‹ Contribution à l'étude du traitement des fractures de cuisse par les broches de Steinmann et de KirschnerChapitre 23 sur 40 · PRIE · texte numérisé non relu

PRIE

CNRS M

Le membre est maintenu en abduction de 30 degrés. Au bout d’un mois d'extension, on perçoit un gros cal fusiforme, et au bout de deux mois on enlève la broche. On commence le massage et la mobilisation, la récupération fonctionnelle est rapide bien qu'il s'agisse d’un malade âgé; le quatre-vingtième jour, il commence à marcher. Le malade sort de l'hôpital trois mois après l’accident. Le résultat est assez bon, la réduction a été complète, le bout à bout parfait, la flexion du genou atteint 90 degrés, mais on note une angulation du fragment inférieur sur le fragment supérieur formant un angle ouvert en dehors, ceci a été causé par l’abduction trop marquée que l’on a donnée à l’appareil.

Résultat éloigné. — Revu dix-huit mois après, le malade marche très bien depuis un an et même travaille un peu, il ne souffre pas de son genou.

A l'examen, on constate que le malade ne boite pas d’une manière appréciable, mais présente une déviation de Ia jambe en valgus à tel point que les cuisses se touchant, les deux pieds sont écartés l’un de l’autre de 15 centimètres. Il existe d’ailleurs un genu valgum du côté opposé, et pour corriger cette déformation le malade marche en mettant ses membres inférieurs en rotation externe; le genou du côté de la fracture présente une mobilité parfaite, la flexion ei l’extension sont complètes.

Raccourcissement : 3 centimètres.

Il semble que ce malade avait déjà avant sa fracture un genu valgum bilatéral, mais ce genu valgum a été exagéré du côté droit par la fracture de cuisse qui a été consolidée en valgus léger. Les douleurs dont il se plaint au niveau de l'articulation du genou paraissent en rapport avec cette déformation et elles semblent dues à des distensions du ligament latéral interne.

OBsERvATION HT.

(Clinique chirurgicale du Professeur BÉGouIx.)

F... (Nicolas), boucher, âgé de 50 ans, fait une chute le 13 mai

1931. Il est dans l'impossibilité de se relever, et transporté à

l'hôpital il est admis salle 17 avec le diagnostic de fracture de la cuisse droite.

La radiographie précise qu'il s'agit d’une fracture en rave siéseant au tiers supérieur de la diaphyse.

Six jours après la fracture, sous rachianesthésie, on met une broche Steinmann et on installe le malade dans l’appareil dé suspension de Rouvillois.

Extension : 6 kilos.

Le quinzième jour, on commence la mobilisation très prudente du genou.

L'appareil est laissé en place soixante jours. On commence le massage et on continue la mobilisation du genou. Au bout de trois mois, la fracture est consolidée, il existe un gros cal et un léger raccourcissement de À em. 1/2. Le malade commence à marcher et sort de l’hôpital.

Résultat éloigné. — Revu dix-huit mois après la fracture, il fait son travail de boucher sans fatigue, il peut courir, s’accroupir, soulever un poids lourd posé à terre, il souffre un peu du genou aux changements de temps, ce qui le fait boiter légèrement.

À l’examen, on note un raccourcissement de À em. 5. Pas d’atrophie musculaire; la musculature est identique au côté opposé. Mobilité presque parfaite du genou, le malade fait l'extension complète, mais la flexion est légèrement incomplète, elle est inférieure de 10 degrés par rapport au côté opposé.

Bon résultat anatomique et fonctionnel chez un homme de 50 ans.

OBsERvATION IV.

(Clinique chirurgicale du Professeur BécouIx.)

R... (Camille), 28 ans, charretier.

Le 9 février 1932, fracture de cuisse au tiers inférieur par choc direct, la roue d’une charrette lui passant sur la cuisse à une largeur de main au-dessus du genou.

Radiographie. — Fracture du tiers inférieur de la diaphyse avec trail oblique de haut en bas et d’arrière en avant et déplacement

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Note.

classique des fragments, le fragment inférieur ayant basculé en arrière et le fragment supérieur acéré menaçant l'articulation. Trois jours après la fracture, on pose une broche de Kirschner sous rachianesthésie, et le malade est immobilisé dans l’appareil universel de l’armée. Extension : 6 kilos. Dès le 20 février, soit le huitième jour après l'’immobilisation, on commence une mobilisation progressive et très prudente du genou. Au bout de deux mois, on enlève la broche, on commence le massage et le malade continue à mobiliser lui-même son articulation en plaçant son membre sur le bord du lit.

Le quatre-vingt-dixième jour, le malade commente à marcher.

Le malade sort de l'hôpital au bout de quatre mois, il marche en boitant légèrement; il n’y a pas de raccourcissement du membre inférieur droit ni d’atrophie musculaire, la flexion du genou atteint 110 degrés.

Le résultat anatomique est parfait, les deux fragments sont bout à bout et la bascule du fragment inférieur a été complètement réduite.

Le résultat éloigné n'a pu être connu, le malade n'ayant pu être retrouvé.

Il est probable que le résultat fonctionnel a été très bon, en rapport avec le résultat anatomique, car on avait affaire à un sujet jeune et volontaire qui a dû guérir avec restitution intégrale de son membre inférieur.

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