HISTORIQUE
La méthode de traitement des fractures par l’exten- -on continue, exercée directement su: le squelette, date peine d’un quart de siècle.
Inventée par Codvilla de Bologne (1903-1904) et Steinmann de Berne (1907), elle a été mise au point un peu plus tard par Kirschner.
Cette méthode consiste en une mise en place dans le fragment de l’os fracturé d’un fil, d’un elou ou d’une vis, sur lesquels on exerce une traction continue an moyen d’un poids. Celui-ci est fixé à l’aide d’un dispositif approprié.
‘C’est pendant la guerre de 1914 à 1918 qu’on a en l’occasion d’expérimenter cette méthode. Appliquée au début dans les fractures du membre inférieur, elle a donné des résultats excellents, en particulier dans les fractures avec déplacement considérable des fragments, impossibles à réduire et surtout à maintenir. Les statistiques faites tout d’abord par Steinmann, qui appliqua ce traitement systématiquement, ensuite par
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d’autres auteurs et en particulier par Kirschner, démontrèrent que les résultats obtenus, tant au point de vue anatomique que fonctionnel (point qui depuis toujours préoceupait les chirurgiens), étaient très bons. On n’a pas hésité à qualifier la méthode d’ « idéale ».
Effectivement cette méthode, assurant d’abord la réduction et ensuite la contension parfaite des fragments, a réduit au minimum la possibilité de raccourcissement du membre. Du fait qu’elle laisse le membre à nu et les articulations sus et sous-jacentes libres et qu’elle permet ainsi une mobilisation précoce active et passive, elle enraye le danger de l’ankylose. Ces deux facteurs — Je fonctionnement parfait de l’articulation et le non raccourcissement du membre (ce dernier surtout pour le membre inférieur) — assurent au malade une récupération fonctionnelle parfaite, dans un laps de temps relativement restreint.
Une statistique d’une compagnie d’assurance, publiée récemment, démontra, que les assurés, atteints de fractures, traités par la méthode d’extension continue sur lo squelette, présentaient la récupération fonctionnelle la plus complète et, par conséquent, touchaient une indemnité la plus réduite.
Néanmoins au début, cette méthode a été qualifiée de difficile, applicable seulement dans les centres chirurgicaux spécialisés. j
C’est depuis l’année 1922, époque à laquelle Bohler, chirurgien viennois, a amélioré cette méthode en étudiant de plus près les conditions de son application et en perfectionnant les dispositifs de son installation, que ce procédé de traction directe sur le squelette a pris de
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l’extension. En effet, Bohler, chef d’un immense hôpital à Vienne, où on hospitalisait 8000 à 9000 traumatisés par an, à eu l’occasion d’expérimenter et d'étudier cette méthode en l’appliquant sur une grande échelle. C’est lui également qui a eu l’idée d'élargir le domaine de l’emploi de ce mode thérapeutique. Il l’appliqua aussi bien dans les fractures du membre inférieur que du membre supérieur. Pour ce qui est des fractures du bras en particulier, il a fait de ce procédé d’extension continue sur le squelette, le premier temps du traitement qu’il complétait ensuite par un appareillage plàtré. C’est encore cet auteur qui a choisi l’olécrane comme coin osseux, sur lequel devait s’exercer la traction.
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