‹ Contribution à l'étude du traitement des fractures de cuisse par les broches de Steinmann et de KirschnerChapitre 26 sur 40 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Service de M. le Professeur agrégé CHARRIER.) O (®)

S... (Clovis), âgé de 27 ans, est admis salle 11, le 24 août 1932,

pour fracture ouverte de la cuisse droite. Il existe une petite plaie

qui est désinfectée et suturée à la salle d'opération quelques heures après l'accident.

La radiographie montre une fracture en rave au niveau du tiers

AU ee

supérieur du fémur avec une-petite esquille. Le fragment supérieur est déplacé en abduetion par rapport au fragment inférieur et en légère rotation externe. Il existe un chevauchement notable des deux fragments de 5 centimètres environ,

Le 31 août, soit sept jours après l'accident, on met une broche de Steinmann sous rachianesthésie et on installe le malade dans un appareil de Rouvillois, le membre étant placé en abduction de 30 degrés pour placer les deux fragments dans le prolongement l'un de l’autre. Traction : 3 kilos. Dès le 8 septembre, soit neuÎ jours après l'installation de l’extension, on commence la mobilisation quotidienne du genou,

On enlève la broche au bout de soixante-quatre jours, on commence le massage et on continue la mobilisation. Le malade commence à marcher quatre-vingts jours après la fracture. Il sort de l'hôpital le 13 janvier 1933: son état est très satisfaisant, il marche en hboitant encore un peu, il monte les escaliers avec un peu de peine, et il existe un raccourcissement de 2 cm. 5; la mobilité du genou est satisfaisante, l’extension complète peut être obtenue et la flexion atteint 110 degrés.

La radiographie montre quil persiste un chevauchement de 2 cm. ÿ.

Chez ce malade, sujet jeune (27 ans), à sa sortie de l’hôpital, quatre mois et demi après la fracture, l’état fonctionnel est donc très satisfaisant; le résultat anatomique n’est cependant pas parfait : si la fracture a consolidé en maintenant l’axe du fémur et en corrigeant le déplacement en abduction du fragment supérieur, il persiste un chevauchement de 2 cm. 5, la moitié de ce qu'il existait au début. Ceci semble dû à ce que la traction a été insuffisante, elle n’a été que de 3 kilos pendant toute la durée du traitement.

Cette observation est trop récente pour que nous puissions parler du résultat-fonctionnel qui semble devoir être excellent chez un malade de cet âge.

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OBsERvATION VIII

(Clinique chirurgicale du Professeur BÉGouin.) s

C... (Léopold), 35 ans, entre à l'hôpital, salle 17, le 8 janvier 1932, pour une fracture de cuisse au tiers moyen.

La radiographie montre une fracture en biseau avec une esquille et un déplacement angulaire des deux fragments, l’angle étant ouvert en dedans. Ce malade avait suivi autrefois, dans un service des hôpitaux de Lyon, une synovectomie au genou du même côté que la fracture pour un début de tumeur blanche, aussi présentait-1l depuis déjà longtemps un genou raide presque ankylosé.

Le 12 janvier 1932, soit quatre jours après la fracture, sous rachianesthésie, on met une broche de Steinmann ét on installe le malade dans un appareil de Rouvillois mais avec une très légère flexion du genou, 15 degrés environ, la mobilité de l'articulation ne dépassant pas cet angle. Traction : 6 kïlos.

L’appareillage est d’ailleurs toléré avec difficulté non à cause du foyer de fracture, mais à cause du genou. Chez lui, il n’a pas été fait de mobilisation du genou pour cette raison. |

On enlève l'extension au bout de cinquante jours, il existe à ce moment un cal, ce que confirme la radiographie; ce n'est que quatre-vingt-dix jours après la fracture qu’on commence à faire lever le malade, Il marche pendant longtemps avec difficulté s’aidant avec des béquilles, souffrant de son genou, mais ne souffrant pas de sa fracture. I quitte le service le 7 mai 1932, après quatre mois de traitement.

Résultat éloigné. — Nous avons reçu des nouvelles de ce malade, il habite actuellement une ville très éloignée, il marche en s’aidant d'une canne, souffrant toujours de son genou, montant les escaliers avec difficulté,

Il nous a écrit en nous disant : «Je ne me ressens nullement de la fracture de cuisse; par contre, le genou me fait souffrir davan-

tage. »

La guérison a été obtenue chez ce malade dans des délais normaux et l’impotence fonctionnelle qu'il présente actuelle-

AE

\ ment n’est pas due à la fracture, mais à l’ankylose du genou et à la synovectomie qu'on lui avait fait antérieurement.

OBsERvATION IX.

(Clinique chirurgicale du Professeur BÉGOUIN.)

G... (Emile), marin, âgé de 24 ans, fait le 6 juillet 1931 une chute de # mètres dans la cale du navire.

Admis à l'hôpital, salle 17, le même jour, on constate une fracture du fémur.

Radiographie. — Fracture du fémur au tiers moyen avec chevauchement de # centimètres.

Le 9 juillet 1932, soit trois jours après la fracture, sous rachianesthésie, on place une broche de Steinmann, et le malade étant encore sous l'effet de la rachi on l’immobilise dans un appareil de Rouvillois avec flexion légère de la cuisse sur le bassin et flexion d'environ 40 degrés de la jambe sur la cuisse. Traction 5 kilos. La broche est bien supportée; on la laisse en place cinquante-six jours. Dès le trentième jour après l’installation de l'extension, on commence la mobilisation du genou et on la continue après l’ablation de la broche. Le malade est laissé encore dix jours dans l’appareil de Rouvillois, puis on l’enlève, et pendant une vingtaine de jours on continue le massage et la mobilisation, on permet au malade de mouvoir son membre dans le lit. Le malade commence à marcher quatre-vingt-cinq jours après la fracture. La récupération fonctionnelle est d’ailleurs facile, car notre blessé est un sujet jeune et volontaire.

Il sort de l'hôpital le 23 octobre 1931, soit trois mois et demi après sa fracture, avec un état fonctionnel très satisfaisant. Il existe simplement un raccourcissement de 2 centimètres du côté fracturé, il n’y a aucune déviation, pas le moindre décalage, l'axe du membre est parfaitement conservé. Le cal est assez volumineux, mais il n’est pas douloureux. Les articulations du membre fracturé ont une mobilité presque parfaite; la hanche est nor-

male; au genou, il existe seulement une légère limitation de la

flexion qui atteint un angle de 130 degrés; l’extension complète peut être obtenue.

Au point de vue des partie molles, ce qui prédomine, c'est l’atrophie du quadriceps. A son départ le malade marche sans canne, mais il boite encore un peu; il est capable de monter les escaliers.

Le résultat éloigné n'a pu être connu, ce marin étant parti de la ville aussitôt après sa guérison.

On a eu dans ce cas un excellent résultat fonctionnel, car trois mois et demi après sa fracture, ce blessé avait les articulations souples et marchait seulement avec une très légère boiterie. Au point de vue anatomique, il faut cependant remarquer que la réduction n’a pas été complète, on n’a pas obtenu le bout à bout, l'axe est parfaitement conservé, il n°y a pas de décalage, mais il persiste un raccourcissement de 2 centimètres. Ceci est dû à une traction insuffisante, elle n'a pas dépassé 5 kilos pendant tout le cours du traitement, ce qui était insuffisant pour un sujet bien musclé; il est probable que si, dès les premiers jours de l’extension, on avait augmenté la traction pour la porter à 8 ou 10 kilos on aurait obtenu un résultat anatomique partait.

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