‹ Contribution à l'étude du traitement des complications de l'avortementChapitre 17 sur 25 · RS CE · texte numérisé non relu

RS CE

ramenér des lambeaux de muqueuse putréfiés et des fragments de placenta volumineux, très adhérents et d’une odeur extrêmement fétide. |

L'hémorrhagie, sans être très abondante, fut néanmoins. beaucoup plus considérable que dans les curettages pour lésions organiques de l'utérus. Le raclage fut aussi complet que possible, étant donné que dans ces cas où l'utérus est en état de gestation, les parois musculaires sont très molles et ne donnent guère plus la sensation de «cri utérin » ; il faut alors la plus. grande circonspection pour éviter la perforation de l'utérus. Lavage antiseptique intra-utérin, à l’aide de la sonde à double courant, ce qui permet de faire passer au moins quatre litres. d’eau phéniquée, et de balayer les derniers débris de placenta, ainsi que les caillots. La cavité utérine est bourrée de gaze iodoformée, de même que le vagin. Potion de Todd au quinquina. Limonade gazeuse. Potion de Rivière.

26 Juillet. — Température 38° 2. La soirée a été mauvaise ; des frissons violents, faisant trembler le lit, se sont déclarés, accompagnés de délire. La nuit, au contraire fut très calme, , sauf un peu de douleur dûe à la rétention d'urine occasionnée par les tampons. /

Le pouls est bon, l'état général se relève, plus de vomissements, la malade est gaie. Après cathétérisme de l’urèthre, j'enlève le pansement intra-utérin et vaginal. Injections phéni-quées intra-utérines et vaginales ; très peu d'odeur dans les lochies. Même pansement à trois heures, température 39°.

27 Juillet. — Nuit très bonne, température 36° 8. Les lochies. sont presque sans odeur. La malade demande à manger. Injections intra-utérines et vaginales, suivies de tamponnement.. utérin et vaginal, peu serré.

Même pansement à trois heures, température 37°

28 Juillet. — Le thermomètre indique 37, température qui.

= pe

ne sera jamais plus dépassée. Les injections intra-utérines furent faites pendant huit jours, et les injections vaginales pendant quinze jours. Un mois après, la guérison complète était acquise ; les douleurs des reins et des flancs, qui avaient existé avant l'avortement, avaient elles-mêmes complètement disparu. Sept mois après la malade a été revue ; la guérison s'était maintenue intégralement.

OBSERVATION XI (Inédite)

(Dûe à l’obligeance de M. le Docteur Sorel.)

Fausse-Couche de trois mois. Rétention placentaire, fièvre, douleur dans lé ventre. Curettage. Ablation du DE intra-utérin huit jours api Guérison (a).

Madame Lefé... , âgée de 25 ans, est d’une santé assez délicate, sans toutefois être malade.

Elle a eu sa première grossesse en 1893 ; pendant cette grossesse, elle a eu des douleurs continuelles dans le ventre ef des vomissements fréquents. L'accouchement à terme s’est passé normalement : les suites de couches ont été bonnes. L'enfant est bien portant.

La deuxième grossesse a eu lieu en. 1894 ; même état douloureux et mêmes vomissements. Accouchement et suites de couches bonnes. L’enfant est mort de diphtérie.

Il y a deux mois, elle est redevenue enceinte pendant ce

(4) Observation 371. Statistique n° 132. :

Libres

début de grossesse elle a eu de nouveau des vomissements fréquents, elle était affaiblie.

Il-y a quinze jours, elle a fait un voyage à la.suite duquel les vomissements ont cessé : après son retour elle était très fatiguée et très faible.

Le mardi soir 30 juillet 1895, elle a commencé a ressentir de très vives douleurs dans le ventre.

Le mercredi 31, aux douleurs s'ajoute une diarrhée abondante.

Le 1‘ août à cinq heures du soir, elle fait une fausse couche,

Observation XI

Le docteur Lausiès n'a pu avoir le placenta qui est resté inséré dans la cavité utérine. IH-fait faire des injections d'eau phéniquée. La nuit, la malade à souffert de violents maux de tête.

Le vendredi malin 2? août, la malade a eu de fortes coliques.

et a rendu un caillot sanguin, sa température est élevée et elle a toujours des douleurs dans le ventre. |

A cause de la fièvre, des douleurs et de la rétention placentaire, le docteur Lausiès appelle le docteur Sorel en consultatation. Ce dernier partageant l’avis de son confrère, estime qu’il y a lieu de faire un curettage pour enlever le placenta et désinfecter la cavité utérine. |

A cause de l'état de faiblesse de la malade, M. Sorel procède à l'opération sans anesthésie.— Savonnage. du périnée, de la racine des cuisses et du vagin, lavage au sublimé au 41/1000. Le col est amené à la vulve avec une pince à traction ; la curette débarrasse l'utérus du placenta ; injection de sublimé dans la cavité utérine, tamponnement avec du chlorure de zinc en . solution au 4/10 ; mèche iodoformée dans la cavité utérine, un feuillet de gaze iodoformée sur la vulve et ouate hydrophile.

La malade est reportée dans son lit, elle a encore des frissons et 40° de température ; la nuit elle a des sueurs abondantes..

3 août. — Ce matin la malade va bien, pas de douleurs abdominales, température et pouls normaux. Etat très bon, la malade est purgée.

4 août. — On commence a alimenter la malade, lait, bouillon et œufs. ;

10 août.— Le 8° jour, le pansement est fait ; jusqu’à ce jour on s'était contenté de toilettes vulvaires — injection vaginale de sublimé, les mèches intra-ptérines sont enlevées, l'utérus est revenu sur lui-même. Etat général très bon. Guérison.

Réflexions. — L'indication opératoire a résulté des

symptômes d’un début d'infection. Elle a été évitée, puisqu’à partir du lendemain tout symptôme fâcheux a dispart

Nr here

et que la température est restée normale. Le pansement est resté en place huit jours sans être changé.

OBSERVATION XII (Docteur Borel de Chabeuïil in. loc. cit.)

Fausse - couche. — Hémorrhagies. — Infection

Madame L..., de Saint-Vincent, jeune femme vigoureuse, âgée de 28 ans, n’a jamais eu d'enfants. Le 14 juin 1887 elle a souffert de coliques violentes perdu du sanget des caillots après une suspension de règles de deux mois environ. Appelé seulement le 25 juin, je trouve madame L... avec de la fièvre, température 38°6, je constate un écoulement séro-sanguin fétide, et je trouve le col entr'ouvert, mais ne fermettant pas l'introduction du doigt.

J'opère sans anesthésie, sans abaissement du col, avec les précautions antiseptiques d'usage et je retire des détritus d’une odeur assez 1ore: Mon doigt, malgré des lavages répétés en a conservé plusieurs jours une odeur de gangrène. Pas la moindre

plainte pendant l'opération et cependant le curettage et la dilatation préalable ont été faits avec toute la rigueur possible.

Le lendemain, la température est à 38, et il n'y a plus trace de sang dans les lochies. Rétablissement complet.le huitième jour après l'opération.

OBSERVATION XIII (Inédite)

(Due à l’obligeance de M. le Docteur Sorel)

Fausse-couche de quatre mois et demi. — Rétention placentaire. — Le sixième jour lochies fétides, frisson, nausées. — Le septième jour, curettage. — Ablation du pansement àu bout de quarante-huit heures. — La température reste élevée encore une semaine. — Injection intra-utérine. — Chüte de la température. — Guérison (1).

Madame L..., âgée de 24 ans, est d’une santé très délicate.

Elle a une fille de sept ans et demi bien portante ; l'accouchement et les suites de couches ont été normaux. Elle a fait une fausse-couche il y a six mois et une il y a 4ans sans incident.

Samedi dernier 5 octobre 1895, elle afait une nouvelle faussecouche de quatre mois et demi ; le placenta n'a pas été rendu. Depuis on lui fait une injection matin etsoir.

Hier, vendredi, 11 octobre, le sixième jour elle a eu des frissons et des naussées ; les lochies sont devenues fétides. Son médecin pense qu'il y aurait lieu d'intervenir et fait demander le Docteur Sorel en consultation à Harfleur.

Le 12 Octobre MM. les Docteurs Gosselin et Sorel voient la malade ensemble : elle est faible, elle a encore eu des nausées et de la fièvre : l'utérus est gros ; l’orifice interne est ouvert ; - ils décident qu’il y a lieu de faire un curettage. M. Sorel à apporté les compresses, les tampons stérilisés à l'autoclave et les instruments stérilisés à l’étuve sèche. La malade est endormie au chloroforme par M. Gosselin. Savonnage, lavage au sublimé

(1\ Observation 414, Statistique 168.

Page 1