ENTRÉES
augmenteront en même temps que le pronostic s’en assombrira.
Ce qui est vrai pour le fragment compresseur l’est aussi pour le cal exubérant, si l’on attend, les douleurs, l'atrophie surtout, ne feront que s’accroître et plus l'intervention sera précoce, plus la guérison sera complète et surtout rapide ; et si M. le professeur Tillaux après avoir reséqué un cal constata la persistance des phénomènes douloureux qui nécessitèrent plus tard l’amputation du membre, c'est que les accidents de compression qui l'avaient déterminé à intervenir, remontaient à une époque déjà éloignée.
« Février insiste tout particulièrement sur la nécessité d'opérer tôt. Pour lui, dans les fractures de la clavicule à grand déplacement dont la réduction est impossible la suture est le seul traitement capable d'empêcher la difformité consécutive qui aurait des inconvénients non seulement au point de vue plastique mais aussi au point de vue de l’innervation et de la circulation du membre.
Cet auteur a réuni treize faits dans lesquels il existait des troubles nerveux qui ont disparu complètement et rapidement après l'intervention à la suite de fractures récentes. Il signale au contraire d’autres cas où on ne se décida à opérer que tardivement et alors les résultats furent bien plus lents et bien moins complets.
Février, considérant donc l'intervention tardive
comme plus difficile dans l’opération, par suite de la présence du cal, et aussi comme plus infidèle dans ses résultats, à cause de la névrite qui a déjà eu le temps de s'établir, propose d'opérer immédiatement toutes les fractures irréductibles à grand déplacement.
Latouche a formulé des opinions encore plus avancées et il se déclare partisan absolu de la suture osseuse sauf dans les cas très rares où il n’y a pas de déplacement et où il s’agit d’un enfant.
Nous ne reviendrons pas sur la question de déplacement et de raccourcissement que nous pensons avoir traitée plus haut avec assez de développement ; pour ce qui est du cal nous n’irons pas aussi loin que les auteurs dont nous venons de parler.
Nous estimons simplement que dans les cas de cals exubérants on peut attendre pour conseiller l’opération l'apparition d’un premier symptôme de compression, mais que ce premier symptôme apparu, il faut agir sans retard.
Mais le cal exubérant ne se contente pas de produire des phénomènes de compression, tantôt ce sont de petits filets nerveux du plexus cervical superficiel qui seront emprisonnés dans sa masse, tantôt il deviendra une cause d’hygroma avec toutes ses conséquences, tendance à l'inflammation, et à la suite de celle-ci, ulcération de la peau, fistule el même phlegmon diflus.
Il est du devoir du chirurgien d’ailer au-devant
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d'accidents aussi graves et chaque fois où il pourra craindre qu’un cal par son volume ne vienne à les produire, il fera bien d'intervenir.
Il est encore un cas où la méme conclusion s'imposera,c’estlorsque par sa saillie le cal menacera la peau et la rendra sensible au plus petit traumatisme.
Enfin le cal est susceptible d'une dernière complication jbeaucoup moins grave mais constante c’est la déformation qui modifie désavantageusement l’esthétique des épaules.
Les indications à ce dernier point de vue purement morphologique ne sont guères nettes et tout au contraire fort discutables.
S'il s’agit d'une fracture ancienne, c’est-à-dire d’un cal déjà établi ; que le malade, qui vient vous prier de le débarrasser d'une malformation osseuse qu'il ne peut se résoudre à garder, en a jugé par lui-même les désavantages, il y aura peu d’inconvénients à souscrire à son désir, étant donnée la bénignité de l’opération.
Il n’en sera plus de même en présence d’une fracture récente, alors que le cal n’est pas encore formé.
Sans doute il sera du devoir du chirurgien, s’il se trouve en présence d'un malade d’une certaine classe, en présence d’une femme surtout, de la prévenir de la légère difformité qui pourra suivre la consolidation de sa fracture ; mais à cause des résultats discu-
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