‹ Contribution à l'étude du traitement des complications de l'avortementChapitre 23 sur 25 · OBSERVATION XVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVII

Publiée dans la thèse de M. Audebert. Bordeaux, 1890.

Avortement. — Rétention placentaire. — Hémorrhagie. — Infection purulente. — Curettage. — Mort. — Nécropsie

Annette Mont..…, femme M.., quintipare, trente-trois ans ; à Paris depuis 1879.

Élevée au sein par une nourrice.

A marché à treize mois et depuis n’a pas cessé de marcher.

Pas de maladies du jeune àge.

Réglée pour la première fois à quatorze ans ; depuis pertes régulières qui durent ordinairement quatre jours sans douleurs.

Un peu d’anémie.

Pas d’antécédents héréditaires.

Première grossesse : Avril 4876. — Rien de particulier. Enfant avant terme, à sept mois.

Durée du travail : onze heures.

Suites de couches bonnes.

Enfant mort quelques heures après sa naissance.

Cet accouchement prématuré s'accompagne ou est occasionné par des attaques d’éclampsie : sept attaques depuis sept heures du matin jusqu’à neuf heures du soir.

Père bien portant; taille moyenne, assez fort, jamais malade.

Deuxiéme grossesse : 1878. — Rien de particulier. Enfant à terme, par le sommet.

Troisième grossesse : 1879. — Rien à signaler. Les deux enfants nés en 1877 et 1878 sont nourris au sein par la mère.

Quatrième grossesse : Mars 1881. — Durée du travail : trois heures. Enfant à terme. Présentation sommet. Suites de couches très longues. La malade est restée trois mois au lit, très faible- L'enfant vivant a été allaité par une nourrice.

Cinquième grossesse. — Actuelle.

Depuis le mois de décembre, pertes de sang à l'époque des règles : en même temps grande faiblesse et grande fatigue. Depuis huit jours coliques très violentes.

Samedi 23 février. — Douleurs dans les cuisses et dans les reins.

La malade se couche, et, à peine au lit, une hémorrhagie très abondante se produit.

Le ventre devient très douloureux. Un médecin appelé conseille des injections phéniquées.

Dimanche matin, 24 février. — Expulsion de nombreux caillots, de la grosseur d’une pomme. La malade est très affaiblie par la perte. Potion alcoolique.

Lundi 25 février. — Pas de fièvre. Faiblesse extrême. Vo-

missements de mucosités épaisses. Injections phéniquées. Hamon 11

LRO

Mardi 26 février. — Pas de vomissements ni de fièvre ; rien de particulier. Injections phéniquées toutes les deux heures.

Mercredi 27 février. — Injections phéniquées. A onze heures du soir long frisson. Sulfate de quinine.

Jeudi 28 février. — Peu de fièvre. Sulfate de quinine. Continuation des injections phéniquées qui ramènent des débris placentaires.

Vendredi 1°" mars. — Peu de fièvre. Même traitement. Quelques parcelles de placenta sont encore ramenées par les injecüons.

Samedi 2 mars. — Léger écoulement sanguinolent, caillot gros comme une noix ; toutes les heures injections phéniquées. La malade est très abattue la nuit.

Dimanche 3 mars. — Vers cinq heures et demie du matin, grand frisson et violentes douleurs dans les reins et principalement du côté droit du ventre. Elle entre à la clinique à trois heures du soir. On constate alors que la paroi abdominale est douloureuse dans toute son étendue, mais surtout la région inguinale droite ; que l'utérus renferme un corps qui peut être un caillot, ou un fragment de placenta : que des voies génitales - s'échappe une odeur horriblement fétide.

Fièvre tres forte. Etat général très mauvais.Trois injections de six litres, une toutes les demi-heures. Pas d’hémorrhagie. T. à trois heures et demie, 3965.

T. à quatre heures et demie, 39°.

À cinq heures M. Bonnaire chef de clinique, conseille potion de Todd, sulfate de quinine ; injections de sublimé et d'acide - borique.

Nuit du 3 au # mars. — Injections toutes les deux heures de sublimé et d'acide borique alternativement.

T. à sept heures matin, 38°3.

Lundi 4 mars. — La malade est examinée par M. Bonnaire.

honte

Palper.— Toute la région sus-pubienne est très douloureuse; empâtement très marqué. Pas de météorisme.

Toucher. — Culs-de-sacs tendus.

Col ouvert ; on pénètre dans l’utérus ; onytrouve une partie grenue pas assez mollasse pour être un caillot, mais ne présentant pas les caractères de l'œuf. C’est sans doute le délivre.

La première partie de l'avortement a été eflectuée; la deuxième commence. Une partie du délivre a déjà été éliminée par les injections antiseptiques.

Aspect de la malade. — Peau blanc jaunâtre, flasque ; anémie profonde. Décoloration de tous les tissus produite non seulement par l’hémorrhagie datant de huit jours, mais surtout par une anémie préexistante.

Traitement. — Injections intra-utérines toutes les deux heures.

Antisepsie rigoureuse des organes génitaux.

Toniques, rhum, vin de quinquina.

Sulfate de quinine.

Si ce traitement échoue il faudra aller à la recherche du . placenta et l’extraire.

Cette intervention est pratiquée dans la journée ; une curette tranchante est promenée dans l'utérus et ramène quelques débris cotylédonaires extrêmement fétides. Cette opération est faite presque in extrémis.

Nuit du 4 au 5 mars. — A onzeheures, vomissement, grande sécheresse de la bouche. À

Injections vaginales.

Délivrance. Température, 40°6.

A deux heures cinquante minutes : T. 39°7. P. 140.

A quatre heures m. : T. 39°. P. 120.

A cinq heures et demie : T. 39°6.

A cinq heures quarante T. 37°7.

ÉQ

Agitation extrème. La malade se prête fort mal aux soins qu'on veut lui donner. Injections difficiles.

Elle est tellement déprimée que, sans aucun doute, la fin est prochaine.

La mort en effet se produit à six heures.

Nécropsie. Cellulite pelvienue.

Induration du tissu cellulaire et pus.

A l'ouverture de l'abdomen s'échappe un liquide purulent, louche, si abondant qu'on est obligé de l'enlever pour examiner les organes ; il y:en:a plus d'un litre.

Utérus : grosseur quadruple de son état normal ; les ligaments, les trompes sont infiltrées de pus, mous et friables.Dans le ligament large droit, existe une collection purulente, grosse comme le poing. À gauche, la collection est du volume d'une noix. Mais les réseaux lymphatiques sont gorgés de pus: ils sont d’un blanc opaque; sur le côté droit il.est impossible de les voir tant la région est infiltrée.

Dans l'utérus, le point d'insertion placentaire est fort net ; on y trouve encore quelques débris du placenta.

L'utérus est lui-même très ramolli, le col encore davantage, dans l'épaisseur des parois musculaires, on voit ça et là des trainées de pus suivant le trajet des gros lymphatiques.

Rate : volumineuse, ramollie, décolorée, pas d’abcès.

Foie : gros et mou.

Reins : normaux, un peu pâles.

Ganglions mésentériques : volumineux, infiltrés de globules blancs, mais n'offrant pas de collection purulente.

Dans le pus, dans le liquide purulent de l'abdomen, dans le tissu de la rate, le sang de la veine cave, et le pus des ganglions, on trouve, à l'aide du microscope, un grand nombre de microorganismes qu'il est impossible de déterminer aussi rapidement.

Res

Mais le plus fréquent est de beaucoup un staphylocoque formant de longues chainettes.

On voit par les résultats de la nécropsie qu’une intervention, chez cette femme, de quelque nature qu’elle füt, ne pouvait avoir un résultat curatif. Nous ne nous servirons pas de cette observation pour combattre le curettage; nous dirons seulement qu'ici il a été impuissant à enrayer les progrès de l'infection déjà généralisée.

OBSERVATION XVII (Publiée dans la thèse de M. Audebert. Bordeaux 1890).

Avortement de trois mois. — Rétention placentaire. — Septicémie. — Curettage et écouvillonnage, — Guérison,.

J..., dix-neuf ans, célibataire, domestique, native des Landes ; primipare. Entrée à la Maternité le 10 septembre.

Expulsion de l'embryon, la veille, chez elle. Hémorrhagie abondante, col refermé, placenta en partie adhérent, lochies fétides.

Injections de sublimé à 1/3000.

11 septembre. — T. m. 39°

12 septembre. — T. s. 39°5. -

Tim 40° Frissons répétés, pouls petit, soif vive, langue sèche. 13 septembre. — Curettage avec la curette de Récamier,

OO

écouvillonnage, injections intra-utérines, sortie de débris de placenta et de membranes. | T. m. 3926.

Le soir, même état, T.s. 40°.

14 Septembre. — Nouveau curettage, qui amène le sortie -du placenta en partie putréfié.

Ecouvillonnage, injections intra-utérines.

EDEN PNR 46, ==2T 0m. 382.

11 == NI en 97100 —HaleS 25802:

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