‹ Contribution à l'étude du traitement des colibacilloses par le bactériophageChapitre 7 sur 18 · FOR ES · texte numérisé non relu

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trouve toujours dans le gros intestin de l’homme et des animaux.

Dopter et Sacquépée en font une « mauvaise espèce ». c’est-à-dire une espèce bactériologique dont les représentants peuvent présenter des propriétés variables. Les seules bases de classification sont les caractères microscopiques et les caractères culturaux, encore ceux-ci sont-ils souvent atypiques.

Gilbert et Lion ont donné le nom de paracolibacilles aux colibacilles aberrants.

Le colibacille se présente sous la forme d’un bâtonnet trapu, rectiligne ou ovalaire, arrondi, de 1 à 5w de long, cilié, la plupart du temps mobile. Souvent il prend dans l’urine une forme très courte, coccobacillaire. Il n’est ni sporulé, ni encapsulé. Il est décoloré par la méthode de Gram.

Le colibacille est aérobie facultatif et prolifère dans tous les milieux, surtout en eau peptonée. Sur bouillon, il donne un trouble avec ondes moirées et parfois un voile. Son odeur fécaloïde est caractéristique. Sur gélose, colonies grisâtres. Il ne liquéfie pas la gélatine, coagule le lait, fait fermenter le lactose, réduit le rouge neutre, mais ne donne pas de HS. Il produit indol et phénol. Il végète même sur certains milieux minéraux sucrés.

Son pH favori est entre 7,4 et 8. Mais il peut cepen-

dant s’adapter à un pH acide. Alors, il perd beaucoup

de sa virulence. Cette virulence, maxima dans les milieux légèrement alcalins peut encore se trouver accrue in vivo et in vitro par des associations microbiennes.

Vincent a isolé du colibacille deux toxines, l’endotoxine des cultures vieillies, entérotrope, et l’exotoxine des cultures jeunes, neurotropes, toxines absolument indépendantes.

Le colibacille est agglutiné par certains sérums, en particulier ceux de malades infectés par des germes de sa race. Cette agglütination presque toujours homologue, se fait à 1/500 et plus même.

Les sérums de typhiques n’agglutinent pas le colibacille de collection mais celui provenant de l'intestin

même du malade.

Les paracolibacilles sont un groupe de microbes présentant l’ensemble des signes du colibacille mais s’en séparant par un caractère essentiel. Sans étendre abusivement ce groupe et sans y faire entrer une quantité de colibacilles dégénérés, nous pouvons distinguer les types suivants

a. type ne réduisant pas le rouge neutre ;

b. type chromogène à pigment vert ou bacille de la diarrhée verte (Lesage);

c. type immobile, produisant des endocardites infectieuses, des méningites, des aortites (Gilbert et

Lion) ;

SMS SUR

d. type ne donnant pas d’indol, fréquent surtout dans les eaux; e. type immobile et ne donnant pas d’indol, très

voisin du pneumobacille de Friedlander.

Le pneumobacille, découvert en 1886 par Friedlander, fut considéré longtemps comme l'agent causal de la pneumonie. L’erreur fut vite reconnue au profit du pneumocoque. Netter, en particulier, étudia son action et son rôle comme agent assez fréquent de certaines infections pleuro-pulmonaires, méningées et urinaires.

Dans les produits pathologiques il a tantôt la forme d’un bacille, tantôt celle d’un coccobacille. De taille irrégulière il mesure de 1 à 4 microns de long. Il est assez trapu, encapsulé. On le rencontre soit isolé, soit en courtes chaînetttes.

En culture, l'aspect est polymorphe, la forme bâtonnet domine, la capsule existe rarement. Il se colore facilement et ne prend pas le Gram. Il se développe sur tous les milieux habituels. Il est anaérobie facultatif. Sur bouillon, il donne un trouble uniforme avec une collerette à la surface. Il forme au fond un dépôt qui, agité, donnera des ondes moirées. Il fermente les sucres mais ne donne pas d’indol,

Le pneumobacille provoque des manifestations

diverses : péricardites, endocardites, angines, ménin-

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gites, otites, pyélonéphrites, cystites…. Il provoque des infections généralisées (Lemierre) mais souvent il intervient comme agent d'infection secondaire ; sa virulence est variable.

Normalement il se rencontre dans la bouche, dans les voies digestives supérieures.

Le diagnostic bactériologique se fait dans les produits pathologiques par l’indication précieuse de bacille capsulé, ne prenant pas le Gram. Parfois, il a été confondu ou assimilé avec certains colibacilles atypiques ne donnant pas d’indol et tout à fait immobiles. Certains auteurs en font même un véritable colibacille (E. Peyre).

L'entérocoque, isolé par Tiercelin dans l’entérite - muco-membraneuse, est un hôte saprophyte del’intestin. Typiquement, il a la forme d’un diplocoque à grains allongés. On le trouve dans l’urine sous formes de cocci prenant le Gram, de taille variable, ovalaire ou lancéolé, encapsulé ou non, parfois en forme de chaînette. Dans l’organisme il rappelle le pneumocoque ; dans les cultures en bouillon le streptocoque. De vitalité très grande, il se développe en quelques heures et en bouillon forme un trouble concrété en un dépôt muqueux abondant qui s'élève en vrille si le tube est agité. Il ne donne pas d’indol mais coagule

le lait et fait fermenter les sucres sans donner de gaz.

Les infections urinaires à entérocoques sont considérées comme extrêmement tenaces. Les toxines sont très virulentes, ses manifestations pathologiques sont diverses ; il provoque des entérites, des septicémies, des troubles extrêmement variés. C’est souvent un agent d'infections secondaires au cours de la tuberculose, des typhoïdes et parathyphoïdes.

Son association fréquente avec le colibacille amène

une exaltation réciproque de la virulence de ces deux agents.

Le staphylocoque, le streptocoque et les pseudostreptocoques sont rencontrés très fréquemment dans les colibacilloses. Mais ce ne sont pas des germes qui sont rencontrés là à l’état de pureté. Ils sont en association avec les microbes que nous venons d’étudier et ces associations donnent une plus grande difficulté

pour la destruction des germes pathogènes.

Dans tous les examens d’urines que nous avons pratiqués chez des colibacillaires, nous avons été frappé par le polymorphisme des élérnents microbiens; nous avons été étonné de trouver dans les mêmes urines tantôt du colibacille, tantôt du bacille de Friedlander, tantôt de l’entérocoque.

Nous nous sommes demandé s’il ne s'agissait point là de phénomènes de mutations. Avec E. Peyre, nous

avons eu plusieurs cas qui confirmèrent notre hypo-thèse.

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