‹ Contribution à l'étude du traitement des complications de l'avortementChapitre 16 sur 25 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

(Publiée en même temps que la précédente par M. Dumont,de Tourcoing, dans les Bulletins et mémoires de la Société obstétricale et synécologique de Paris. 1894, p. 109-112.

Avortement de trois mois, hémorrhagie, tamponnement ; infection septique le troisième jour après l'avortement, Curettage le cinquième jour. Guérison.

La femme D..…., âgée de 30 ans et de constitution robuste, partant à son travail le 20 juillet 1893 à cinq heures du matin, est prise subitement d'une hémorrhagie utérine telle qu'elle est obligée de s'arrêter en chemin et de se faire conduire chez elle en voiture. À neuf heures, je la vois dans son lit au milieu de flots de sang. la face est d'une pâleur de cire et des syncopes se déclarent au moindre effort. La palpation abdominale permet do reconnaitre qne l'utérus remonte à ueux travers de doigt au-dessus du pubis, comme dans une grossesse de trois mois

ol

environ ; le col est ramolli, entr'ouvert suffisamment pour permettre l'introduction de la première phalange de l'index.

Cette femme m'explique que ses règles ont cessé depuis trois mois, mais que depuis son dernier accouchement, remontant à cinq mois, elle a toujours souffert. L'accouchement s'était fort bien passé, sans aucun incident ; les lochies avaient été sans odeur, mais s'étaient brusquement arrêtées deux jours après la délivrauce ; huit jours après cet arrêt subit, étaient apparues les premières douleurs, au niveau des flancs et des lombes de chaque côté. Les premières règles étaient arrivées à treize ans ; elles revinrent ensuite irrégulièrement toutes les cinq à six semaines, peudant an ou deux jours seulement et s'accompagnaient de vives douleurs.

Un tamponnement fut immédiatement improvisé, repos en décubitus dorsal. Grog froid, café. Vers deux heures le mari vient me trouver et m'avoue confidentiellement que sa femme était allée consulter un médecin, au sujet des douleurs qu’elle ressentait et pour savoir si elle était enceinte. On aurait du répondre qu’il n'y avait pas de signes de grossesse, mais bien congestion de la matrice et qu'il fallait venir se faire électriser cet organe tous les deux jours. Ces électrisations furent faites pendant quinze jours; la dernière séance avait eu lieu le 48 juillet, deux jours avant l'avortement.

Vers trois heures, le pouls se relevait, et l’état général était meilleur.

J'enlevai les tampons, le col était presque complètement dilaté et l’hémorrhagie était arrêtée. On sentait le placenta faire saillie hors du col, le spéculum permettait même del'apercevoir; à droite on voyait les restes du cordon ombilical, du diamètre d'une plume d'oie, et rompu au niveau de son insertion fœtale. Pas de traces du fœtus, qui avait probablement été entraîné dans l’hémorrhagie. Me rappelant les leçons de mon

maître M. le Docteur Budin, je me garde bien d'en provoquer l'extraction tout en étant décidé à intervenir énergiquement à la première menace de septicémie. Injections vaginales phéniquées toutes les quatre heures. Repos coupes en décubitus dorsal.

21 juillet. - — Le lendemain à cinq heures, on accourut me Chercher : la malade était en proie à une crise de suffocation qui disparut au bout de quelques instants. Il existait en outre de violentes douleurs abdominales, le ventre commençait à devenir ballonné et sensible; les lochies sont un peu fétides ; température 37° 5. Il est impossible de passer à travers le col “obstrué par le placenta et de faire une injection intra-utérine. Injections vaginale phéniquées toutes les deux heures. Cataplasmes laudanisés sur le ventre. Friction pommade mercurielle belladonnée. |

22 juillet. — Pas d'hémorrhagie, pas de fiévre, les lochies ne sont presque plus fétides ; me méfiant à bon droit, j'ordonnais de continuer les injections plus que jamais.

238 juillet. — Vers le soir, un dimanche, le troisième jour après l'avortement, consécutivement à quelques visites plus nombreuses, peut- être, que de coutume, se produisit un grand frisson subit, qui dura toute la nuit. Les douleurs abdominales qui avaient diminué se montrent de nouveau; le thermomètre est à 3&, les lochies ont peu d’odeur. Quinine, injections phéniquées.

ES juillet. — Le thermomètre monte à 40°, à y a vomissements, diarrhée, sueurs profuses, délire très prononcé ; je juge qu'il serait imprudent de plus tarder et, malgré la température élevée, je me décide à faire le curettage. Pas de chloroformisa- . tion,col est descendu ou plutôt fixé et redressé (Auvard) par une pince de Museux, serrée au dernier cran, sinon la molesse et la friabilité des tissus la font déraper. Le curettage permet de 2 Hamon 9

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