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14 et 15. — Même état, la température reste élevée; M. Sorel est alors prévenu et arrive auprès de la malade, refait le pansement, enlève toutes les mèches iodoformées, et fait une injection intra-utérine de sublimé. Il prescrit lait, bouillon, alcool, benzo-naphtol matin et soir, toilette vulvaire et injection vaginale de sublimé.
Ces soins sont confiés à une jeune sage-femme de Harfeur, Mlle Varnière, soigneuse et instruite. Le pouls est à 104, la malade ne se plaint pas du ventre ; elle urine seule, mais a dû être sondée la veille et l’avant-veille.
Jusqu’au 20 octobre, 9° jour aprés l'opération, la température oscille entre 38° et 39°, malgré les soins antiseptiques prescrits. Ge jour-là, le Docteur Sorel fait une injection intra-utérine ‘et une autre le lendemain 21 octobre.
À partir de ce moment, la température redevient normale, avec amélioration de tous les symptômes. Les toilettes vulvaires et les injections vaginales sont continuées jusqu’au 29 octobre, dix-huitième jour après l’opération. A partir dece moment, cessation de tout traitement, la température prise encore régulièrement pendant huit jours, reste normale.
La malade est guérie. L'utérus et les annexes sont complètement normaux.
Réflexions. — L'indication opératoire a été dans ce cas l'infection ; mais malgré le curettage et le pansement antiseptique la fièvre qui était tombée a fait une nouvelle ascension. Il est regrettable que le pansement antiseptique n'ait été enlevé que le troisième jour; il est probable que Jes mèches iodoformées étaient trop serrées et ne permettaient pas un drainage suffisant. La guérison n’a été obtenue qu’au prix de nouvelles injections intra-utérines, permet-
tant ainsi un facile écoulement des produits septiques. Hamon 10
2 A Est
OBSERVATION XIV (Docteur Borel, de Chabeuil,in loc. cit.)
Fausse-couche. — Rétention de débris placentaires. — Infection. \
Me E. C.., 30 ans, vigoureuse, a deux enfants bien portants. Dernières règles fin mars 4888. 28 mai, coliques, expulsion de caillots. Pertes assez abondantes depuis ce moment. Après, le 5 Juin, je constate une fièvre à 395, un état saburral, un peu de douleur à la palpation du ventre. La malade a de temps en temps de petits frissons. Le col est assez perméable au doigt, l'odeur de la perte est très fétide.
Dilatation et curettage, La malade supporte l'opération sans mot dire. Je retire quelques débris d'uno fétidité très grande. Le lendemain, mieux très prononcé, plus de sang dans la perte.
Rétablissement progressif complet seulement après quinze
jours.
Je ferai remarquer que mes malades, toutes à des distances considérables de mon domicile, n’ont pas eu de lavage intra-utérin les jours qui ont suivi l'opération. Elles ont simplement fait elles-mêmes des lavages vaginaux.
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OBSERVATION XV (Inédite\.
(Düe à l’obligeance de M. le Docteur Sorel)
Fausse-couche à trois mois et demi. — Hémorrhagies répétées. — Rétention. — Infection le quatrième jour. — Curettage. — Guérison. () (1) Observation 415. Statistique 169.
Madame B..., âgée de 29 ans, a eu un accouchement normal, et jouit d'une bonne santé habituelle.
Le 9 octobre 1895 le Docteur Deronde est appelé chez M: B...., enceinte de trois mois et demi, qui avait déjà eu des menaces d’avortement ; elle avait été prise dans la nuit de dou- : leurs violentes après une journée très fatiguante. Les douleurs deviennent de plus en plus aiguës et s’accompagnent d’une assez forte hémorrhagie. A l’arrivée du médecin la malade est très agitée, se tourne dans tous les sens ; elle est couverte de sang. Le toucher pratiqué, montre une dilatation insignifiante, et l'utérus bombe sous la pression de la poche des eaux qui se rompt à neuf heures du matin. Expulsion d’un fœtus de trois mois et demi environ. Rétention placentaire. Hémorrhagies modérées qui cèdent aux injections de sublimé chaudes.
Le lendemain 10 octobre, état général bon ; quelques coliques. Expulsion de quelques caïllots, pas de lochies fétides, Deux injections vaginales de sublimé par jour, ouate hydrophile sur la vulve. Le Docteur Deronde attend l'expulsion srontanée, les réactions fonctionnelles étant nulles.
Le 11 octobre, à une heure de l'après-midi, la malade a une hémorrhagie abondante ; le Docteur Deronde constate qu'au toucher le placenta est à moitié engagé dans le col qui est assez largement ouvert ; il est assez facile à saisir, mais vu sa friabi-
lité, la crainte de ne l'avoir pas en entier, fait attendre l'expulsion. Des injections chaudes antiseptiques, arrêtent l'hémorrhagie. Même état général toute l'après-midi ; mais le soir température 38°7.
Le 12 octobre, même température élevée le matin, les lochies sont fétides ; la malade n’a pas eu de frisson ; le placenta est dans la même situation, et en faisant quelques légères tractions, on détache quelques cotylédons engagés dans le vagin. La température et la fétidité des lochies font penser au Docteur Deronde qu'une intervention serait nécessaire, et il appelle le Docteur Sorel en consultation ; la malade prend! un lavement.
Le Docteur Sorel vient à cinq heures du soir, approuve la conduite de son confrère et on procède aw curettage sans anesthésie. Lavage vulvaire, injection vaginale de sublimé.
Deux valves sont mises dans le vagin, et deux pinces à traction attirent à la vulve le col qui est mou et friable. La masse placentaire dans le vagin, rend la mise en place des pinces assez délicate. La curette abat cette grosse masse. Curettage de toute la muqueuse. Injection intra-utérine de sublimé au millième. Ecouvillonnage au chlorure de zinc en solution au 1/10. à
Mèches iodoformées dans l'utérus. Injection vaginale et mèche iodoformée à l'entrée du vagin, ouate hydrophile entre les jambes. Cette femme est anémiée et a des menaces de syncope. Lait, bouillon, alcool.
Le 13 octobre, la malade qui a pris de l’alcoo!l à assez haute dose, a été agitée la nuit.
Pas de douleurs abdominales. Le pansement à été traversé, mais sans odeur. La malade est purgée le matin.La température est descendue d’un degré, mais est encore élevée.
Le 14 octobre, le matin, température 37°9, le soir 39°9. En présence de cette élévation de température, pensant que l'écou-
lement utérin ne peut se faire, parce quil est retena par le pansement trop serré, on enlève les mèches utérines, et le tamponnement enleve, il s'écoule un peu de caïllots odorants ; injection intra-utérine de sublimé. Meéches seulement vaginales, ouate hydrophile. Cinquante centigrammes de sulfate de quinine.
Le 15 octobre. nuit assez bonne. sueurs abondantes ; le soir la température est encore à 3895, On fait une injection vaginale dé sublimé.
Le 16 octobre. Etat moilleur. on fait encore une injection
vaginale.
VUELUUTE 15)
Gbservation XV
Le 17 octobre. ‘Fempéralure normale : Ja malade commence à s’alimenter, très bon état général. A partir de ce jour, on ne fait plus quc «tes loilettes vulvaire, aucune injection vaginale.
Le 24 octobre, guérison, la malade se lève pour la première
fois.