CONCLUSION
Nous avons, dans ce travail, tenté d'analyser sur 100 cas de tuberculose pulmonaire de formes diverses, miliaires aiguës exceptées, l’action de la streptomycinothérapie par cures brèves et discontinues (2 à 3 cures de 45 jours espacés de 45 jours) à dose moyenne (1 gr. par jour).
Nous avons abouti aux conclusions suivantes :
[. —— Les résultats obtenus par cette méthode de mycothérapie sont sensiblement comparables à ceux enregistrés par la pratique de la streptomycino-thérapie prolongée et intensive.
A) l’action générale du médicament nous a permis de constater chez nos malades :
— 54% d'améliorations clinique ; très importante, voire même spectaculaire, dans plus des deux tiers des cas améliorés, cette amélioration a surtout porté sur la température qui fut influencée dans 80 %.
— 64% d'améliorations radiologique dont 13 % allant jusqu’au nettoyage total des images pathologiques.
— 62% d'améliorations de la bacilloscopie qui fut négativée à l’examen direct 50 fois sur 100.
B) L'action des cures brèves et discontinues de streptomycine à dose moyenne sur les tuberculoses pulmonaires que nous avons eues à traiter, nous à paru être sensiblement la même que pour celles soumises à la mycothérapie continue et intensive. (C’est ainsi que nous avons constaté :
«) Dans les tuberculoses pulmonaires non collabées :
— 18% de guérisons
— 21 % d'améliorations franches
— 26% d'améliorations partielles
— 26% d'échecs.
Ces résultats furent obtenus par une association de la collapsothérapie au traitement streptomycinique dans 20 Z des cas.
Comme tous les auteurs, il nous est apparu que les résultats obtenus étaient d'autant plus favorables que la tuberculose était plus jeune, et que les lésions nodulaires étaient particulirèement sensibles à la streptomycine à un degré moindre les lésions à type d'infltrat homogène ; quant aux lésions excavées, elles n’ont obéi au traitement que dans une proportion beaucoup moindre surtout lorsqu'elles furent volumineuses et anciennes.
b) Dans les tubereuloses traitées par une collapsothérapie encore inefficace, nous avons enregistré : — 19% de guérisons — 28,5 % d'améliorations franches — 19% d'améliorations légères — 33,5 % d’échecs.
c) Chez les malades dont la collapsothérapie s'était compliquée de perforations pleuro-pulmonaires, les résultats furent les suivants :
— 41% de guérisons
— 25,6 % d'améliorations franclies
— 11,8 % d'améliorations partielles
— 23,6 % d'échecs.
d) Chez 23 malades la collapsothérapie, compliquée ou non de perforations, s’est accompagnée de lésions contro-latérales. L'action de la streptomycine sur ces lésions nous à permis d'enregistrer les résultats suivants :
— 34,4% de guérisons
— 8,6% d'améliorations franches
— 25,8 % d'améliorations partielles
— 31,2 % d'échecs.
IT. Alors que la mycothérapie intensive et prolongée s'accompagne d'incidents, voire même d'accidents fréquents dont la littérature médicale est déjà riche, nous avons constaté chez nos malades, un pourcentage dincidents réduit au minimum et quelques rares Cas d'accidents cutanés, de nausées et de vertiges, nullement comparables, par leur fréquence et leur intensité, à ceux observés chez les sujets traités pendant de longs mois par la streptomyeine. I1 semble qu'il v ait là un avantage non négligeable de Ia streptomycino-thérapie par cures brèves et discontinues à dose moyenne, 5
[TT — Dans les cas où lPindication de Ia mrcothérapie est discutable, (on sait que son action est sourvent imprévisible) la streptomycino-thérapie par cures brèves et discontinues peut être utilisée sans inconvénient :
4) parce qu'un traitement de 45 gr. est toujours sans effet appréciable quant à la Streptomycino-résistance,
b) parce qu'une première cure de 45 gr. peut servir de traitement d’épreuve pour apprécier lefficacité du médicament et juger de l'opportunité de la répétition
des cures,
c) dans l'appréciation du test d'efficacité avant traitement, il faut grandement tenir compte de la négatiration de la bacilloscopie après première curé maintenue 45 jours après la cessation de ce premier traitewent. L'expérience nous à montré que, dans ce as, on pouvait espérer la guérison de 40% des malades et une amélioration franche chez 45 % d’entre eux.
IV. — On peut, cependant, se demander Si la r6pé tition, souvent nécessaire, des cures mentrainera pas. au total, In même streptomycino-résistance qu'aurait engendrée un traitement continu de même dose. Des
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recherches expérimentales orientées dans ce sens permettront, seules, de résoudre la question ; mais il nous est apparu que sur le plan clinidäe la répétition de deux ou trois cures de streptomycine ne s’accompagnait pas de signes de streptom}ycino-résistance.
Ainsi, parmi les nombreuses techniques proposées, il semble qu’il faille particulièrement retenir la mycothérapie par cures brèves et discontinues à dose moyenne dans le traitement de la tuberculose pulmonaire (miliaires aiguës exceptées).