sont que des variantes, mais l'expérience clinique prouve que cette infection peut prendre des caractères si variés qu’il faut s’exercer à la reconnaître sous tous les déguisements qu’elle peut revêtir et l’envisager sous les angles les plus divers.

Nous ne citerons que pour mémoire les formes intestinales pures des colibacilloses. Ce sont en général des formes extrêmement bénignes se caractérisant par des troubles diarrhéiques, passant inaperçues souvent et cédant à un traitement antiseptique banal.

Des troubles digestifs plus importants consistent en une constipation opiniâtre. Inutile de rappeler la présence du colibacille dans l’intestin humain depuis les 48 premières heures de la vie. C’est alors que les colibacilles pullulant dans un intestin s’évacuant mal, profitant d’une petite lésion de la muqueuse, iront

essaimer dans les points les plus éloignés de l’orga-

nisme.

Les états diarrhéiques cités plus haut ne sont souvent que de fausses ‘diarrhées, celles-ci étant des réactions de défense. Ces selles diarrhéiques ont fait un séjour anormalement prolongé dans le colon et l’eau qui les forme est due à une hypersécrétion de la muqueuse intestinale. D'ailleurs nous remarquons souvent dans ces selles la présence de matières très

solides au milieu de parties trop fluides.

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Toute la symptomatologie des colibacilloses doit être guidée par le point de départ intestinal. L’interrogatoire du colibacillaire doit être dirigé dans ce sens et en présence de ces états intestinaux septicémiques, où l’hémoculture est négative, il faut penser à la colibacillose.

L'absence de germes dans le sang, même aux périodes fébriles dans une affection à allure septicémique, paraît être une preuve de septicémie colibacillaire. Certains auteurs tels que Lequeux et Fisch, attribuent l’échec de l’hémoculture au fait que le microbe présente une forme atténuée, l’empêchant de se reproduire. Nous avons personnellement fait quelques hémocultures dans des septicémies colibacillaires en périodes aiguës et jamais nous n’avons eu de microbes capables de se reproduire en cuiture.

La symptomatologie de ces septicémies est aiguë et brutale; début accompagné de frissons, température à 400 avec de grandes oscillations, pouls rapide, céphalée intense et tenace, anorexie. Ces formes sont souvent prises pour des fièvres paludéennes ou des typhoïdes atypiques.

La plupart du temps, cet état s’accompagne d’une localisation rénale, association sur laquelle Heitz- Boyer a tant insisté.

A côté de ces formes aiguës existent les formes

chroniques qui font hésiter entre état septicémique et

auto-intoxication. Les malades présentent alors des troubles digestifs variés, gastriques, intestinaux, hépatiques, rénaux. On ne trouve dans l’urine ni pus ni microbes, ni albumine. La maladie a une allure infectieuse ; des troubles très divers, de temps en en temps une poussée de température, de la céphalée, des crises douloureuses hépatiques, dés périodes de diarrhée, des pyuries ; le diagnostic est presque impossible : aucun signe clinique, auun renseignement de laboratoire. C’est alors qu’en désespoir de cause l’on fera une thérapeutique désinfectante qui parfois

donnera une amélioration.

A côté de ces formes septicémiques aiguës, il existe des formes chroniques dont le laboratoire confirmera le diagnostic. Le malade se plaindra de céphalées, de migraines tenaces ; il aura eu quelques troubles intestinaux, une urine trouble permanente ; il seraasthénié. Le sommeil ne lui apportera aucun repos, se trouvant plus fatigué au réveil que le soir en se couchant ; il sera irritable, capricieux, fantasque. Il aura des troubles endocriniens, circulatoires, sympathiques. Il sera hypotendu. Ses troubles circulatoires iront même parfois jusqu’à amener un refroidissement des extrémités. Il deviendra frileux. De temps en temps

de petites poussées thermiques.

OU 7e

À ce moment même le diagnostic peut se poser avec celui de tuberculose. On est dérouté par tous ces symptômes frustres, peu accusés, donnant un aspect clinique si variable. Le laboratoire tranchera alors le diagnostic en montrant du colibacille dans des examens répétés d’urines.

À côté de ces formes généralisées il existe le plus souvent des formes localisées.

L'une des plus fréquentes est la forme hépatovésiculaire, ou syndrome typho-cholécystique de Durand ou forme entéro-hépatique de Desgeorges. Ce dernier fait un parallèle entre le syndrome entérohépatique et le syndrome entéro-rénal, l’auto-infection intestinale étant une des principales causes de la cholècystite chronique.

La colibacillose à départ intestinal se propagerait au foie par le courant sanguin. Il y a donc une localisation hépatique comme il y à une localisation rénale. Ce serait sans doute pour cela que la plupart des lithiasiques biliaires sont des colibacillaires ainsi que

la plupart des lithiasiques rénaux.

* # A côté de ces formes hépato-vésiculaires existent

des formes pulmonaires. Andréoli a trouvé le coli-

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Dour

bacille dans des congestions pulmonaires et dans des pleurésies. Mélamet fait un syndrome entéro-pulmonaire ; mais il attribue alors le rôle principal à l’entérocoque.

Il est exact qu’on a souvent accusé les troubles intestinaux d’être la cause de complications pulmonaires post-opératoires, de même que les affections pulmonaires d’être le point de départ de localisations abdominales.

A ce sujet nous citerons l’observation suivante :

Observation n° 1. — Le jeune L., 4 ans, présente quelques troubles intestinaux, un abdomen un peu douloureux et légèrement météorisé. Il se met à tousser et trois jours après donne des signes de congestion pulmonaire pour laquelle il est soigné. Au bout de quatre jours, amélioration : la température tombe, mais le lendemain apparaissent une température à 400, une contracture abdominale et un Mac- Burney, les signes pulmonaires parallèlement augmentent d'importance ; le diagnostic d’appendicite est fait. L'enfant est opéré et on trouve un appendice gangréné et du pus dans le péritoine, l’examen du pus montre la présence de très nombreux entérocoques.

Il est curieux de voir la simultanéité complète des troubles abdominaux et pulmonaires. Souvent d’ailleurs ces formes d’appendicite sont vues chez l’enfant à la suite d’affections broncho-pulmonaires et l’institution d’un traitement anticolibacillaire polyvalent

guérirait en même temps les troubles pulmonaires et

abdominaux,

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Mais ce qui domine surtout ce sont les formes urinaires qui sont de beaucoup les plus fréquentes.

Ayant pénétré dans la circulation pour une cause quelconque l’agent causal est éliminé par l’urine et une localisation pourra se faire au point le plus faible de l’arbre urinaire.

Il y a des formes urinaires latentes, des bactériuries de passage à la symptomatologie plus ou moins frustre. L’attention est attirée par la présence d’urines troubles ; celles-ci fourmillent d’agents microbiens qui ont pullulé pour diverses raisons, dont une des principales est l’hypoacidité.

Souvent le passage de ces nombreux germes est mal supporté par la vessie ; sa muqueuse s’infecte et nous nous trouvons devant une cystite avec tous ses symptômes : mictions fréquentes et douloureuses, urines troubles et sanglantes ; douleurs périnéales.

Parfois alors le malade voit sa température monter jusqu’à 406 avec de grandes oscillations ; état général mauvais ; douleurs rénales avec irradiations à type de coliques néphrétiques ; mictions fréquentes et douloureuses ; sang dans les urines ; le rein ou les reins sont gros, les urines troubles contenant du pus et de très nombreux germes. Nous voilà en présence d’une

pyélonéphrite.

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La colibacillose donnera des pyélonéphrites au cours de la grossesse, dans les suites de couche, en association avec des infections gynécologiques, chez les vieilles femmes, chez les nourrissons. Ces infections rénales laisseront souvent des séquelles : insuffisance, œdèême, albuminurie, etc.

Parfois, dans les cas graves, ces infections prendront des formes hématuriques avec hémorragies abon-

dantes.

A côté de ces formes septicémiques, hépatovésiculaires, pulmonaires, rénales, vésicales, il existe toute une série d’autres localisations, qui pour moins fréquentes, n’en sont pas moins utiles à connaître.

Nous citerons en particulier :

— les formes nerveuses et psychopathiques avec asthénie, dépression, tristesse, idées noires, insomnies, etc., :

— les formes arthritiques, lumbago, arthrites diverses, — jes formes phlébitiques,

— les formes anémiques,

— les formes putrides avec localisation des collections purulentes les plus diverses (pyopneumothorax, abcès de la paroi),

— les formes endocriniennes, particulièrement ova-

riennes, avec troubles de la menstruation.

Telles sont les principales, parmi les nombreuses

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formes de la colibacillose. Selon que les unes ou les autres prédomineront, la maladie revêtira des aspects fort différents. Sans doute, certaines manifestations seront elles exceptionnelles, d’autres souvent constantes.

Mais le fait le plus curieux est de voir une infection prenant tant de formes et ayant des aspects aussi

différents.

Etiologie et Pathogénie

La pénétration des germes de la colibacillose dans l’organisine se fait par diverses voies qui peuvent être sommairement résumées à deux :

— La voie ascendante ou voie urinaire.

— ie descendante ou voice sanguine.

La voie descendant anguine

La pénétration par voie ascendante donnera essentiellement une colibacillcse urinaire. Ce sera celle des malades catathérisés fréquemment, par infection des organes génito-urinaires. Puis ce sera celle causée par les obstacles apportés au cours de l'émission de l’urine, soit par rétrécissement uréthral, hyperthropie prostatique, paralysie vésicale. Cette voie ascendante est certaine et il faudra toujours chercher dans les voies

urinaires inférieures un foyer possible de propagation.

La voie descendante est le mode d'infection le plus

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