OBSERVATION VI
(Clinique chirurgicale du Professeur BéGouIn.)
T... (Roland), 20 ans, électricien. Le 8 août 1931, fracture de la diaphyse fémorale droite à la suite d’un accident de moto.
Radiographie. — Fracture en rave avec petite esquille siégeant au tiers inférieur de la diaphyse; chevauchement : 2 centimètres.
Il existe une grosse hydarthrose. Trois jours après la fracture, broche de Steinmann sous rachianesthésie. Le quinzième jour, apparaissent quelques clochers fébriles que l’on explique par une bronchite légère, puis le malade devient apyrétique; mais de temps à autre, il se plaint de sa broche et il apparaît un peu d'œdème
Ne
du cou-de-pied, on ne touche pas au pansement, car la mobilisation du genou est peu douloureuse, il n'y a pas de fièvre et ôn écarte à ce moment la possibilité d'une arthrite suppurée.
Ablation de la broche le trente-cinquième jour, il s'écoule un peu de pus crémeux par les deux orifices, le genou est peu sensible à la palpation et le malade est toujours apyrétique; mais, quelques jours plus tard, apparaît une température à grandes oscillations avec 39 degrés le soir, des douleurs au niveau du genou; le diagnostic d'arthrite suppurée est alors porté et on pratique une arthrotomie (Docteur Chenut). Juste avant l'opération, la ponction du genou n'avait pas ramené de pus, mais l’arthrotomie a montré une arthrite suppurée qui se drainait par les orifices de la broche, ce qui explique son évolution à bas bruit, le peu de signes fonctionnels et l'apparition tardive des signes généraux.
Le malade a consolidé sa fracture, mais il en a résulté une ankylose du genou, ankylose fibreuse permettant seulement 10 degrés de flexion. C
Nous devons considérer ce cas comme un échec, puisqu il s’est terminé par une ankylose du genou. Cet échec est la conséquence de quelques fautes qui ont été commises au cours du traitement. La broche a été posée sur l'horizontale suscondylienne et non au point d'élection que nous avons précisé. La broche ayant été placée trop bas et peut-être aussi trop antérieure, les culs-de-sac de la synoviale, véritablement injectés par une grosse hydarthrose, ont été atteints, d’où infection secondaire de l'articulation.