‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 8 sur 18 · RU LA · texte numérisé non relu

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En 1930, il avait déjà démontré avec Differdange la possibilité de mutations de bacilles typhiques en entérocoques.

Nous avons eu tous les deux l’occasion de voir des mutations de colibacilles en entérocoques ou en pneumobacilles.

Voici d’ailleurs, à ce sujet une observation assez

démonstrative :

Observation n° 2. — Au mois de juin 1934, Mme D. qui venait d’accoucher se met à faire sans raison apparente des poussées de température à 400. Cette température reste fixée à ce plateau élevé quelque temps puis se met à faire des oscillations importantes.

L'un de nous fait un prélèvement d’urines et une hémoculture. Les urines ont montré : une réaction leucocytaire peu marquée (quelques mono et polynucléaires), de nombreux bâtonnets Gram négatif et quelques cocci prenant la même coloration. Avec les réactions culturales nous concluons au bout de 24 heures : réaction inflammatoire peu franche avec présence de colibacilles et de bacilles de Friedlander.

Or, au bout de 48 heures les .ensemencements nous montrent de très nombreux entérocoques çaractérisés par leur morphologie, leur aspect diplococcique, en chaînette parfois, car leurs aspects tinctoraux sont fort polymorphes, la plupart étant à la limite entre la positivité et la négativité du Gram.

Des repiquages faits avec ces souches montrent le lendemain des aspects tinctoraux, culturaux, morphologiques typiques de l’entérocoque.

Dès le premier de ces examens, nous avons, croyant avoir affaire à une infection colibacillaire, essayé de lyser ces races par du bactériophage anticolibacillaire. La lyse était

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totale dans le tube inoculé de bactériophage alors que dans le témoin nous trouvions des formes rappelant l’entérocoque qui a toujours été lysé par nos souches de bactériophage anticolibacillaire, des souches antientéro, ne donnant pas de lyse appréciable.

Quant à l’hémoculture, après 24 heures d’étuve, elle présentait un léger trouble et montrait des formes bactériennes très polymorphes. Les réensemencements de celle-ci présentaient le premier jour des microorganismes en bâtonnets et le deuxième jour des aspects diplococciques. Un essai de lyse par le bactériophage anti-coli effectué le premier jour a été positif alors que dans le témoin on notait la transformation d’éléments en bâtonnets en éléments en diploccoques.

Ce qui est surtout caractéristique dans cette observation, c’est la présence au début des examens, d’éléments en bâtonnets de morphologie nette et de caractères tinctoraux typiques, rappelant en tous points un colibacille classique. Des repiquages étant faits successivement, on arrivait à la forme entérocoque typique par une série d’éléments transitoires polymorphes ne rappelant ni l’un, ni l’autre des microorganismes. Les essais de lyse ont toujours été positifs en appliquant le bactériophage anti-coli aussi bien à la forme coli typique qu'aux formes de transition et à la forme terminale.

Nous voyons ainsi les mutations possibles de microbes en divers autres et, cela nous explique les polymorphismes que nous remarquons en diverses occasions. Le fait le plus typique nous semble-t-il est de voir un entérocoque Iysé par un bactériophage anticolibacillaire, entérocoque que nous avons obtenu en culture en partant de notre colibacille initial, alors

qu'il faut habituellement pour lyser un entérocoque

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des souches de bactériophage adaptées spécifiquement à ce microorganisme.

Dans un travail du Journal d’urologie, dudavril 1931, Fisch admet que certains colibacilles peuvent prendre des aspects en chaînette. Sous certaines influences, ces micro-organismes perdent leur morphologie initiale et par leur nouvelle disposition prètent à confusion avec un streptocoque ou un entérocoque.

Devons-nous aller jusqu’à dire que ce que nous nommons colibacille entérocoque ou pneumobacille ont tous la même parenté et sont tous des colibacilles plus ou moins dégénérés ? Ce qui est certain c’est que sous certaines influences nous voyons parfois des colibacilles se transformer en entérocoques ou en pneumobacilles ou inversement des entérocoques se changer en coltbacilles.

Dans ces cas, nous pouvons nous servir du bactériophage comme moyen de diagnostic : un bactériophage anticoli peut, nous venons de le voir, lyser des entérocoques, aussi bien qu'un bactériophage antientérocoque lysera des colibaciiles.

A plusieurs reprises, nous avons eu l’occasion de voir ces mutations de colibacilles en entérocoques ou ‘en pneumobacilles. Encore très discutés, ces phénomènes de mutation ont une cause mal définie, D’après certains essais que nous avons fait avec E. Peyre, nous croyons pouvoir incriminer les changements de pH.

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Nous avons eu plusieurs cas de malades où une: médication acidifiante favorisait la présence plus abondante d’entérocoques au dépens des colibacilles La cessation de cette médication faisait apparaître. une diminution des entérocoques. |

Les variations du pH seraient les « influences » dont parle Fisch, influences nécessaires à ces changements de forme et de morphologie. Si expérimentalement nous cultivons un de ces éléments dans un milieu contenant un système tampon, nous n’avons. plus ces mutations. Peut-être serait-ce pour cela que nous trouvons une prédominance des pneumobacilles dans la bouche, des entérocoques dans l’intestin grêle, des colibacilles dans le colon. |

Cependant, à côté de ces germes transformables, il en existe d’autres qui sont fixés dans leur formes et dans leur habitat.

Devant tous ces faits, l’absence de colibacilles dans le produit pathologique ne doit pas faire éliminer & priori le diagnostic de colibacillose. Il faudra rechercher alors entérocoques et pneumobacilles et s’enquérir des formes associées. Ces recherches seront faites par les procédés ordinaires de laboratoires : examens. directs et cultures. .

À ces examens bactériologiques il nous paraît bon

d'associer deux autres recherches :

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